‹ Traité de petite chirurgieChapitre 11 sur 96 · RÈGLES GÉNÉRALES DES PANSEMENTS · texte numérisé non relu

RÈGLES GÉNÉRALES DES PANSEMENTS

Toute espèce de pansement est soumise à des règles générales qu'il est bon de connaître, et dont il importe de ne s'écarter que le moins possible.

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Avant de commencer, le chirurgien doit préparer luimême ou surveiller la préparation de tout ce qui doit servir au pansement, comme en général pour toute opération quelconque. Il fera placer les différents objets suivant l'ordre dans lequel il doit s'en servir ; il disposera ses aides, et assignera à chacun les fonctions qu'il doit remplir.

La partie malade doit toujours être bien éclairée, et, autant qu'on le peut, isolée et facile à approcher; ce que, dans le plus grand nombre des cas, l'on obtient par un position convenable. Cette condition est importante pour éviter les chocs imprévus, la lenteur et tous ces petits accidents qui résultent de la gêne des mouvements du chirurgien. L'opérateur sera placé du côté de la plaie; sa position, celles du malade et des aides, devront être assez commodes pour pouvoir être gardées sans fatigue pendant toute la durée du pansement. Hors les cas où il est nécessaire de déterminer une compression, comme lorsque l'on craint une hémorrhagie, toutes les parties de l'appareil seront appliquées mollement; ce précepte est surtout de rigueur chaque fois que l'on pose un premier appareil , en raison du gonflement inflammatoire qui doit survenir, et en général chaque fois que l'on a cet accident à redouter. On doit éviter de laisser les plaies trop long-temps exposées au contact de l'air, qui dessèche et irrite leur surface, et nettoyer le sang qui les couvre, surtout s'il s'en présente après les premiers pansements, soit parce qu'une partie aurait éprouvé un peu de tiraillement, ou pour toute autre cause, l'expérience ayant prouvé que ce liquide donne aux plaies un mauvais aspect et retarde leur cicatrisation lorsqu'elles sont en suppuration. Enfin on doit toujours être très attentif à entretenir une propreté rigoureuse de la

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plaie, de l'appareil et du lit, que l'on préservera de souillures par des alèzes , et on n'emploiera pour les pansements que des linges blancs de lessive et exempts de toute mauvaise odeur. Lorsque le pansement sera terminé , on aura soin de mettre le malade et la partie blessée dans la position la plus commode, et Ton garantira cette partie de toute pression qui pourrait la gêner.

Pour ce qui concerne les manœuvres du chirurgien luimême, c'est ici le cas de rappeler l'ancien précepte qui veut que toutes les opérations se fassent avec sûreté, promptitude et le moins de douleur possible. Il importe de s'exercer de bonne heure à acquérir ces mouvements sûrs , doux et prompts, qui permettent à un chirurgien exercé de manœuvrer avec élégance et facilité dans tous les sens autour d'une partie malade et d'une vive sensibilité , sans jamais causer de commotions ou de douleurs inutiles. Quoique l'habitude de ces mouvements rapides et légers ne puisse s'obtenir complètement que par un fréquent exercice sur les malades eux-mêmes dans les grands hôpitaux, cependant les personnes qui s'en trouvent éloignées peuvent, jusqu'à un certain point, y suppléer, ou au moins se mettre à même de pouvoir devenir promptement habiles sur les malades, en appliquant fréquemment et avec soin des bandages, soit sur elles-mêmes, soit sur des mannequins, ou, ce qui vaut encore mieux, sur quelque personne qui aurait la complaisance d'offrir ses membres : ce dernier moyen est mis avec succès en usage parmi les élèves qui étudient ensemble.

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