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Des reflets dans le dessin d’architecture. — En

architecture, les édifices reposent sur le sol, qui est fortement éclairé, souvent de couleur claire, et qui donne des reflets violents. Les reflets atmosphériques doivent donc être combinés avec les reflets émanant du sol. Ces derniers sont même plus intenses que les premiers. Cherchons à nous rendre compte de la direction suivant laquelle les reflets du sol ont le plus d’intensité. Cette direction, combinée avec celle du rayon atmosphérique principal, nous donnera celle des rayons de reflets résultants.

(a) Rayon terrestre principal. — Soit en projection hori-

Fig. 150

zontale A (fig. 150) un édifice rectangulaire, reposant sur un sol mat, c’est-à-dire analogue aux surfaces dépolies, éclairé et renvoyant de la lumière par diffusion et non par réflexion, comme pourrait le faire une nappe d’eau. Il est évident que si nous plaçons un petit élément plan vertical, cd, dans une position inclinée sur la face mn de l’édifice, il ne recevra de reflets que des points du sol situés dans l’angle pcq, car il ne peut pas recevoir de reflets de la partie du sol Z, qui est située derrière lui. 11 sera donc d’autant moins reflété qu’il sera plus loin d’être parallèle à la face mn. On peut donc dire que le rayon terrestre principal, c’est-à-dire le rayon fictif qui, à lui tout seul, donnerait à peu près les mêmes effets que l'ensemble des rayons qui viennent de tous les points du sol, doit être dans un plan de profil vertical xy, perpendiculaire sur la face mn de l’édifice.

Quel angle, avec le plan horizontal, fait-il dans ce plan? Pour nous en rendre compte, faisons une coupe verticale sur l’édifice (fig. 151).

Un petit élément plan cd, incliné à l’angle a, reçoit de la lumière d’une infinité de points, tels que a1, a, a".. . situés à des distances l', I , /"... Ces points lui envoient de la

Fig. 151

lumière dont l’éclairement varie : 1° avec l’angle d’incidence ; 2° avec la distance (loi de l’inverse du carré de la distance). En combinant tous ces effets, il sera facile de reconnaître :

1° Que l’élément cd sera plus éclairé quand il sera près du sol que quand il en sera loin ;

2° Qu’il sera éclairé au maximum quand il fera avec le sol un certain angle a, que le calcul pourrait déterminer. Le rayon de reflet maximum dû au sol, c’est-à-dire ce que nous nommerons le rayon terrestre principal, sera pris normal au plan cd, dans la position précédente, répondant à cet angle a d’éclairement maximum. Son angle avec le sol sera donc 90° — a.

(b) Combinaison des reflets du sol et des rayons atmosphériques. — Rayon aéro-terrestre principal. — Combinons (fig. 152) les reflets du sol représentés par le rayon terrestre Z u — Z lu', situé dans un plan de profil Z u et dirigé de bas en haut, avec le rayon atmosphérique principal représenté par ba — b1 a1 (dans l’hypothèse du rayon à 45°). Le premier est plus intense que le second, et on pourra les réunir en un seul RR' que nous nommerons le rayon aéro-terrestre principal. On le prend ordinairement, en architecture, dirigé suivant une diagonale du cube de lumière, mais ce n’est pas celle qui est directement opposée aux rayons solaires. On prend le rayon aéro-terrestre incliné à 45°, dirigé de droite à gauche, de bas en haut et d’arrière en avant. Les projections d’un de ces rayons seraient les droites R et R' (fig. 152, page suivante).

RENDU — APPLICATIONS AU DESSIN D’ARCHITECTURE

(c) Remarque. — Il est bien entendu que ce rayon aéroterrestre n’est, que conventionnel ; c’est un rayon qui, pris seul, éclairerait les ombres à peu près comme le font tous

Fig. 152

les rayons de reflets qui viennent dans toutes les directions, avec des intensités variables. Il faudra bien se garder de lui donner des propriétés ombrantes. (Voir plus loin f, contreombres.)

{cl) Conséquences. — 1° Dans un dessin d’architecture, représentant la façade ou la coupe d’un édifice, toutes les ombres doivent être plus claires en bas de l’édifice qu’en haut, comme étant plus près de la source principale des reflets, qui est le sol.

2° Les moulures qui, dans l’ombre, sont tournées du côté du sol doivent être moins noires que celles qui sont tournées du côté du ciel. Plus généralement, le point le plus clair d’une moulure placée dans l’ombre est celui pour lequel le rayon aéro-terrestre lui est normal.

( f ) Contre-ombres. — Les reflets du sol sont quelquefois assez intenses pour produire des ombres dans les ombres. On nomme ces dernières des contre-ombres. On ne les trace que dans les ombres portées en les supposant produites par le rayon aéro-terrestre principal, tel que nous venons de le définir. Seulement, il ne convient pas de donner à ces contre-ombres des contours aussi définis qu’aux ombres directes, ni de les prolonger aussi loin. En effet, les reflets qui viennent de tous les points du sol produisent des pénombres très considérables qui font que les contre-ombres disparaissent à très petite distance des objets qui les portent et que leurs contours s’estompent très rapidement. On fait ordinairement les contre-ombres à l’aide de teintes très rapidement adoucies ou fondues. (Voir plus loin fig. 158 etn° 114 e, lavis d’un entablement.)

110. Rendu des murs et des surfaces planes de front. — Un porche avec escalier (fig. 153. Ecole Polytechnique, 1er exercice de lavis).

Nous donnons cet exemple comme application du principe des distances: le fragment d’édifice représenté ne comporte que des plans de front situés à des distances différentes.

Le dessin sera exécuté sur une feuille 1/4 grand aigle (cadre 240ram X400mm, marge 40mm) à une échelle qui sera le double de celle du croquis ci-joint, c’est-à-dire de 0m,04 pour 1 mètre. Voici la marche à suivre.

(a) Dessin. — Dessiner les arêtes à l’encre, avant de commencer le lavis (trait assez gros d’encre de Chine). Tracer les lignes d’ombre, les filets de lumière et les filets de reflet au crayon (n° 3, trait fin). — Le rayon lumineux direct est incliné à 45° suivant l’usage.

(b) Ombres. — Préparer dans un godet la teinte d’ombre (teinte d’encre de Chine, gris peu foncé, transparence 2/3) et passer cette teinte sur toutes les surfaces dans l’ombre, sans exception. Au préalable donner un coup d’éponge ; tamponner fortement la feuille avec un linge bien sec et passer la teinte tandis que le papier garde encore un certain degré d’humidité, sans cependant être mouillé. — Ne ménager avec cette teinte aucun filet de reflet. Ces derniers n’apparaîtront qu’avec les teintes d’ombres portées et de contre-ombres.

(c) Teintes locales. — Il n’y aura qu’une seule teinte locale devant figurer la pierre. Prendre soit une teinte légère d’ocre jaune mêlé d’un peu de carmin, soit une teinte légère d’encre de Chine, si l’on fait le lavis en camaïeu. Passer cette teinte sur toutes les surfaces, qu’elles soient dans l’ombre ou dans la lumière, qu’elles soient en premier ou en second plan. — Ménager tous les filets de lumière dans les premiers plans (N, N). Ne pas les ménager dans les seconds plans (M, M). Ne pas s’occuper encore des filets de reflet dans les ombres.

Pour faire avancer les premiers plans et les détacher en clair, passer un glacis (teinte extrêmement faible d’encre de Chine) sur les seconds plans tels que M et M' ; enpassantce glacis, ménager alors les filets de lumière du second plan. Nous rappelons que le principe des distances, qu’il faut observer, est le suivant.

{d) Principe. — Toute surface dans la lumière, si sa teinte locale est claire, doit être d’autant plus claire qu’elle est plus près de l’œil. Si sa teinte locale était foncée de sa nature (ardoise, fonte, granit...) ce serait le contraire. On suppose ici que la pierre est d’un ton naturel jaune clair.

Les filets de lumière se ménagent sur les arêtes supérieures et sur celles de gauche des surfaces éclairées. Les filets de reflet se placent sur les arêtes inférieures et sur les arêtes de droite des surfaces dans l’ombre, c’est-à-dire sur les arêtes qui porteraient ombre si elles étaient éclairées.

(e) Ombres portées. — Principe. — Toute surface dans l’ombre est d’autant plus noire: 1° qu’elle est plus près de l’œil ; 2° qu’elle est plus loin du sol, qui est la source principale des reflets ; 3° qu’elle est plus étroite et qu’elle se détache sur un fond plus clair. (Effets d’irradiation et de contraste.)

En conséquence : 1° Les teintes d’ombre du second plan

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