QUININE
laire rectangle, soit carré, soit comprimé, terminé par un biseau le plus souvent, ou par une facette inclinée, ou par une pointe à trois facettes. Très - soluble dans l'alcool aqueux , moins dans l'alcool pur, il se dissout dans onze parties d'eau (à 12 deg. ), et au degré de l'eau bouillante il se liquéfie dan» son eau de cristallisation.
Selon Baup et M. Robiquet , la quantité d'acide sulfurique est double dans le sursulfate que dans ce sulfate neutre, et la quantité d'eau estquadruple aussi dans le sursul ate. Il y a dans lé sulfate neutre un atome de quinine, un d'acide et quatre parties d'eau. Dans le sursulfate, deux atomes d'acide pour un de quinine, et seize parties d'eau. Les proportions des deux sels sont, pour le sulfate neutre, quinine 4&, acide 5, eau 4, 5. Dans le sulfate cristallisé il y a quinine 45, acide io, eau 18 parties.
Selon M. Robiquet,
ioo parties , sulfate acide de quinine i acide 19, 1 ) ^ „ tiennent {quinine 63,5/ 2>
100 sous-sulfate de quinine, première (acide u>3l
cristallisation, (quinine 79,0) 9*
1 00 sous-sulfate , deuxième cristalli- { acide 1 0,0 )
sation, (quinine 80,9) 9<M>
Le soussulfate perd , à chaque cristallisation, une petite portion de son acide. En traitant par l'eau la quinine , on ne la dissout bien qu'au moyen d'un excès léger d'acide ; si on la traite par l'alcool qui peut dissoudre cette auinine , on peut n'ajouter que la quantité d'acide nécessaire à la saturation.
Voici un autre procédé conseillé par Voreton (sur la préparation de la quinine, Annal, chim. et phys.y août 182 1, p. 439, 44° y tom. XVII.)
On prend 5 kilogr. de quina jaune, de bonne qualité, réduit en poudre grossière. On le met infuser dansde l'eauacidulée d'acide hydrochlorique dans la proportion cPun centième environ. L'on laisse macérer pendant 24 heures. On exprime fortement, et on traite par de nouvelle eau acidulée jusqu'à ce que le quina ne cède plus d'amertume : on filtre alors, et on traite les infusions réunies par un excès de magnésie pure; on fait bouillir un instant, et on laisse refroidir. Du reste on suit les procédés, connus, en filtrant, lavant le précipité magnésien à l'eau froide, en le séchant et le traitant par l'alcool. On obtient la quinine en distillant et évaporant l'alcool à une douce température. Par ce moyen simple, qui exempte de la préparation de l'extrait
MORPHINE. 43 alcoolique y on obtient environ 70 grammes de quinine des cinq kilogrammes. Procédé peu suivi.
Pour obtenir par la même opération la, cinchonine et la quinine , il faut d'abord composer le sulfate de quinine par le procédé ordinaire. On réunit les eaux-mères et les eaux de lavage restantes après cette opération. Elles contiennent en effet du sulfate de cinchonine ; on décompose par de la magnésie, ou par de la chaux vive; le précipité ou calcaire ou magnésien, lavé, bien desséché, doit être soumis à Faction de l'alcool bouillant qui dissout la quinine et la cinchonine. Cette dernière étant prédominante, cristallise par le refroidissement lorsqu'on a fait assez concentrer la dissolution alcoolique. Il faut purifier cette cinchonine par une nouvelle cristallisation en la redissolvant dans de l'alcool bouillant; elle est alors trèspure. Le résidu des dissolutions alcooliques retient de la quinine, et on la retire par l'évaporation.
Ensuite on fait directement un sulfate de cinchonine en unissant celle-ci à l'acide sulfurique. En effet le produit des eaux-mères de sulfate de quinine , évaporées, n'est point un sulfate de cinchonine seul, comme on pourrait le croire; car c'est, selon l'observation de M. Pelletier, un mélange de sulfate de quinine, de sulfate de cinchonine avec du sulfate de chaux ou de magnésie et des matières grasses et colorantes ; ce qui présente un sel très-impur, d'apparence cotoneuse, ou filamenteuse, colorée.
Le sulfate pur de cinchonine cristallise en parallélipipède très-solide, éclatant, d'un blanc vitreux, au lieu que le sous-sulfate de quinine présente des cristaux soyeux, flexibles, d'un blanc mat (lT; tous deux sont solubles dans l'alcool et brûlent sans laisser de résidu.
Ces deux sulfates de cinchonine et de quinine deviennent d'un belle couleur rouge , quand on les chauffe assez pour les décomposer. La cinchonine humide surtout, jouit aussi de la propriété de se volatiser en se décomposant en partie, à la chaleur; seulement chauffés, ils deviennent phosphoresccns.
La forme cristalline de la cinchonine, est un prisme rhomboïdal de 108 et 7 a deg. terminé par un biseau.
Esp. a. Morphine, observée dans l'opium par Sertuerner, d'où on la sépare en faisant bouillir une solution aqueuse d'opium avec de la magnésie. On lave et on dissout le dépôt
(») Pour obtenir bien blanches la morphine, la quinine et autres substances analogues, il faut les traiter par le moyen du charbon animal. Sa groprictë décolorante est très-remarquable.
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avec l'alcool chaud, qui enlève la morphine. Elle se précipite par refroidissement en cristaux, qu'on peut obtenir blancs, inodores*, insipides | elle agit comme alcali, en se combinant aux acides (car elle est à l'état de méconate avec l'acide méconique dans l'opium; la magnésie s'empare de cet acide). Soluble à l'alcool, à Fétlïer et aux huiles, est insoluble à Y eau ; elle verdit le sirop de violettes, se fond au feu, et cristallise par le refroidissement; fait, à\ec les acides qu'elle sature, des sels amers, et alors agit sur l'économie animale comme l'opium. 11 existe , en outre, dans celui-ci une autre substance cristallisable trouvée par M. Derosne. Les cristaux de la morphine sont des pyramides triangulaires ou quadrangulaires tronquées, etdesprismesàbasetrapeioïde.Donnedel'ammoniaque en se décomposant au feu, et s'enflammant. Cependant quand elle est très-pure, elle ne contient point d'azote, selon Thomson, mais hydrogène 5, 5g, carbone 44 > 72> oîygène49> ^9> ou 18 atomes d'hydrogène, a4 de carbone, et 20 d'oxygène. Décompose la plupart des sels métalliques; rougit par Faction de l'acide nitrique.
Esp. 3. Strychnine (de Pelletier et Caventou), extraite de la noix vomique (strjrchnos nux vomica); par le même procédé que la morphine, est blanche, en cristaux prismatiques h quatre pans avec une pyramide à quatre faces; amertume horrible, et poison funeste; soluble à l'alcool, aux éthers, peu à l'eau ; verdit le sirop de violettes , sature les acides , et forme des sels cristallisés ; prend une couleur de sang avec l'acide nitrique concentré, de même que la brucine et la morphine. Elle possède toutes les propriétés les plus actives des strychnos dans lesquels elle se trouve combinée avac un acide strychni- <[ue ; se rencontre aussi dans la fève Saint-Ignace.
Esp. 4* Brucine j d'abord découverte par MM. Pelletier et Caventou, dans l'écorce de fausse angusture, dite angusture ferrugineuse ( qu'on présumait venir de la Brucea antidysenterica, arbuste vu par Bruce, en Afrique); cette substance alcaline, vénéneuse, a été retrouvée depuis, dans la noix vomique et la fève Saint-Ignace, avec la Strychnine ; il y a entre celle-ci et la hrucine le même rapport qu'entre la quinine et la cinchonine des quinquinas. La brucine est bien plus soluble que la strychnine , et plus adhérente à des matières colorantes : ce qui rend sa purification difficile. Elle a une saveur amère, persistante, et qui devient plus forte. Soluble, étant pure, dans 85o parties d'eau froide, et 5oo d'eau bouillante; très-soluble dans l'alcool, s'y cristallise en prismes
ACON1TIN. 45 obliques, à base parallélogrammatique ; se fond à ioo degrés de chaleur, et ne donne pas d ammoniaque par sa combustion , mais beaucoup de carbone; point d'azote avec le deutoxyde de cuivre; forme des sels et des sursels avec les acides ; chacun de ces sels cristallise à sa manière; ils sont décomposés par les terres alcalines et par la morphine, la strychnine, qui lui enlèvent les acides. L'acide nitrique la suroxyde avec une couleur rouge superbe, plus que la strychnine; les corps désoxygénans ramènent l'une et l'autre à l'état blanc : la brucine prend une moindre quantité d'acide en combinaison, que la strychnine, qui cède aussi, sur ce point, à la morphine. La brucine est dix h douze fois moins vénéneuse que la strychnine. Très-soluble à . l'alcool, insoluble à l'éther et aux huiles; comme la strychnine, elle cause aussi des mouvemens tétaniques aux animaux. . Esp. 5. Picrotoxine de Boullay, retirée de la coque du Levant, menispermum cocculus L., blanche, cristalline en prismes quadrangulàires, plus soluble dans l'alcool et les éthers qu'à l'eau et qu'aux huiles; est très-amère, sature en grande partie les acides, et forme des sels moins amers, n'en fait point avec l'acide nitrique qui peut la convertir en acide oxalique ; est alcaline, et verdit le sirop de violettes.
Esp. 6. Atropium, trouvé par Brande dans la beiladonne. On l'obtient en faisant bouillir dans de l'eau la beiladonne, on ajoute de l'acide sulfurique; on filtre; on sursature la liqueur filtrée, par de la potasse caustique ; on sépare le précipité qu'on lave et sèche. Ce précipité, dissous dans de l'acide sulfurique, est filtré de nouveau et reprécipité par la potasse. Alors il est dans toute sa pureté. Il est dissolu Me dans l'alcool bouillant. Uni à l'acide hydrochlorique, il peut former des sels cristallins, en aiguilles brillantes et soyeuses. Il est très-blanc, sans saveur ; brûle en exhalant une odeur d'huile empyreumatique; prèsqu'insoluble à l'eau froide, mais soluble à l'état de sulfate. Ce sel est très-vénéneux.
Esp. 7. Daturiwn, reconnu par Brande dams la graine de pomme épineuse (datura strammonium). Il s'y trouve à l'état de malate; presque insoluble à l'eau et à l'alcool froid, il se dissout bien dans l'alcool bouillant, d'où il se précipite, par le refroidissement, en flocons formés d'aiguilles très-déliées, analogues à celles de la morphine. Le sulfate de daturium est en quadrilatères ; son hydrochlorate donne des cristaux presque cubiques; ils sont soyeux dans le nitrate. Cet alcali diffère beaucoup des autres alcalis végétaux.
Esp. 8. Les aconitin, hjoscyamin, cicutin, sont aussi des al-
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calis organiques indiqués par M. Brande dans les aconits, la jusquiame, la ciguë; toutefois ce dernier n'a pli être retrouvé* par d'autres chimistes. {Voyez Farticle des Extraits de ces végétaux vénéneux. )
Esp. 9. Vêratrine, trouvée par Pelletier et Caventou dans la cévadille, la racine d'ellébore blanc et celle du colchique automnal, plantes de la famille des colchicées. Elle est blanche, pulvérulente, inodore, mais très-irritante et même dangereuse sur les membranes nasales ; saveur d'âcreté extrême, non amère , cause d'affreux vomissemens, même la mort; peu soluble dans Feau froide , et d'un millième seulement dans Feau chaude , fusible à 5o° de chaleur, se décompose au feu, ne donne pas de traces d'azote. Se combine aux acides en sels incristallisables ; peut se décomposer par l'acide nitrique, en sorte d'amer de Welter détonnant ; ne forme que des sels avec excès d'acide, et peu ou point cristallins.
Esp. 10. Delphine, obtenue par MM. Lassaigne et Feneulle, de la semence de staphysaigre, est une poudre blanche,devenant cristalline à l'humidité, et opaque à l'air; saveur amère, ensuite acre ; inodore, liquéfiable par la chaleur, comme la cire ( de même que fait la vêratrine ), devient dure, cassante en se refroidissant; brûle au feu, en laissant un charbon léger; est peu soluble à l'eau froide , très-dissoluble dans l'alcool et IVther; ses solutions sont alcalines. Elle se combine bien aux acides, en formant des sels très-solubles de saveur extrêmement âcre et amère; les alcalis la précipitent en forme de gelée. La delphine, par Faction de l'acide nitrique en excès, passe au jaune. La delphine est à Fétat de malate dans les semences de staphysaigre.
Esp. 1 i.Solanine, de Desfosses, s'obtient en versant de l'ammoniaque dans le suc filtré des baies de morelle; on traite par l'alcool bouillant le précipité, qui estgris. Cette substance, purifiée, devient une poudre blanche opaque, ou nacrée, inodore, peu amère, nauséeuse, irritant la gorge, fusible à plus de 100 degrés; se décompose à une forte chaleur, sans donner de produits azotés. Insoluble à Feau froide, se dissout dans l'alcool et Féther. Forme des sels neutres avec les acides ; est faiblement alcaline; ses sels sont incristallisables, peu amers. Se trouve à Fétat de malate dans toutes les baies des solanées et dans les feuilles de dôuce-amère. A des rapports avec la delphine; ne rougit point par Faction de l'acide nitrique.
Esp. 12. Daphninc, substance cristallisable découverte dans Fécorce du daphne Alpina, par M. Vauquelin , présente des
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cristaux solides à face brillante, d'une saveur amère, alcali verdissant le sirop de violettes; peu soluble à l'eau froide, davantage à l'eau chaude ; se décompose au feu en exhalant une vapeur piquante, et en se boursoufïiant; paraît saturer également les acides.
On a rencontré pareillement un principe alcalin cristallisahle dans la digitale pourprée.
M. Vauquelin (0 a trouvé dans le tabac , dans Yhelleborus hjemalis L. , etc., une substance huileuse, à demi concrète , très-vireuse , très - nauséabonde, soluble dans l'alcool, non dans l'eau; de couleur^ grise, brune ou verte ; prise à trèspetite dose, elle cause les plus graves accidens sur le système nerveux. Les solanées, le chanvre, et plusieurs autres végétaux, contiennent un principe vireux, en partie volatil : de là vient que les extraits d'aconit, de mandragore, de jusquiame, en perdent une grande partie par l'action de la chaleur.
Genre v. Principes cristallins azotés, non alcalins ni acides.
Esp. i. Narcotine (sel d'opium de Derosne), est une substance blanche, cristallisant en prismes rectangulaires, à base rhomboïdale; insipide, inodore, brûlant comme les lésines, peu soluble à l'eau, mais davantage dans l'alcool et dans tous les acides ; décomposable par le nitrique concentré, en acide oxalique; donne par le feu du carbonate ammoniacal ; dissoluble à chaud par les éthers et les huiles volatiles, mais non à froid; ne paraît pas être le méconate de morphine, comme l'a pensé Sertuerner; n'agit pas sur les couleurs végétales. Pour obtenir la narcotine , ab fait macérer dans de l'eau froide de l'opium en petits morceaux ; on filtre , on évapore en consistance de sirop épais ; on agite cet extrait dans de l'éther pendant plusieurs jours; on décante la teinture éthérée que l'on distille pour retirer l'éther; on trouve au fond de la cornue des cristaux de narcotine, selon M. Robiquet.
Esp. 2. Asparaginc de MM. Vauquelin et Robiquet, cristallise en prismes rhomboïdaux ; saveur fraîche, un peu nauséabonde, insoluble à l'alcool; donnant de l'ammoniaque par l'acide nitrique; n'altère point les couleurs végétales; excite la salive en la mâchant , dissoluble par l'eau bouillante ; a été trouvée dans les asperges, et aussi dans le suc de pommes-deterre.
(') A un. Mus. d'hist. nat. , n° *pi l>. 8j.
Esp. 3. Àgédoïte (Desvaux), matière cristallisable de la réglisse, trouvée par M. Robiquet, cristallise en octaèdres rectangulaires; sans couleur, insipide, peu soluble à l'eau ; donne de l'ammoniaque au feu, et en la broyant avec de la potasse. Dissoluble sans altération dans les acides nitrique et sulfurique.
Du principe amer, et de quelques autres peu analysés.
On trouve un principe amer très-abondant dans le bois et l'écorce du quassia amara L., le shrrarouba, la gentiane, le genêt à balai, la coloquinte, la camomille, la racine de bryone, la sabine, la rue, la mille-feuille, l'arnica, etc. Plusieurs caractères le rapprochent du tannin. Celui du café non torréfié précipite le fer en vert. Celui du houblon est une résine rougeâtre, dissoluble dans l'alcool, et qui paraît donner à la bière une qualité plus enivrante. On obtient du principe amer jaune, en traitant l'indigo par l'acide nitrique; plusieurs extraits de plantes en fournissent par ce procédé.
La substance dcre volatile des crucifères est sulfureuse (un hydrate de soufre ). Çaussure fils a trouvé des traces de phosphore dans la graine de moutarcTe distillée au feu; MargrafFen a pareillement tiré du froment, où se rencontre du phosphate de potasse. Le suc acre de l'ognon et des alliacées contient aussi du phosphore. Les sucs corrosifs des aroïdes, des renonculacées, des hellébores, des ombellifères aquatiques, des piquans de l'ortie, ont encore été peu examinés. Le principe astringent est uni à l'âcreté des capucines et des câpres. La matière nauséeuse *les scrophulajres , de la digitale pourprée, est extracto-gommeuse, etc. Un corps glulino-résineux sert à la souplesse du fil de chanvre, et en s'oxydant, comme dans les chanvres des pays méridionaux, il le rend plus cassant.
Il faut remarquer dans toutes les plantes somnifères, et surtout les solanées, une matière albumineuse animalisée, abondante, avec un principe vireux volatil, plus ou moins âcre , soluble dans l'eau et dans l'alcool, incolore, etc.
ORDRE IVe. Principes immédiats des végétaux dans lesquels