‹ Traité de pharmacie théorique et pratique, contenant les élémens, l'analyse et les formules de tous les médicamensChapitre 18 sur 142 · HUILES FIXES · texte numérisé non relu

HUILES FIXES

mineuse , que les abeilles emploient pour leur cire et la propolis , comme les chatons du bouleau, de Faune, du frêne, du peuplier et autres amentace's, les fleurs mâles seulement. Le pollen du lycopode est une poudre jaune résineuse, très-inflammable, ne se mouillant pas, et surnageant toujours l'eau; sert dans les feux d'artifice : on y a rencontre' une matière saccharine. La poussière fécondante du dattier, Phœnix dactylifera, L,. , tient du phosphate de magnésie et de la gélatine, selon Fourcroy et Vauquelin. Le pollen des pins est analogue à celui des lycopodes. Le chlore enlève la couleur de la cire verte du galé de la Chine , et de celles qu'on retire des chatons de bouleau , et de ceux de peuplier.

Nota. Toutes les matières végétales dans lesquelles l'hydrogène existe en plus grande proportion que dans l'eau, sont huileuses ou résineuses. C'est ainsi qu'il y a dans les résines un excédant de 00,8 parties d'hydrogène, et dans l'huile d'olives, de o, 1 2 parties sur les autres substances.

Genre 2. Huiles fixes, ou grasses.

Ont la propriété de former des savons avec les alcalis caustiques, d'être immiscibles à l'eau, sans intermède; de dissoudre le soufre, le phosphore, les résines, la gomme élastique, les oxydes dé plomb, avec lesquels elles forment des emplâtres; se combinent aux graisses et cires, se peuvent charger de l'arôme et de l'huile essentielle des plantes; ne passent pas à la distillation, sans se décomposer; s'enflamment et brûlent bien en formant de l'acide carbonique et de l'eau. Les huiles fixes , comme les graisses, sont formées, selon MM. Chevreul et Braconnot, de deux principes séparables au moyen d'un papier brouillard ; savoir de suif ou huile très-épaisse, stéarine; d'une autre très-fluide, oléine; il y a 28 de suif sur 100 parties d'huile d'olive, et 24 dans l'huile d'amandes douces, 46* dans celle de colsa. Les huiles grasses s'épaississent à l'air, et quelques-unes deviennent siccatives. Elles sont décomposées par le chlore, qui, leur enlevant de l'hydrogène, les épaissit; l'acide nitrique faible les transforme en cire et en résine, selon TrommsdorlT. Toutes contiennent plus ou moins un principe doux (de Schèele) ou muqueux, de la plante d'où on les exprime, et qui, se décomposant, est la cause de leur rancidité. On les peut dérancir par le lavage à l'eau, l'alcool ou les solutions alcalines. On les purifie en les agitant avec de l'acide sulfuriqûe, ou plus utilement, selon nos expériences, sans altérer les huiles, par une

3a *• RÉSINES.

solution très-chargée de muriate de soude: ce qui précipité le corps muqueux et les fèces trop abondantes. Les Huiles sont, ou très-fluides , pu congûlables , comme celles d'olives, de nar vette, de eolsa , d'amandes douçes (ou amères,tiui est aussi douce), de noisette, de ben, des quatre semences froides, de faîne, de sinapi ou moutarde, qui est un peu acre ; ou siccatives,

qui s'épaississent à l'air, s'enflamment avec l'acide nitrique ;

, de chan-

forment des savons mous : telles sont les huiles de lin , vre, de noix, d'œillette ou de pavots, de palma-christi ou kerva, etc. Les huiles demi-concrètes des semences d'ombeUifèreS) d'aneth, de carvi, de fenouil, de cumin, de coriandre, etc. contiennent beaucoup d'huile volatile, lorsqu'on les tire par expression ; et aussi celle de noix-muscades.

Genre 3. Des résines solides , térébenthines et Baumes , gaya-

cinè , fèruline , etc.

Toutes ces substances sont dissolubles dans l'alcool, les éthers, les huiles et graisses, non dans de l'eau. Leurs dissolutions alcooliques tiennent un peu d'acide acétique; elles sont précipitées par l'eau et par les sels métalliques. Les alcalis caustiques dissolvent bien aussi les résines, et des fabricans admettent de celles-ci dans les gavons. Les résines pures sont inodores, car celles qui ont de l'odeur le doivent à des huiles volatiles ou à l'acide benzoïque qu'elles contiennent.

Suivant Thomson, la résine commune est composée de carbone o,63a£, hydrogène o,u64, oxygène o,25i2 sur ioooo parties. Mais M. de Saussure trouve 77,4°2 de carbone, 9,55 1 d'hydrogène et i3,o47 d'oxygène ; MM. Gay-Lussac et Thénard, carbone 75,94, hydrogène 10,72, oxygène 1 3,34, dans la poix résine du commerce.

Par l'acide nitrique, les résines se convertissent en une matière particulière ? jaune, amère, nommée amer de Welther (nom du chimiste qui l'a remarquée le premier). Il se forme aussi un peu de tannin artificiel, mais non de l'acide oxalique. L'acide sulfurique très-concentré les charbonne à chaud. Les acides hydrochlorique et acétique dissolvent aussi les résines, sans les altérer.

Outre les térébenthines (résines avec une huile volatile (0 et les baumes (résines avec acide benzoïque), il y a des espèces

(0 MM. Lecanu et Serbat Ont constaté l'existence de l'acide succinique dans les térébenthine* et leur huile volatile. Ce fait avait dcjà été entrevu par Marabelli en Tulie, et confirmé par M. Bonastre.

RÉSINES. 33 particulières à* résines donnant de l'acide oxalique pair l'acide citrique \ toiles anftt celles de gayac, d'olivier de BotanyrBay (de V eucalyptus resinifara, SniitU). La gayacine est nu peu sotuble à l'eau. La résine de l'olivier contient de l'acide benaoïque et de l'oliviLa. L'aloes contient de la résine avec un suc jaune amer , et l'encens tient beaucoup de gomme avec la résine. Npus appelons fèmiline la partie résineuse des sucs férulacés d'assar-lœtida, de gomme-ammoniac , etc. Cette résine devient rouge par son contact avec l'oxygène atmosphérique, et teini l'argent en rose. Les champignons contiennent aussi des résines particulières, blanches La gratiole, le quinquina v et une foule d'autres végétaux analysés ont offert des matières résinoïdes particulières, indépendamment de celles qu'on observe dans la fécule verte ou chlorophylle des feuilles. Le résino-amer des autres végétaux, la coloquinte, l'élatérium, des extraits panchymagogues, etc., forme encore une autre espèce, car elles sont très-multipliées en ce genre.

D'après des travaux de M. Bonastré, pharmacien, sur les résines naturelles, on y trouve les principes suivans ; i° une huile volatile, 20 un acide ( l'acétique, et souvent le succinique dans les produits des arbres conifères), 3° une résine proprement dite, soluble dans l'alcool à froid , souvent translucide; 4° l,ne sous-résine, opaaue presque toujours insoluble dans l'alcool bouillant ou l'étner; 5° enfin , un extractif amer contenant quelques sels. La sous-résine paraît être aux résines ce que la stéarine est à l'élaïne dans les huiles grasses. Cette sous-résine est souvent cristallisable, légère , blanche, contient plus de carbone que la résine où elle se trouve ; elle est aussi toutà-fait dépourvue d'huile volatile.

La gayacine dissoute dans l'alcool, passe au vert, au bleu et au brun, par son exposition à l'air; forme, selon Brande et Thomson, un principe particulier. Elle se colore en bleu avec la gomme arabique a cîiaud , le gluten des fécules amylacées et plusieurs végétaux, selon M. Planche.

Les résines pures sont souvent idio-electriques, friables, vitreuses; elles donnent de l'hydrogène carboné, de l'huile et un peu de charbon.au feu nu, et brûlent avec flamme à l'air. Le mastic, la sandaraque, la colophane, le galipot, les espèces de poix, sont des résines, ainsi que les sang-dragon, lacque , copal, qui servent en vernis. Les tèrèbentlibies sont des résines plus ou moins liquides, chargées d'une huile essentielle; ainsi nous classerons en cette section le baume de la Mecque ou de Giléad^les résines élémi et animé, le baume acouclii , celui i. 3

de copahu (0, latacamaque du fagarier, etc., celui du Canada. On n'en tire que des huiles essentielles odorantes, par distillation, et il reste une résine solide. Mais les vrais baumes sont des résines chargées d'acide benzoïque, comme le benjoin, le storax calamité , le styrax liquide , les baumes du Pérou , de Tolu, la tacamaque du peuplier, le baume vert de calaba, le baume houmiri, etc. Plusieurs végétaux en contiennent, comme les amomes et la vanille. Ces baumes sont en partie miscibles à l'eau, à cause de leur acide, qui est dissoluble, volatil, d'une odeur suave, le même dans tous, à quelques variétés près. Les résines donnent, par l'acide nitrique, du tannin amer.

Genre 4- Des huiles volatiles ou essentielles; et des arômes (a).

Elles s'extraient pures par distillation, sont très-odorantes, très-inflammables, de saveur âcre, aromatique; se volatilisent à l'air, ou s'y épaissisent en résine; ne forment, avec les alcalis, que des savons imparfaits ou savonules (celui de Starkey) ; perdent de l'odeur par leur oxygénation; se colorent à la lumière, comme celle de térébenthine; mais celles de sabine, de menthe poivrée, qui sont jaunes, y deviennent blanches ; celle de camomille , qui est bleue, devient jaune au soleil. Les huiles volatiles de persil, d'absinthe, de cajéput, de genièvre, de sauge, de valériane, sont vertes ; celles d'acorus, d'aneth, de piment, de bergamotte, de myrte, de carvi, d'amome, de cerfeuil, de cannelle, de citron, de cochléaria, de cubèbes, de cumin, de cascarille, de galanga, d'hyssope, de lavande, de livêche, de muscade, de marjolaine, de lentisque, de néroli, d'âche, de poivre noir, de pouliot, de genêt, de rue, de sabine, de santal blanc , de sassafras, de sarriette, de gingembre, sont jaunes ; celle de thym est rouge; celles de mille-pertuis, de zédoaire, de mille-feuille, sont de couleur aigue-marine ; celles d'anis étoilé, de culilawan, de baies de laurier, de die-

(0 Cette térébenthine ou prétendu baume, en vieillissant et se desséchant, peut se cristalliser en prismes hexaèdres ou en lames hexagones ; en cet état, elle peut aussi polariser la lumière , ce qu'elle ne fait pas à Tétai iiuide.

(*) Annal, de chimie et de physique, tome XV, page 27, sur l'arome, par M. Rohiquet; il dit que de la potasse broyée avec la matière gélatineuse des aman « des d'abricots non mîtrs, y dégage de l'ammoniaque, et d'autant .plus qu'il a une odeur plus prononcée d'acide prussique. Plusieurs huiles volatiles ont une odeur autre que celle du corps dont on les tire.

L'ammoniaque développe beaucoup le montant du tabac ( et des autres odeurs végétales), les acides, au contraire. Le suc d'amandes non mûres d'abricots, récem ment extrait, ne donne à la distillation aucune huile essentielle, mais en fournit si on le distille sur de la magnésie calcinée. L'arome est une combinaison d'un principe variable et analogue à l'alcali volatil, avec une huile inodore, selon ce chimiste. !

tamc, de schœnanthe , sont brunes; celles d'anis, de carline , de copahu, d'aunéc, de mélisse, de menthe crépue, de térébenthine, de roses, sont d'abord incolores. Toutes sont en partie miscibles à l'eau; plusieurs contiennent du camphre particulier, comme celles de thym, de lavande, de romarin. L'acide hydrochlorique compose , par son union avec quelques-unes de ces huiles, une sorte de camphre artificiel. Les huiles volatiles sont fréquentes dans le règne végétal, surtout dans les semences des ombellifères > les péricarpes des hespè ridées ou citronniers ; les feuilles, fruits et bois des lauriers, des myrtes ; les fleurs des labiées , les semences et racines des amomes ou balisiers , les sommités des corymbij ères , les écorces des térébintliacées, etc. On les distille par l'intermède de l'eau, qu'on peut rendre plus pesante par l'addition du sel marin, afin qu'elle prenne plus de chaleur. Jadis on distillait les essences de girofles de sassafras, de cannelle, etc., per descensum ; mais ce moyen infidèle, qui fait perdre beaucoup d'huile, et les colore en brun noir , est abandonné. Plusieurs huiles essentielles entraînent un principe colorant avec elles, surtout quand on les obtient par simple expression. Par l'intermède du sucre ( œleo-saccharum) ou d'un mucilage, les huiles volatiles se mêlent à l'eau; dissoutes dans l'alcool, l'eau les précipite en un état blanc laiteux; elles dissolvent le camphre, le soufre, le phosphore ; précipitent l'or à l'état métallique, de l'eau régale (d'où l'or potable ); s'unissent aux graisses, huiles, cires et résines; s'enflamment par l'acide nitrique très-concentré, et forment une sorte de résine très-poreuse, en figure de champignon dit philosophique. Toutes les huiles volatiles sont acides, et rougissent la teinture de tournesol.

Les huiles 'volatiles se distinguent, i° en très-légères et fluides, comme celles des labiées, qui déposent des cristaux de camphre avec le temps ; il en est de même de celles des lauriers et sassafras, quoique plus pesantes, ainsi que celles des racines de valériane, de benoite, de dictame ; 2° en pesantes , ou qui tombent au fond de l'eau, comme celles de bois de Rhodes, de cannelle, de girofle, de cassia-lignea, de raventsara, de macis, d'amome, de piment, de myrte, de safran, de laurier-cerise, de santal blanc, dont plusieurs déposent des cristaux d'acide benzoïque; 3° en concrètes, comme l'essence ou beurre de roses, d'aunée, celles d'anis, de fenouil, de carvi, etc. , pour lesquelles il faut un peu plus de chaleur dans le réfrigérant lorsqu'on les distille. L'expression pourrait suffire pour extraire rimile volatile des semences d'ombellifères et des péricarpes

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