‹ Traité de perspective simplifiée linéaireChapitre 79 sur 84 · XI. - PERSPECTIVE DU PANORAMA · texte numérisé non relu

XI. - PERSPECTIVE DU PANORAMA

de vue changeait et le tableau n’était plus le même. Ce principe s’applique à un tableau fait sur une surface plane ; mais si c’est un tableau exécuté sur une surface circulaire comme le Panorama , on peut avoir douze ou dix-huit points de vues , c’est-à-dire que le panorama est un composé de plusieurs tableaux rapprochés les uns des autres , de manière à ce que les lignes du premier tableau se rapportent parfaitement avec celles du second ; celles du second avec celles du troisième , etc. : tous ces tableaux forment un cercle horizontal , (ABCD , PI. LV, fig. 2 ). Au centre de ce cercle se trouve le spectateur , placé sur un endroit élevé , sur une tour , par exemple , et ne découvrant autour de lui qu’une vaste étendue de pays. Ici, le spectateur est représenté par l’œil E , et la distance est, comme dans les autres tableaux , à deux ou trois fois la largeur d’un des tableaux.

La circonférence du cercle, comme on le sait , se divise en 36o degrés , par conséquent, le rayon al >, ou sixième du total de la circonférence , a 60 degrés ; mais le rayon ab représente la distance qu’il y a du spectateur au tableau : donc, si ce tableau a 3o pieds de large , c’est-à-dire le douzième de la circonférence , dont on supposera ici les degrés égaux à un pied , la distance du spectateur au tableau est égale à deux fois la grandeur du tableau , puisque le rayon a 60 pieds : si le tableau a vingt pieds , c’est-à-dire la dix-huitième partie de la circonférence , le spectateur sera à trois fois la largeur du tableau. Cette dernière position est la plus favorable , car , plus il y a de tableaux dans un panorama , et plus le spectateur est supposé éloigné , plus les lignes de ces tableaux sont faciles à accorder entre elles, chose très importante, puisqu’il faut que ces dix-huit tableaux ne paraissent en faire qu’un.

Le peintre doit se placer sur le point le plus élevé qu’il pourra occuper commodément , afin de découvrir la plus grande étendue possible de pays. Les dix-huit tableaux étant finis , on les copie en grand sur une toile que l’on suspend autour d’un bâtiment cir-

i 4-6 APPLICATION DE LA PERSPECTIVE SIMPLIFIEE,

culaire , au centre duquel est un amphithéâtre d’où le spectateur ne voit autour de lui que l’image exacte de la nature , comme s’il était sur une tour , et dont la vue est bornée par l’horizon. Le plafond est disposé de manière à ce que l’on ne voie ni le haut du tableau ni les fenêtres qui l’éclairent , et l’on a soin de figurer aux pieds des spectateurs un plan incliné , un toit , par exemple , qui cache le bas du tableau , et qui produise l’effet d’un plan coupé. L’illusion dépend en grande partie de cet arrangement ; le tableau serait-il parfaitement bien fait , si l’on voyait le cadre du tableau, l’illusion serait détruite.

ABCD ( fig. 3 ) représente le tableau divisé en douze parties seulement, faute de place; la figure k représente le bâtiment dans lequel est placé le tableau : nous supposons ce bâtiment à jour , afin qu’on puisse voir l’amphithéâtre.

Quelques personnes , en dessinant d’après nature , éprouvent (leux difficultés : la première est , lorsqu’on a sous les yeux une grande étendue de pays, de ne savoir comment choisir le tableau que l’on veut représenter , l’œil ne pouvant embrasser toute l’étendue qui s’offre aux regards : la seconde difficulté est de trouver le point de vue.

Pour faciliter à nos élèves ces deux opérations préliminaires de la perspective, nous avons imaginé un instrument d’une construction très simple, d’un très petit volume et de l’emploi le plus commode, à l’aide duquel on peut choisir et déterminer en quelques instans l’espace que l’on doit prendre pour tableau , et en même temps placer le point de vue.

Cet instrument est représenté (fig. 5) ; voici la manière de s’en servir. On tient l’instrument avec le pouce et l’index sur la branche A , de manière à ce que l’instrument soit d’aplomb ; on applique l’œil à la petite ouverture C : les extrémités a et A des petites branches , placées à l’extrémité B de l’instrument , donnent les limites du tableau que l’on a choisi ; enfin on promène cet instrument sur

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