DOUCHES
On appelle douche le jet d'un liquide qui vient frapper une partie. Suivant que le choc se fait de haut en has, de côté, ou de bas en haut , la douche est dite descendante , latérale ou ascendante.
La température des douches varie : il y en a de chaudes et de froides. La composition du liquide est aussi différente que pour les bains. Un troisième mode d'action des douches est la percussion : c'est par là principalement qu'elles se distinguent des bains. Pour administrer des douches, il suffit d'un réservoir élevé contenant ce li~ quide et d'où l'eau tombe par un robinet ; un tonneau ou un baquet peuvent très bien remplir cet objet. La force
d'impulsion est proportionnée à la hauteur de la colonne liquide dans le réservoir, ou à l'élévation du point d'où l'eau découle. Pour les douches latérale et descendante, la sortie du liquide se fait de deux manières -, lorsque Ton veut obtenir une percussion vive, on a recours à un jet unique qui s'échappe de l'orifice du robinet. Le diamètre de cet orifice est de deux lignes à un pouce. Si, au contraire, on veut diminuer le choc du liquide et le répandre sur une plus grande surface, on adapte au robinet une pomme d'arrosoir d'où le liquide s'échappe en pluie.
Le malade qui doit prendre une douche est placé dans une baignoire que l'on remplit d'eau tiède lorsque la douche est froide 5 si, au contraire, elle est donnée chaude , la baignoire peut être vide d'abord, et se remplit du liquide à mesure qu'il tombe.
En observant ce qui se passe dans là partie frappée par une douche, on voit qu'il s'y fait une dépression proportionnée à la pesanteur de la colonne liquide-, le sang étant refoulé par la pression, la peau est blanche dans le point déprimé, et d'une rougeur vive à la circonférence. L'opération terminée, la rubéfaction est uniforme; son intensité est en rapport avec la force de percussion , le degré de température, et les qualités plus ou moins irritantes du liquide.
Indépendamment de la folie et de quelques applications spécialement du ressort de la médecine, on fait des douches chaudes descendante et latérale un usage assez fréquent en chirurgie. On augmente l'effet excitant de la percussion ou de l'aspersion par les propriétés des corps en solution dans le liquide. C'est ainsi que l'on emploie principalement les eaux salines ou sulfureuses. Les maladies pour lesquelles on en fait le plus souvent usage sont les fausses
MÉDICAMENTS TOPIQUES. Il5
ankyloses, les engorgements chroniques, principalement des tissus fibreux, les douleurs arthritiques, les affections sporiques ou herpétiques, etc.
La douche ascendante diffère des deux autres en ce qu'on la donne au moyen d'un tube de petite dimension, recourbé de manière que son orifice soit tourné en haut. L'eau y afflue, soit provenant d'un petit réservoir, soit chassée par une pompe foulante. L'orifice n'a que quelques lignes de diamètre, et le jet ne doit point en être trop rapide. On fait presque toujours cette douche avec de l'eau simple , froide ou tiède. On s'en sert pour dilater peu à peu l'anus dans les constipations opiniâtres avec rétention de matières fécales ; pour obtenir la résolution d'engorgements chroniques du col de l'utérus-, dans les leucorrhées-, pour la guérison de catarrhes vésicaux. M. J. Cloquet, qui en a obtenu de bons effets dans ce dernier cas, a reconnu que l'eau distillée réussissait mieux que les liquides médicamenteux même émollients.