Remarque générale sur la perspective cavalière
On voit (flg. 419) le mauvais aspect produit par la perspective cavalière dans le cas où on l’applique à un ensemble.
Pour le spectateur qui regarde une perspective cavalière et qui, instinctivement, fait la restitution des lignes comme il le ferait devant un véritable tableau perspectif, les fuyantes qui sont parallèles sur le tableau lui font l’effet de lignes qui ne sont pas réellement parallèles dans l’espace. Nous avons vu au chapitre relatif aux restitutions que, sur une vraie perspective conique, deux lignes dans ces conditions se rencontrent en réalité dans le plan neutre ou plan de front du spectateur. C’est bien là l’effet produit par une perspective cavalière un peu importante. Loin de paraître parallèles, les fuyantes semblent converger sur le spectateur.
Nous recommandons donc de n’employer la perspective cavalière que pour les dessins de détail, analogues à l’assemblage de charpente de la figure 4Î7. Alors elle a pour avantage de permettre de prendre directement des mesures sur les trois dimensions principales du dessin, ce qui suffit dans presque tous les cas, et dans ces conditions ellepermet, presque, de se passer d’un relevé géométral (1).
(1) Depuis que ces lignes ont été écrites, M. Ghoisy, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, a fait de la perspective cavalière une application qui nous a un peu réconcilié avec ce mode de représentation. Dans le magistral ouvrage sur l’histoire de l’architecture, qu’il vient de publier, il donne en perspective cavalière un grand nombre de vues d’ensemble d’édifices. Seulement il prend comme tableau le plan horizontal, et comme fuyanles des ligues verticales. Ainsi le plan de l’édifice apparaît sans déformation aucune; les verticales seules sont réduites. La perspective cavalière qu’il obtient ainsi est identique à ce que serait l’ombre portée par l’édifice sur le plan horizontal, et son aspect n’a plus rien de choquant.