‹ Traité de pharmacie théorique et pratique, contenant les élémens, l'analyse et les formules de tous les médicamensChapitre 17 sur 142 · CHLOROPHYLLE · texte numérisé non relu

CHLOROPHYLLE

on l'enlève au moyen d'un acide, est un principe immédiat, d'un beau jaune, inodore, amer, dissoluble dans l'alcool et dans l'éther, cristalïisable en aiguilles; moins dissoluble dans l'eau, ne paraissant ni acide ni alcalin; dissoluble par les acides qui diminuent, ou par les alcalis qui foncent sa couleur; sublimable en aiguilles à la chaleur, précipitable avec les dissolutions métalliques; a des propriétés électro-négatives et se peut combiner avec les bases salifiables.

Esp. 3, Curcuma, donne une matière colorante d'un brun rouge, fusible à 5o— }-o, passe au rouge cramoisi par les acides minéraux, s'en sépare en précipité jaune par l'eau. Précipitable en brun par les dissolutions métalliques, dissoluble dans les huiles fixes et volatiles, les éthers et l'acide acétique (Pelletier et Vogel.) : :ï

Esp. 4- Carthamite, séparée des corollules du carthamus tinctorius, insoluble à l'eau et aux huiles; soluble à l'alcool et l'éther; d'un beau rouge passant au jaune par les alcalis, révient au rougç par les acides (Dufour); est de nature acide selon Doebereiner, et fait des sels cristallisables, comme le carthamate de soude.

Esp. 5. Orcanette, substance rouge des racines du lithospermum tinctorium et des anchiisa, teinture d'un rouge-brun, fusible à 6o-f-o, décolorable à la lumière et au chlore, se convertit en acide oxalique par le nitrique; devient bleue par les alcalis et terres alcalines; reprend le rouge par les acides; précipite en violet, par les sels de fer. Dissoluble dans les huiles, l'éther et l'alcool (Pelletier).

Esp. 6. Erythrodanin, de Doebereiner, obtenu de la garance après qu'on a précipité une autre matière rouge bleuâtre par l'acétate de plomb, de sa décoction aqueuse. L'Erythrodanin est rouge-rose ; il est plutôt alcalin qu'acide. {Journal de Pharmacie, an 1820, pag. 340- *

Esp. 7 . Santaline, du santal rouge, pterocarpus santalinus, L., peu soluble à l'eau, mais beaucoup aux éthers et alcool; peu aux huiles fixes, davantage aux huiles volatiles. Dissoluble à l'acide nitrique qui en forme une sorte de résine jaune amère, et de l'acide oxalique. Le chlore la jaunit, les alcalis la dissolvent sans altération. Les sels métalliques la précipitent en diverses nuances. Dissoute par l'acide acétique elle précipite la gélatine (Pelletier).

Esp. 8. Chlorophylle, on matière verte des feuilles, improprement nommée autrefois fécule ou résine, forme un principe particulier très-hydrogéné; diflere des résines, mais se rap-

a8 , HÉMATINE,

proche de plusieurs matières colorantes , telles que celles du curcuma, de l'orcanette et du santal rouge; on l'obtient en traitant par de l'alcool rectifié, le marc lave' et exprime' de plusieurs herbes : l'alcool donne, en s'évaporant doucement, une substance d'un beau vert; l'eau chaude en enlève une matière brune extractive; est soluble dans l'éther, les huiles, l'alcool; est décolorée par le chlore; ne donne point d'ammoniaque à la distillation; brûle à la bougie comme une résine; l'acide sulfurique la dissout sans l'altérer ; l'acide hydrochlorique la fait jaunir ; l'acide nitrique la rend grisâtre, puîs d'un blanc sale,, sans produire d'acides mucique ni oxalique. L'iode agit comme le chlore , mais plus lentement.

Les alcalis la dissolvent sans altérer sa couleur , on peut la précipiter alors avec l'alumine , du sulfate d'alumine , et préparer de belles lacques vertes. Les lacques de chaux sont plus belles à cause que cette terre est plus alcaline. (Pelletier et Caventou, Journal de Pharmacie , tom. 3. pag. 486, et-re^.)

2° Matières colorantes azotées.

Esp. 9. Indigo, ou indigotine, substance bleue cristalloïde avec un reflet métallique, soluble dans l'acide sulfurique fumant surtout, en bleu pourpre ; donne avec l'acide nitrique un principe amer jaune détonnant, et une résine. Se volatilise en brûlant avec une fumée pourpre. Est verdâtre à son minimum d'oxydation dans les feuilles de plusieurs plantes légumineuses (indigqfera), du pastel (isatis), des lauroses (nerium), des persicaires (polygonum), la kœlreuteria, etc. inodore, insipide, insoluble à l'eau, devient jaune par le chlore et les alcalis (Chevreul). L'hydrogène décolore la solution sulfurique de l'indigo (en y ajoutant du zinc ou du fer). Selon M. Thomson, l'indigo est formé d'oxygène 46>i54* de carbone 4°>384> et d'azote 1 3,462, ou de cinq atomes d'oxygène, sept de carbone et un d'azote. M. Doebereiner croit avoir observé que l'indigo combiné à l'hydrogène, par le moyen de la pile voltaïque , constitue un acide isat inique particulier comme les autres acides hydrogénés.

Esp. 10. Hématine , du bois de campêche (Hœmatoxylum campechianum , L.), tirée par l'alcool, de son extrait, est en cristaux aiguillés roses, métalloïdes,; peu soluble à l'eau, de saveur amère, astringente ; jaunit à l'air par des acides faibles ; passe au rouge par des acides forts ; au bleu violet par les alcalis et les oxydes métalliques; précipite la gélatine en flocons rougcâtres; se décolore par les hydcpsulfates (Chevreul ).

SUCS GOMMO-RESINEUX. 2Q

Esp. 1 1 . Potychroïte, des stigmates ou du périgone du safran» colore l'eau en beau jaune} saveur amerc, odeur suave; étant pure , est sèche, pulvérulente, peu soluble à Feau, plus à l'éther, soluble à l'alcool et aux huiles fixes et volatiles ; passe au bleu et au lilas avec l'acide sulfurique , au vert-pré par l'acide nitrique, au brun foncé avec le deutosulfat# de fer; les alcalis et les acides la dissolvent (Voçel et Bouillon Lagrange). Selon M. Henry elle est combinée dans le safran à une huile volatile dont on ne peut la séparer que par l'action des alcalis. Le safran contient environ quarante parties de matière colorante et dix d'huile volatile odorante sur cent parties.

Nota. Les principes colorans sont de beaucoup de sortes: les bleus préparés d'ordinaire par fermentation , ou au moyen des alcalis, comme le tournesol , les lichens parelle et orseille, le pastel , l'indigo et les autres fécules que peuvent donner diverses plantes papillonacées ; les bruns, ou brunitures ou pieds de couleurs, souvent tirés des bois, écorces et racines, et analogues aux extraits tannans. Les jaunes, semblables auxprécédens, contiennent d'ordinaire un principe amer, comme la gentiane, le curcuma, lequercitron, la gaude, etc. Les rouges paraissent être astringens ou acidulés, Torcanelte, la garance, le bois de Brésil, les fruits rouges (car les acides tournent les couleurs au rouge, comme les alcalis au bleu et au vert ). On fixe les teintures sur les étoffes par divers mordans, les astringens, les alcalis, les acides, les dissolutions salines, etc. (Foyezfterthollet, d'Ambourney, Chaptal, Pœrner, sur les teintures.)

Genre 6. Des sucs gomnu>résmeux.

Tels sont ceux des convolvulus , les scammonées, la gommegutte, gommeou des

ouleladanum, les euphorbes, Taloès, les scammonées, etc. Les liqueurs aqueuses, acéteuses et alcooliques sont leurs dissolvans. Découlent originairement sous forme de sucs laiteux ou de diverse couleur, des plantes, par l'incision ; d'autres s'extraient par expression ; tous contiennent plus d'hydrogène dans leurs principes que les précédens. ( Voyez leurs divers principes composans à leurs articles ci-après. ) c

CIKES.

ORDRE IIe. Principes immédiats inflammables ùc avec prédominance d'hydrogène : lofixes commé les 'cires végétales , les huiles fixes, et les résines simples ou balsamiques; 2° volatils, comme l'huile essentielle, le camphre, les arômes.— Substances plus légères que Veau , et n'y étant que peu ou fibint dissolubles.

Genre i. Cires ou beurres des végétaux.

[ Esp. i . Cire, se trouve soit dans la matière verte des feuilles des plantes, soit à la surface des fruits ( comme les prunes , les raisins quelle blanchit), soit dans la page supérieure vernissée des feuilles,, etc. Comme la cire des abeilles est, d'après l'observation de M. Huber, le produit d'une élaboration vitale chez ces insectes, puisqu'en les nourrissant de sucre ou de miel pur, ils forment de la cire, nous traiterons de celle-ci plus en détail aux produits animalisés. La cérine est aussi une cire trouvée dans le liège par M. Chevreul, mais moins fusible et plus soluble en l'alcool que la cire ordinaire. Les éthers et alcools bouillans dissolvent un peu de cire 5 les huiles en dissolvent en toute proportion. Distillée à feu nu, la cire donne une matière nommée beurre de cire, qui, plusieurs fois distillée, devient volatile. *

L' adipocire des champignons, observée par Braconnot, est grasse, onctueuse, blanche et solide; elle donne une odeur de graisse et de la fumée sur les charbons. L'alcool chaud la dissout, mais la précipite à froid. (Quant à Y adipocire de Fourcroy, voyez la cétine et la cholestérine, aux Produits animaux.)

On rencontre aussi des matières grasses dans la noix vomique, la pyrèthre, l'ipécacuanha , et autres racines ou semences, etc., dans leurs analyses.

T£sp. 2. Les beurres ou suifs concrets peu hydrogénés, sont : le beurre de cacao, qui s'extrait par l'expression et la chaleur ; le beurre de coco, usité comme aliment et adoucissant; la cire des galés et des crotons , dont on fait des chandelles ; celle du ceroxylon andicola (palmier d'Amérique) ; l'huile concrète des baies de laurier, qui entre dans des onguens; l'huile concrète de muscade, chargée, comme celle d'anis, d'une huile essentielle. Le beurre de Banbouc (bassia butyraeea de Roxburgh, Mungo-Park, Voyage dans tinter, de VAfr.)y et plusieurs autres, les litsea, les stillingià, etc., appartiennent à ce genre. Ces suifs ou beurres rancissent moins que ceux qui sont liquides. De même, les pollens de fleurs sont tous d'une matière céru-

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