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PLAIES PAR MORSURE D' ANIMAUX ENRAGES

On connaît sous le nom de rage une affection caractérisée par les symptômes nerveux les plus affreux, dont l'influence délétère paraît résider dans la salive de l'animal qui en est atteint, et qui se transmet entre les animaux mammifères par la morsure, ou, en d'autres termes , parle dépôt de la salive de l'animal enragé sur une surface absorbante d'un individu sain. Cette maladie, étant le plus souvent caractérisée par l'horreur de l'eau et des liquides, est également connue sous le nom à'hydroplwbie.

La rage ne survient pas seulement par communication. Des faits prouvent qu'elle peut, sous l'influence de quelques circonstances, se développer d'elle-même sur un individu qui n'a été soumis à aucune cause d'inoculation : de là deux variétés établies d'après l'étiologie , la rage communiquée et la rage spontanée* Cette distinction , du reste , est sans importance sous le point de vue thérapeutique, en tant que la maladie serait véritablement confirmée.

Les animaux domestiques , mais principalement le chien , sont ceux qui communiquent le plus fréquemment la rage à l'homme. Ils la reçoivent les uns des autres; mais assez souvent c'est un loup enragé qui , en mordant un grand

nombre d'animaux, répand celte affreuse maladie sur tout un pays.

Aucun caractère ne peut faire distinguer qu'une morsure peut être suivie de la rage. On n'a, pour s'éclairer à cet égard , d'autres indices que ceux tirés de l'état de santé de l'animal qui a fait la morsure l avant, mais surtout après l'accident. Si cet animal était un chien errant ou un loup, et qu'il eût mordu plusieurs personnes ou plusieurs animaux, on serait en droit de supposer qu'il était enragé.

Les symptômes qui indiquent qu'un chien est affecté de la rage sont faciles à distinguer. Sabatier en a tracé le tableau avec autant de vérité que d'éloquence ; nous ne pouvons mieux faire que de le citer textuellement :

<( Un chien malade de la rage devient triste, abattu; il

« cherche la solitude , le repos, l'obscurité. On le voit en-

« core user des aliments solides et liquides, mais en petite

« quantité. Il grogne à l'approche des personnes auxquelles

« il n'est pas habitué, pendant qu'il continue à flatter son

« maître. Bientôt il éprouve une inquiétude secrète qui le

« porte à changer de place; il court de côté et d'autre,

« comme sans dessein et sans but. Sa tête est basse et sa

« queue serrée entre les jambes. Sa démarche est incertaine

« et vacillante. S'il rencontre un animal de son espèce, il

« le poursuit, et celui-ci cherche à l'éviter 5 il le mord

«quand il peut l'atteindre, et le laisse aussitôt qu'il s'est

« satisfait. La vue de l'eau paraît lui faire une impression

a fâcheuse ; il est également agité à la vue d'objets brillants

« et fortement éclairés. Les lieux qu'il avait coutume d'ha-

« biterlui deviennent étrangers-, il lés quitte pour ne plus

« y revenir. Sa gueule se remplit d'une bave écumeusej il

« est haletant. Ses membres sont entraînés par des mouve-

« ments convulsifs. Enfin il meurt. »

4;ri plaies.

La rage ne se développe pas immédiatement après la morsure. Avant l'apparition des premiers accidents, il s'écoule un laps de temps plus ou moins considérable, pendant lequel le venin reste inactif -, les plaies cependant se cicatrisent comme à l'ordinaire. Cette période se nomme tf incubation. Sa durée est très irrégulière; elle est ordinairement de quinze à vingt jours. Mais il survient fréquemment des irrégularités en plus ou en moins. Ainsi on a vu la rage se développer chez de jeunes sujets après seulement six ou huit jours, et Ton cite, en sens contraire, des observations où l'invasion de cette maladie ne se serait manifestée qu'après plusieurs mois et même plusieurs années.

Lorsque l'on a laissé guérir sans aucun soin les morsures, voici les symptômes par lesquels le virus rabique manifeste son activité. Le malade commence à éprouver de la douleur dans l'endroit blessé; les cicatrices, auparavant saines, se tuméfient, deviennent rouges d'abord, puis noi*râtres; parfois elles se rouvrent, et il en exsude une séro* site roussâtre. Indépendamment de ces symptômes locaux, qui du reste manquent quelquefois, il survient des symptômes généraux , la tristesse, la pâleur, l'abattement, des frémissements sans cause connue, des rêves effrayants, qui ont principalement rapport à la morsure que le malade a éprouvée. Quelques auteurs placent ce signe en avant de tous les autres, et prétendent qu'il annonce l'invasion prochaine de l'hydrophobie, avant même qu'aucun travail n'apparaisse dans les cicatrices. Quoi qu'il en soit , le malade une fois parvenu à cet état ne tarde pas à manifester les derniers effets de la rage, des mouvements convulsifs , des accès de fureur pendant lesquels on observe l'horreur des liquides, le crachotement, Penvie de mordre, etc.; et li

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succombe dans cet horrible état après trois ou quatre jours.

Du moment qu'elle est confirmée, celte affreuse maladie est sans remède : il faut donc s'efforcer d'en prévenir le développement. La cautérisation locale a été jus qu'à présent le moyen d'y parvenir le plus sûr et le plus efficace par la destruction du virus rabique dans fa plaie. On doit par prudence l'appliquer le plus tôl possible. Mais l'expérience a appris qu'il n'est pas trop tard pour s'en servir tant que les accidents de la rage n'existent pas encore : ainsi on doit l'employer tant que dure la période d'incubation. Nous renvoyons, concernant les agents à employer et la manière d'en faire usage, au chapitre des ulcérations artificielles.

Mais si la cautérisation locale faite le plus tôt possible est sans contredit le moyen le plus efficace pour empêcher le développement de la rage , elle n'exclut pas cependant des soins consécutifs. Ainsi les Allemands conseillent d'appliquer un vésicatoire sur les plaies, et de les faire suppurer six semaines après la chute des eschares*, ils recoinmandent en outre remploi à l'intérieur de médicaments diaphoré tiques.

On a conseillé, dans le but de calmer la disposition à l'exaltation nerveuse , l'emploi des médicaments narcotiques; mais on est porté à croire que ces substances n'ont que peu d'action pour empêcher l'invasion de la rage, du moins si l'on en juge par le peu d'effet qu'elles produisent sur la rage confirmée. Nous en dirons autant de la saignée faite jusqu'à produire la défaillance 5 elle n'a eu de bons effets dans lhydrophobie qu'autant qu'elle était tecondée oar d'autres moyens.

Le crachotement des hydrophobes et la manière dont î.\

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maladie se communique par la salive ou la bave des animaux avaient fait penser depuis long-temps que l'augmentation de l'excrétion salivaire pourrait avoir de bons effets. Cette considération a porté à faire usage des frictions mereurielîes comme moyens préventifs.

Enfin, il résulte de faits assez nombreux observés en Allemagne que les évacuations abondantes par diverses surfaces , mais surtout la salivation aidée de la cautérisation par le feu à la région cervicale entre l'atlas et Vaxis 3 ont suffi quelquefois pour arrêter les eifets de la rage confirmée ; ce qui semblerait indiquer que cette maladie peut , jusqu'à un certain point, être traitée d'une manière analogue aux autres affections nerveuses.

Il est encore deux modes de traitement que nous ne saurions passer sous silence. Le premier est dû à M. Magendie. Ce célèbre physiologiste, ayant observé que l'injection d'une grande quantité d'eau tiède dans les veines était suivie d'un état d'engourdissement et d'un ralentissement bien sensible dans les fonctions nerveuses, conçut l'ingénieuse idée d'essayer l'emploi de ce moyen dans la rage confirmée. Ayant soumis à cette opération un chien enragé furieux , elle eut un tel succès, que l'animal, devenu calme immédiatement, s'endormit; malheureusement ce chien succomba, après cinq heures, aux effets de l'engouement pulmonaire. Depuis, cette injection a été faite trois fois sur l'homme. Dans l'une, M. Magendie a introduit par les veines de l'avant -bras deux livres d'eau en neuf reprises différentes -, l'injection a duré vingt minutes. Au bout d'une demi-heure, les symptômes d'hydrophobie les plus violents avaient disparu; ils ne se sont pas représentés depuis. 11 est fâcheux que cet homme soit mort, huit jours après j d'accidents étrangers à Thydrophobie en elle* même.

Dans deux autres observations, dont lune est due à M. Gaspard, on n'a pu obtenir de résultat concluant, des circonstances insignifiantes ayant empêché qu'on put injecter une quantité d'eau assez considérable. Il faut attendre de nouveaux faits pour que cette question puisse être jugée.

Le deuxième mode de traitement est fondé sur un fait d'anatomie pathologique nouveau , et réclame l'attention de tous les praticiens. Sans entrer dans des détails qui nous mèneraient trop loin, nous allons seulement énoncer avec brièveté les faits principaux.

M, Marochetti se trouvant en Ukraine en i8i5, on lui amena quinze personnes qui avaient été mordues par un chien enragé. Gomme il se disposait à les traiter, des habitants le prièrent de confier ces individus à un paysan russe qui avait la réputation de soigner avec succès ce genre de maladie. M. Marochetti accéda à leurs désirs*, mais il crut 'devoir réserver comme contre-épreuve une jeune fille, qu'il traita lui -même , localement , par la cautérisation des plaies, et à l'intérieur, par le calomel , le camphre et l'opium. Cette jeune fille mourut , tandis que les quatorze autres personnes abandonnées aux soins du paysan cosaque guérirent. Depuis, M. Marochetti a eu occasion d'employer trente-six fois la méthode russe , et toujours avec succès \ seulement il a joint au traitement l'application d'un vésicatoire sur la morsure, et des lotions locales avec la décoction de genêt. Voici le résumé des observations publiées par M. Marochetti :

La rage produit le développement de pustules sublinguales. Ces pustules paraissent ordinairement du troisième au neuvième jour après la morsure. Quelquefois cependant elles ne sont sensibles que vers le trentième, le quarantième

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ou le cinquantième jour. On en compte le plus souvent deux ou trois; mais parfois elles sont en nombre plus considérable. Elles occupent les deux côtés du frein de la langue; il n'est pas rare qu'il s'en développe sur les lèvres, ou même dans le lieu de la morsure, autour des plaies. Leur aspect est crystallin, opaque , blanc- bleuâtre, ou gris sale ; leur surface est parfois lisse , mais le plus souvent surmontée de petites excroissances. Elles sont pisiformes ou lenticulaires , rarement ovoïdes ; leur sommet est percé d'un orifice semblable à celui d'un gros follicule dilaté. Ces pustules, à maturité, présentent de la fluctuation. Si on les ouvre, elles donnent issue à un liquide sanieux, d'un blanc jaune et quelquefois verdâtre; si on les abandonne à ellesmêmes, le liquide qu'elles contiennent est résorbé et porté sur les centres nerveux. La rage alors se développe.

Les pustules rabiques manquent quelquefois-, elles sont alors remplacées par une ecchymose, ou de la rougeur et de la sécheresse au-dessous de la langue, au voile du palais et au pharynx.

Les pustules rabiques doivent être examinées chaque jour deux fois. A mesure qu'il paraît de petites excroissances où boutons, on les ouvre avec la lancette, et on les cautérise avec un gros fil métallique rougi à blanc. Après chaque cautérisation, on fait gargariser le malade avec une décoction de genêt des teinturiers (genista luteo-tinctoria). Ces cautérisations peuvent ainsi être répétées un grand nombre de fois, à mesure que des boutons se reproduisent.

Le malade doit en même temps prendre à l'intérieur une décoction de genêt, à raison d'une once sur deux livres d'eau , pour chaque jour. IS en prendra une autre once en poudre en quatre fois sur des tranches de pain. On rem-

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placera par ce dernier moyen la décoction, lorsque celleci ne pourra être supportée.

Tels sont en substance les faits pathologiques et le traitement nouveau annoncés par M. Marochetti. On n'a pas cru d'abord devoir leur accorder une grande confiance, la relation qui en était faite se trouvant accompagnée de récits merveilleux. Néanmoins , comme divers praticiens, <jn France et en Italie , ont vu depuis les pustules rabiques , et assurent avoir obtenu de bons effets du traitement indiqué, nous avons cru devoir présenter un court exposé de ces faits, sans cependant nous rendre garant de leur véracité. Nous sommes loin toutefois d'engager les chirurgiens à attendre le développement des pustules. Mais, si l'on était consulté par un malade qui eût été mordu depuis quelque temps , nous croyons qu'indépendamment de la cautérisation locale des plaies à la manière ordinaire, il serait prudent d'examiner pendant plusieurs jours le dessous de la langue pour s'assurer de la présence ou de l'absence des pustules 5 et, dans le cas où il s'en présenterait, nous pensons que l'on serait autorisé à les traiter comme il a été dit plus haut.

BRULURES.

On nomme ainsi les maladies déterminées parla transmission instantanée d'une grande quantité de calorique à travers les tissus vivants 5 elles ont lieu par le contact ou l'approche de nos parties avec un corps en ignition ou chauffé à un degré de température plus ou moins considérable, mais toujours supérieur à celui du corps humain.

Les brûlures diffèrent entre elles suivant plusieurs circonstances, dont les principales, sous le point de vue thé-

rapeutique, sont l'étendue des surfaces qu'elles envahissent, et la profondeur à laquelle le calorique a porté sou action. De l'intensité de ces deux effets, de leur isolement, ou de leur complication à différents degrés, résulte la gravité de ces sortes de maladies.

L'étendue de la brûlure en surface dépend beaucoup de la manière dont l'accident a eu lieu. Un corps métallique ne brûle ordinairement que dans un point limité. La flamme produite par la déflagration de la poudre à canon , la combustion des vêtements, et la chute des liquides bouillants , agissent au contraire instantanément sur de grandes surfaces. Les deux premières causes produisent toujours des brûlures très dangereuses, leur action s'étendant à la fois en surface et en profondeur, tandis que la dispersion de l'eau bouillante n'intéresse ordinairement que la superficie de la peau. Les brûlures superficielles, lorsqu'elles sont très limitées, sont sans danger ; mais, lorsqu'elles sont très étendues, elles peuvent causer les accidents nerveux les plus graves, en raison de la douleur dont s'accompagne l'irritation des houppes nerveuses du réseau de Malpighi.

Le degré de profondeur des brûlures est proportionné à la somme de chaleur dont était chargé le corps en ignition, et à la durée de son application. Les auteurs ont établi les classifications des brûlures d'après leur profondeur, ou , en d'autres termes , d'après la quantité de tissus intéressés et les variétés du désordre produit. C'est de ces caractères que l'on déduit et le danger que présentent les brûlures et les indications thérapeutiques qu'elles fournissent.

Par une division anciennement admise, ou distinguait trois classes dans les brûlures : i° la brûlure n'avait fait

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qu'irriter la peau 5 2° la texture de la peau était détruite ; 3° la peau étant carbonisée, les tissus sous-cutanés, muscles, artères, veines, etc., se trouvaient plus ou moins desorganisés.

Sans détruire cette classification , M. Dupuytren a cru devoir l'étendre davantage, pour mieux déterminer les cas intermédiaires. Il a distingué six degrés dans les brûlures: la rubéfaction, la vésication , l'eschare du corps muqueux, celle du derme, celle des muscles jusqu'aux os, enfin la combustion d'un membre tout entier.

La rubéfaction est le degré le plus léger : c'est une sorte d'érysipèle artificiel. Elle ne diffère en rien de celle produite par toute autre cause ; elle est produite par l'exposition prolongée à un feu de flamme, aux rayons d'un soleil ardent, chez les femmes par l'usage des chaufferettes. La dispersion sur un membre de l'eau chaude de 00 à 70 degrés centigrades ne détermine guère que cet effet. La rubéfaction étendue à une très grande surface, et par exemple à tout un côté du corps, peut donner lieu à une excitation nerveuse assez violente pour causer la mort; mais, passé le premier jour, la résolution commence à s'en faire, et le danger diminue proportionnellement.

La vésication est le résultat d'une cause un peu plus énergique-, elle produit de très vives douleurs, surtout lorsque, les phlyctènes venant à se déchirer, les houppes nerveuses de la peau sont exposées au contact de l'air. Elle détermine les mêmes accidents que la rubéfaction pour une . moindre surface intéressée*, elle s'accompagne quelquefois de symptômes d'irritation gastro-intestinale.

Nous savons qu'au troisième degré, il y a déjà production d'une eschare. Cette circonstance retarde nécessairement la guérison, qui ne peut plus avoir lieu par résolu-

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tion. Pour peu qu'une brûlure de celte espèce ait d'étendue, un pied carré par exemple , elle s'accompagne inévitablement de gastro-entérite. Celte maladie, qui s'offre également au quatrième degré de la brûlure, est toujours proportionnée pour son intensité avec l'étendue de la peau intéressée. Nous appelons toute l'attention des praticiens sur cette complication fort remarquable. Elle paraît due à l'étroite sympathie qui unit les deux surfaces tégumentaires externe et interne, en sorte que l'une ne saurait être affectée sans que l'autre s'enflamme consécutivement. Si elle ne s'observe point dans le premier degré de la brûlure, et rarement dans le second , c'est que la promptitude de la résolution en prévient le développement. Au reste, on ne doit pas être surpris de cette corrélation sympathique dans les inflammations artificielles de la peau , puisque les phlegmasies propres de cette membrane la présentent également. Chacun sait en effet que la gastro-entérite est la complication la plus grave de Térysipèle et de la variole , les plus redoutables des inflammations cutanées , et que les plus légères de ces affections, la rougeole par exemple, s'accompagnent toujours de quelques symptômes d'irritation des membranes muqueuses, et en particulier de celle qui tapisse les voies digestives.

Dans le troisième et le quatrième degrés de la brûlure, il faut , avant que les plaies puissent marcher vers la cicatrisation, que l'inflammation éliminatoire ait séparé les eschares d'avec les parties vivantes. L'étendue des escbares est toujours un peu plus considérable que celle de la portion de téguments qui a été désorganisée. La réaction inflammatoire est d'autaut plus longue à se développer que la cautérisation a été plus profonde. Elle se développe im= médiatement, ou après vingt- quatre heures, dans la bru

îure au troisième degré. Dans celle au quatrième degré, elle ne s'annonce souvent qu'après plusieurs jours. Au reste , la manière dont le feu a porté son action a beaucoup d'influence sur ces phénomènes. La désorganisation lente produite par le contact prolongé d'un corps médiocrement échauffé, par cela même qu'elle irrite davantage, est presque aussitôt suivie de réaction. L'effet inverse a lieu si la cautérisation a été le résultat de l'application rapide'd'un corps incandescent. L'eschare alors est sèche, et les téguments sont ridés et crispés; la réaction ne commence qu'après plusieurs jours. C'est l'effet que nous avons vu résulter de l'application du moxa et du cautère chauffé à blanc. Au reste, le danger dans la brûlure aux troisième et quatrième degrés est toujours proportionné, comme nous l'avons déjà dit, à l'étendue de la surface intéressée. L'intensité de la douleur, l'abondance de la suppuration , et la complication de la gastro-entérite , sont les trois causes de mort.

Les phénomènes de la brûlure au cinquième degré sont les mêmes que ceux que nous venons dénumérer, mais à un degré beaucoup plus prononcé. La mort est presque nécessairement le résultat d'une brûlure de cette espèce. A plus forte raison en dirons-nous autant de la brûlure au sixième degré. L'impossibilité d'obtenir la séparation des parties mortes , la douleur excessive, l'abondance de ^ la suppuration, entraîneraient presque nécessairement la perte du malade. Au lieu de le laisser souffrir inutilement, il est préférable ? dans ces cas , de pratiquer immédiatement l'amputation.

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