EXTRAITS
10 Les mucilages , espèces de gommes végétales, solubles dans l'eau, le plus souvent fades et incolores, s'extraient au moyen de la décoction des racines de guimauve, des graines de lin, de psyllium, de sésame, de fenu-grec, de gremil, de coings, des lichens, etc., des gommes proprement dites. ( Voy. l'article des Muqueux, ci-devant, pag. 60. )
20 Les gelées animales, ou gélatines solubles à l'eau, peu colorées, à moins qu'elles ne soient mêlées aux sucs de la chair, peu sapides, sont des colles fortes plus ou moins pures. Les tablettes de bouillon, les gelées d'os, celles de veau, de corne de cerf, les tablettes d'hockiack, etc., sont de ce genre. On assaisonne diversement celles qu'on destine à servir d'alimens restaurans. ( Voyez l'article Gélatine, ci-devant, p. 70.)
3° Les robs, ou défructum, ou sapa, ou myva. Quoique plusieurs de ces noms ne s'appliquent pas également à tous les sucs de fruits rapprochés en extraits, nous les emploierons cependant pour les désigner. Ainsi on fait des robs avec les baies de genièvre, de nerprun, de sureau et d'yèble, les mûres, la casse, les tamarins, les raisins (à qui le nom de raisiné, de sapa, etc., est spécialement appliqué ); les cerises, les prunes, les abricots, les groseilles, l'épine-vinette, les jujubes, le suc de coings, de pommes, etc. On donne le nom de gelées à ces préparations, qui, faites avec du sucre, forment des confitures. ( Voyez pag. 61.)
4° Les sucs concrets, tels que ceux de scammonée, de kinô, d'aloès, de pavot qui porte le nom d'opium, et de méconium, les gommes-résines et résines. Mais on doit distinguer ceux qui découlent seulement des végétaux, de ceux qu'on extrait par expression , et qui contiennent de la fécule verte et d'autres substances : tels sont les extraits de sucs non dépurés , à la manière de Stœrck, ou ceux qui se préparent avec les sucs dépurés. {Voyez aussi pag. i44 sa- et 204.)
5° Les extraits par décoction ou macération des végétaux
tels que de tamarins, acacia vrai, et d'acacia nostras, de cachou, de kinô, d'yèble , de suc d'hypocislis , elc.
4° L*8 saccharoïdës , ceux de réglisse, de cam pèche, de casse, de polypode, de genièvre, et même de chiendent, etc.
5° Les osmazôme's sont les extraits animaux contenant de l'osmazdme et de la gélatine , les tablettes de bouillon , etc. Peut-être on devrait y réunir l'extrait de iiel de bœuf.
6° Le3 polydiotés sont ceux qui contiennent divers principes particuliers ; l'auteur y réunit tout ce qui n'a pas trouvé sa place dans les précédons , comme les extraits de bourrache , de nénuphar, de salsepareille, de cochléaria, etc. ^ mais cette classe est évidemment inadmissible. (Voyez Journal de Pharmacie, -r février 1823. Bulletin des travaux de la société de pharmacie. )
2go EXTRAITS.
sont de plusieurs natures. Les extraits sont ordinairement bruns, dissolubles, absorbant l'oxygène qui les noircit et diminue leur solubilité ; ils résultent, ou d'infusum, de décoctum, ou de sucs rapprochés. Ceux des chicoracées, des bonaginées, de saponnaire, de houblon, attirent un peu Fhumidité et tiennent un principe muqueux. Les extraits sucrés sont ceux de chiendent, de réglisse, de polypode, de galéga, etc.
Les amers et astringens contiennent du tannin et du tannate d'albumine (selon M. Vauquelin, Bulletin de pharm. 1810, pag. ^43 ), comme ceux des racines, bois, écorces, ou de quinquina, de gentiane, de patience, de centaurée, d'absinthe , etc. Cette combinaison imputrescible de tan et d'albumine trouble les ûlfusums des végétaux, et y forme des pellicules colorées-, elle existe dans les enveloppes ou arilles de plusieurs semences ( fèves, pois, lentilles, feuilles de marronnier d'Inde, etc.), et paraît destinée à les garantir par son imputrescibilité. Cette combinaison në devient solufcle que par une surabondance de tannin et d'un acide végétal.
Les extraits albumineux, Ou contenant un principe animalisé, sont ceux de ciguë, d'aconit, de toxicodendron, etc., préparés avec la chlorophylle ou fécule verte de ces végétaux, à la manière de Stoerck. Voyez plus loin leur préparation.
Les principaux caractères des extraits médicinaux sont de brunir à l'air, d'en absorber l'oxygène, de devenir insolubles par les acides , par le chlore ; de se combiner aux alcalis; de précipiter, avec les sels à bases terreuses et métalliques, les oxydes (surtout de fer, d'étain, de plomb, etc.); d'adhérer aux étoffes, à l'aide de ces mordans, comme les matières colorantes.
Les extraits sont, ou mous, ou secs. Ceux-ci, préparés par macération à froid, et séchés sur de larges surfaces , par la méthode de La Garaye, prenaient mal à propos le nom de sels essentiels (0. Us diffèrent des extraits mous, en ce que, n'ayant pas subi l'ébullition, ils contiennent moins ne tannate d'albumine et d'autres combinaisons peu solubles. Ils attirent aussi davantage l'humidité de l'air.
6° Les résines extractwes de jalap, de turbith, de scammonée, de gayac, de coloquinte, etc. , se séparent au moyen de l'alcool ou de l'éther, par digestion. Les extraits faits par le vin ou l'alcool, comme ceux d'ellébore noir de Bâcher, de Rudius, etc., ceux d'agaric, d'aunée, de rhubarbe, de bryone, . . . i t — . j ■
(«) La Garaye, Chimie hydraulique , nouvelle édition, in-ia, par Parmentier La première est de 1745.
EXTRAITS. a9i
d'élatérium, etc., sont de ce genre, ainsi que les extraits pan. chymagogues, qui contiennent encore des principes extractogommeux.
7° Enfin, on pourrait ranger parmi les extraits animaux, la bile desséchée , l'urine, ou le sang, ou le lait, réduits par évaporati on à l'état sec.
Il y a des extraits préparés au moyen des acides végétaux , comme l'extrait macrcjcostin avec le suc de citrons et le vinaigre scillîtique, procédé maintenant inusité.
Règles générales pour la préparation des Extraits.
Il serait convenable, en général, de préparer tous les extraits au bain-raarie, à l'alambic, pour éviter l'absorption de l'oxygène, qui y produit de grands changemeûs. On obtiendrait aussi par ce procédé les eaux distillées des plantes odorantes, et les extraits seraient moins bruns, dissiperaient moins de leurs principes volatils. Il est important de ne point forcer les décoctions par une vive ébullition, surtout pour les extraits des écorces et des végétaux résineux, car il se dépose alors beaucoup de matière analogue aux corps ligneux, ou du tannate d'albumine, selon M. Vauquelin ; et avant de rapprocher ces décoctions il serait nécessaire de les filtrer, ou de les laisser déposer, ou de les clarifier aux blancs d'oeufs. Lorsque ce sont des extraits mucoso-sucrés ou extracto-muqueux, la portion muqueuse se décompose Facilement par la chaleur de l'ébullition, noircit, devient âcre et amère. Les extraits de plantes jeunes contiennent beaucoup plus de ce mucilage que ceux des plantes plus avancées dans la végétation; aussi ces derniers contiennent plus de molécules ligneuses, sont moins mous, moins susceptibles de moisir et de se gâter, mais moins complètement solubles à l'eau. D'ailleurs il se trouve dans les extraits de jeunes plantes, de Facétate de potasse et d'autres sels qui s'humectent a l'air. Tels sont surtout les extraits salins des borraginées, de l'oseille, du chardon-bénit, dé la famé-terre. Il est nécessaire de les préparer entièrement au bain-marié. On se contente, pour les autres , de les réduire des deux tiers, et de concentrer le dernier tiers au bain-marie , avec le soin de remuer, pour que la croûte supérieure, qui se forme par dessèchement, se mêle à tout l'extrait, et n'empêche point l'humidité intérieure de s'exhaler. Lorsqu'il s'y trouve des sels assez abondans, comme le tartrate de diaux dans celui de ciguë , ou des matières résineuses ou de la chlorophylle, ces extraits paraissent remplis de grumeaux, quelque bien prépa-