‹ Traité de petite chirurgieChapitre 15 sur 96 · SOINS DE PROPRETÉ · texte numérisé non relu

SOINS DE PROPRETÉ

Les soins de propreté , toujours indispensables dans 1ous les cas , le deviennent d'autant plus que les plaies

fournissent avec abondance une suppuration fétide. On préservera le malade de l'infection occasionne par les miasmes en renouvelant très souvent les alèzes qui reçoivent les liquides qui découlent des plaies. Mais c'est surtout lorsqu'au milieu d'un rassemblement de malades il s'en trouve un affecté de pouriture d'hôpital , de charbon ou de pustule maligne , que le chirurgien doit redoubler d'attention, et joindre aux soins ordinaires de propreté toutes les ressources d'hygiène et les moyens de désinfection les plus actifs.

Cependant, dans les cas ordinaires, une propreté excessive, sans être aussi fâcheuse que le vice contraire, a pourtant aussi ses inconvénients. Ainsi il ne faut pas essuyer à chaque pansement tout le pus qui recouvre la surface des plaies , l'enduit que forme ce liquide lorsqu'il est onctueux et bien lié étant pour les chairs d'un contact plus doux que la charpie la plus fine. C'est encore une habitude plus pernicieuse de faire des lotions réitérées à la surface des plaies , l'expérience ayant prouvé que ces lavages inconsidérés donnent bientôt une couleur grisâtre aux bourgeons qui avaient auparavant le meilleur aspect, et retardent la guérisou de la plaie par l'irritation et le dessèchement que le contact trop immédiat de l'air et des pièces à pansement détermine à sa surface , et par l'arrachement trop fréquent de la pellicule que présentent les cicatrisations commençantes.

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