INJECTIONS
L'injection est un jet de liquide que l'on dirige dans l'intérieur d'une cavité naturelle ou accidentelle. On fait de ces injections dans le conduit auditif externe, le canal de l'urèthre , la vessie \ dans le rectum , elles ont reçu le nom particulier de lavements, et remplissent des indications nombreuses ; enfin on injecte la tunique vaginale dans le cas d'hydrocèle, les points lacrymaux lorsqu'il y a engouement muqueux des voies lacrymales, les conduits fistuleux, les sinus et foyers purulents , les kystes de diverse nature.
L'objet que l'on se propose dans les injections est de trois sortes: i° de laver et nettoyer les surfaces que l'on ne
Iï4 MÉDICAMENTS TOPIQUES.
peut que difficilement atteindre en raison de leur profondeur ; dans ce cas, le liquide peut être seulement de l'eau pure ou une décoction émolliente; l'eau, en ressortant de la cavité, entraîne le pus ou les matières étrangères dont on voulaitobtenir l'expulsion ; 2° de déterminer dans les parois delà cavité une inflammation qui, aidée du rapprochement de ces mêmes parois , en facilite l'adhésion. Pour satisfaire à cette indication, il est utile que le liquide soit doué de propriétés plus ou moins excitantes. C'est ainsi que l'on injecte dans la cavité de la tunique vaginale et dans celle de certains kystes de gros vin ronge que l'on a fait bouillir sur des roses de Provins. 5° On 'se sert enfin des injections comme d'un moyen de faire pénétrer profondément des substances médicamenteuses-, le liquide alors ne sert plus que de véhicule tenant en solution ou en suspension des agents thérapeutiques en rapport avec l'espèce de médication que l'on veut produire: les injections narcotiques dans les indurations chroniques du col de l'utérus sont un exemple de cette troisième indication.
On pratique les injections au moyen d'une seringue dont la capacité est proportionnée à l'étendue de la cavité que l'on veut emplir du liquide, ou des surfaces qu'il est convenable de nettoyer. La seringue à injection pour les voies lacrymales, l'urèthre, les conduits fistuleux, etc. , ne contient que deux onces de liquide ; celle dont on se sert pour la vessie ou la tunique vaginale a une capacité de six à huit onces. Avant d'employer une seringue, il faut s'assurer que le piston emplit assez exactement la cavité du corps de pompe pour que l'air ne puisse pas s'y introduire. On remplit alors la seringue, soit en plongeant l'extrémité de son bec dans le liquide, et retirant le piston avec lenteur, soit en enlevant celui-ci , pour ne le replacer qu'après
avoir versé l'eau dans la cavité de la seringue. On chasse l'air qui peut y être contenu en tournant le bec en haut , et en amenant par une pression douce le liquide jusqu'à l'orifice. Prenant ensuite la seringue entre le médius et l'indicateur de la main droite, dont le pouce est passé dans l'anneau qui termine au dehors la tige du piston , si on pratique l'injection dans un foyer dont l'ouverture extérieure est très large, on dirige le bec de la seringue vers le point où l'on veut que porte le jet du liquide } si au contraire l'ouverture extérieure est étroite, on commence par introduire avec douceur le bec jusque dans la cavité que l'on veut injecter. Dans ce dernier cas, et lorsqu'il est convenable d'irriter les parois de la cavité, l'indicateur et le médius de la main gauche appliqués sur l'ouverture des parties s'opposent au regorgement du liquide au dehors, et, après avoir retiré la seringue, en empêchent la sortie pendant quelques instants. Lorsque l'injection se fait au travers d'une canule préalablement introduite dans la cavité, l'indicateur et le médius servant à fixer le pavillon de cette canule, c'est avec le pouce appliqué sur son orifice que l'on empêche rémission au dehors de la liqueur injectée.
Exemples d'injections.
Les injections émollientes se font avec les décoctions appropriées, principalement avec celles de graine de lin et de racine de guimauve.
Irritante.
Feuilles de roses tle Provins. | ij.
Faites bouillir clans vin rouge. îfe j.
Il6 MÉDICAMENTS TOPIQUES.
On s'en sert pour enflammer et faire adhérer les parois de la tunique vaginale après la ponction de l'hydrocèle , celles de certains kystes , les conduits fistuleux , etc.
Excitante ou résolutive.
Eau distillée. It» j.
Sulfate de zinc. gr. xxx.
On l'emploie dans les blennorrhagies qui tendent à passer à l'état chronique* On en fait deux par jour.
Il y a quelques observations où le sulfate de zinc a'été administré avec succès en injection à des doses énormes, et en solution dans des liquides déjà irritants par eux-mêmes. Dans ce cas, il survenait une vive inflammation que l'on combattait par les antiphlogistiques , et le malade était guéri après deux ou trois injections semblables. Nous pensons qu'il y aurait de l'imprudence à se servir de ce moyen, sur les avantages et les inconvénients duquel l'expérience n'a pas suffisamment prononcé.
Narcotique.
Décoction émolliente. ft j.
Extrait d'opium. gr. xv.
On fait ces injections plusieurs fois par jour pour calmer la douleur dans les blennorrhagies, chez les deux sexes*, elles sont également utiles dans les engorgements du col de l'utérus.