‹ Traité de pharmacie théorique et pratique, contenant les élémens, l'analyse et les formules de tous les médicamensChapitre 25 sur 142 · TOTAL · texte numérisé non relu

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l'asthme; constitué de carbone 7 4,4 1 > oxygène 20, hydrogène 5,27, sur 100.

3° Acide oxalique , qu'on peut extraire des oxalis acetosella et corniculata L., des oseilles , ou rumex, qui forme un oxalatc de chaux dans la rhubarbe. Ordinairement est à l'état de suroxalate de potasse ( ou oxalate acidulé ) dans les plantes , ou libre comme dans les pois chiches. Se sépare de ses bases , la chaux exceptée, par l'acide sulfurique; paraît être composé de carbone 26 parties , hydrogène 3, oxygène 7 i. Cet acide , avalé à forte dose, est un poison. Huit parties d'acide nitrique sur une partie de sucre, ou de gomme, ou de fécule, ou sur de l'alcool , et sur presque toute autre substance végétale , la réduisent en cet acide; il dissout le gallate de fer. Son adhérence à la chaux est si forte, qu'il l'enlève partout, et sert de réactif pour en connaître la présence; il forme avec elle un sel presque insoluble. Cet acide est un rafraîchissement très-actif; il compose des sursels, ou sels acides.

4° Acide tartrique (qu'on nommait tartareux), se trouve à l'état de surtartrate de potasse, dans les vins et le raisin, les tamarins, les mûres, le sumac, les oseilles et rhubarbes, l'agavé, le chiendent, le suc de pissenlit, etc., où il est aussi mêlé à d'autres acides. 11 adhère beaucoup plus à la chaux pure qu'à la potasse; on l'en sépare avec de l'acide sulfurique. Est formé de carbone 24 > oxygène 69, hydrogène 7. Cet acide pur, cristallisable, très-blanc, compose des sursels, est usité comme rafraîchissant, antiseptique, à l'état de crème de tartre, est vomitif à l'état de sel trisule d'antimoine et de potasse, etc. (0. L'acide tartrique distillé à feu nu donne le pyrotartriaue, qui se rapproche de la nature de l'acide acétique mêlé d'huile empyreumatique, mais en dilfère dans bien des cas, et ne précipite pas, comme fait le tartrique, les acétates de plomb.

5° Acide citrique, qui constitue presque tout le suc des citrons, limons et oranges, se rencontre aussi dans le verjus, les baies de l'airelle, la canneberge , les merises, le putier (prunus padus), les groseilles, les fraises et framboises, les mûres de ronces, l'ananas, le tamarin, le cynorhodon, l'alouche, etc., mais mélangé avec les acides tartrique et malique. Cet acide est cristallisable, s'unit à la chaux de préférence; doit être séparé des substances muqueuses qui l'enveloppent dans les sucs de fruits; forme des limonades agréables : l'acide sulfuri-

(0 Le lartrale de potasse et de fer compose les boules de Mars ou de Nancir mais avec une surabondance d'oxyde de fer ( soustartrate. )

ACIDES VÉGÉTAUX. 5i que et le nitrique peuvent aussi le changer en acide acétique. On le trouve combiné dans la douce-amère. Ne précipite pas les métaux blancs en sels insolubles.Composé de carbone 33,8 1 r, oxygène 59,859, hydrogène 6,33 o, selon MM. Gay-Lussac et Thénard.

' 6° Acide mucique (saccholactique de Schèele qui Ta trouvé ) est une poudre blanche, obtenue par l'action de l'acide nitrique sur le sucre de lait. S'obtient aussi par Faction de l'acide nitrique sur diverses gommes ou résines et substances muqueuses, d'où le nom de mucique. Peu soluble à l'eau, il ne l'est pas dans l'alcool} contient, selon Gay-Lussac et Thénard, oxygène 62,59, hydrogène 3,62, carbone 33,69; forme les mucates avec les bases salifiables. Par le feu , l'acide mucique devient pyro-mucique comme le pyro-tartrique. Le mucique est blanc, cristallin en aiguilles; donne des sels sol ul des.

70 Acide camphorique, cristallisé en parallélipipèdes, blanc, d'odeur de safran, plus soluble à l'eau et à l'alcool chauds que froids, l'est aussi aux huiles fixes et volatiles, aux acides; cristallise avec la potasse. Obtenu par Faction de l'acide nitrique sur le camphre , par Kosegarten et Bouillon-Lagrange ; s'eflleurit à l'air, se sublime au feu sans s'altérer.

8° Acide subérique , reconnu par Bouillon-Lagrange, résulte de l'action de l'acide nitrique sur le liège; peut être débarrassé de toute matière colorante; alors blanc, cristallisé en aiguilles, soluble à l'eau et à l'alcool, précipite les dissolutions de plomb, mercure, étain, argent, etc.

Dans la formation de l'acide subérique, par l'action de l'acide nitrique sur le liège, ilse compose en même temps del'acide oxalique, comme l'avaient remarqué Brugnatelli et M. Bouillon- Lagrange.

Les acides subérique et benzoïque, les seuls acides végétaux qui contiennent plus d'hydrogène qu'il n'en faut pour convertir en eau leur oxygène , sont les deux les moins attaquables par l'acide nitrique.

90 Acide malique, presque pur dans les pommes, les poires, prunes et prunelles, l'épine-vinette, le sureau ; mêlé avec le citrique dans les groseilles, les fraises, les ronces, les tamarins, passe à l'état de malate de chaux dans les sucs de tabac vert, de joubarbe, d'orpin, de vermiculaire, de crassula, de glaciale, de mesembtyanthemum , des cactus, dans les arum, etc. Se trouve aussi très-abondamment dans les vins non mûrs. MM. Bouillon- Lagrange et Vogcl pensent que l'acide malique n'est qu'un acide acétique combiné avec des matières végétales qui le déguisent.

5a ACIDES VÉGÉTAUX.

Cet acide ne cristallise pas, forme des sels presque insolubles avec le plomb (dans l'extrait 'de Saturne, acétate de plomb liquide), ou le mercure et l'argent. On l'en sépare au moyen de l'acide suîfurique. Découvert d'abord par Schèele, en 1785. L'acide nitrique change aussi en acide malique le sucre, l'amidon, la gomme , etc.

io° Acide sorbique, découvert par Donovan , dans les baies du sorbus aucuparia et les pommes, les baies d'épine-vinette , les prunes, etc. , où il existe mélangé avec l'acide malique. On le sépare du suc de sorbes, par l'acétate de plomb qui le précipite ; on décompose le sorbate de plomb par l'acide suîfurique, et on précipite le plomb du sursorbate qui est formé, en y faisant passer un courant de gaz hydrogène sulfuré. L'acide sorbique est déliquescent ou ne cristallise qu'en mammelons, selon M. Vauquelin; il contient, selon ce chimiste, hydrogène 16,8, carbone 28, 3, oxygène 5 j.,9, sur 100 parties. Au reste, cet acide ressemble beaucoup au malique , et MM.Braconnot et Labillardière croient que c'est le même.

1 1° Acide fongique, observé par M. Braconnot dans les champignons, a été trouvé même à l'état libre dans la pezize noire, lycoperdon trochantum L., et à l'état de fungate de potasse dans le bolet du noyer; est très -acide, déliquescent. (Voyez Annal, chim., tom. LXXXVII, p. 284).

12° Acide jatropkique de MM. Pelletier et Caventou, extrait de l'huile des semences du pignon d'Inde, jatropha curcas L., en la faisant bouillir avec de l'eau et de la magnésie ; celleci se charge d'une grande partie de l'acide qu'on décompose par l'acide phosphorique en distillant. Il est incris tallisable, volatil, âcre. (Journ. de Pharm., tom. IV, pag. 289, sq.)

i3° Acide méconique, observé dans l'opium à l'état de combinaison avec la morphine; on fait bouillir une solution d'opium avec de la magnésie; il se précipite un sousméconate de magnésie qu'on décompose au moyen de, l'acide suîfurique faible. 11 cristallise en écailles ou paillettes rougeâtres; il rougit les solutions de fer, {Annal, chim. et phjsiq., tom. V, p. 282, sq.) d'après MM. Sertuerner et Robiquet.

Le mèconate de soude passe en Allemagne pour un remède souverain contre le ver solitaire, en l'administrant avec précaution, car un seul grain de ce sel peut empoisonner. M. Sertuerner prépare ce sel en ajoutant de l'acétate de soude dans une teinture alcoolique d'opium. Le méconate formé étant insoluble dans l'alcool, il se précipite; on le purifie ppr l'action de l'alcool bouillant, qui lui enlève ses impuretés. »

ACIDES VÉGÉTAUX. 53 i4° Acide morique, trouvé par Klaproth, combiné à la chaux dans une exsudation de l'écorce du morus alba L. , est blanc, cristallisable, d'une saveur d'acide succinique. Inusité.

i5° Acide strychnique, retiré, par MM. Pelletier et Caventou,.des semences de divers strychnos, comme la noix vomiqueetlafève Saint-Ignace, (celle-ci donne un acide igasurique) y est combiné à une sorte d'alcali végétal, la strychnine ; il cristallise en petites aiguilles blanches.

i6° Acide menispermique , observé avec la picrotoxine , sorte d'alcali végétal, dans la coque du Levant, menispermum cocculus L., par M. Boullay.

170 Acide Unique, trouvé par M. Deschamps dans les ex traits* de quinquina, à l'état de kinate de chaux , a été séparé par M. Vauquelin, au moyen de l'acide oxalique qui s'empare de la chaux; inaltérable à l'air. (Voyez notre Matière médicale aux Quinquinas. )

1 8° Acide kinqvique, trouvé par MM. Pelletier et Caventou dans le kina-nova.

19° Acide isatinique de Doebereiner, résulte de la combinaison de l'indigo avec l'hydrogène (comme l'acide hydriodique).

200 L'on trouve encore Y acide prussique ou hydrocyanique dans les eaux distillées d'amandes amères, du laurier-cerise, des feuilles de pêcher et de plusieurs autres fleurs ou amandes de rosacées. John l'a rencontré aussi dans l'écorce des arbres. Cet acide ne contient point d'oxygène combiné à de l'azote et du carbone, d'après les recherches de MM. Berthollet, Gay- Lussac et Vauquelin.

21° Les acides végétaux formés par l'art, sont (0 Y acide acétique et ses variétés. Ainsi le produit de la distillation à feu nu de la gomme, du sucre et des autres corps muqueux végétaux, le produit du bois distillé, sont un fort acide acétique, mais souillé et bruni par une huile empyreumatique ( acides pyromucique et pyroligneux) dont il faut le débarrasser. L'acide pyroligneux ne diffère de l'acide acétique que parce qu il contient de l'huile empyreumatique. Tels sont les vinaigres très-forts de bois, par M. Mollerat. Cet acide pyroligneux sale dépose d'abord son goudron. En cet état, cet acide devient très-propre aux usages de la teinture; c'est un excellent mordant pour le coton et le lin ; il colore en rose le bois, la paille , les plumes; il forme un bon pyrolignate de fer préférable à

C») Outre les acides nmeùfue, cawtphorique, subériquc, produits par le nitrique

54 ACIDES VEGETAUX.

l'acétate pour les teintures, appelé' noir des teinturiers ou des

corroyeurs. Cet acide est excellent antiputride.

On sature cet acide avec le souscarbonate de chaux ( et un peu de chaux vive); on décompose par double affinité avec le sulfate de soude qu'on charbonne en portant l'acétate de soude à la fusion aqueuse et ignée. Cet acide est ensuite dégagé de sa base par l'acide sulfurique rectifié; il donne 1 1° à l'aréomètre de Baumé. On peut le concentrer au point de le faire cristalliser.

Le plus ordinairement cet acide résulte d'une fermentation dans les liqueurs vineuses et sucrées, le vin, le cidre et poiré, la bière, plus avancée que la fermentation alcoolique, et lorsqu'une plus grande quantité d'oxygène s'y combine. On peut encore former du vinaigre par l'action de plusieurs acides minéraux sur les substances végétales et même animales. Les acides pyrozoonique et sébacique ne sont qu'un vinaigre mêlé d'huile animale. L'eau sure des amidonniers, les choux passés aigre dans la sauer-kraut ou choucroute, les solutions de colle et de gomme qui tournent à l'aigre , donnent un acide appelé acide nancèiaue par M. Braconnot , ou acide zumique ( de frpj , levain ); il a été retiré du riz aigri, des haricots et des pois bouillis et abandonnés à l'acescence, aussi des tas de betteraves gâtées et pourries; il est analogue à l'acide acétique. Le résidu de l'éther sulfurique, les acides tartrique ou malique décomposés à l'air, enfin presqu toutes les matières végétales qui fermentent, passent à l'état de vinaigre. Mais les liqueurs dans lesquelles il se forme d'abord de l'alcool , donnent seules un très - bon vinaigre. Toujours uni à un peu d'alcool , cet acétique non distillé contient souvent des acides malique et tartrique, s'il est tiré du vin; on le distille pour le séparer d'eux. \1 esprit-de-Vènus , qu'on extrait par la distillation du verdet (acétate de cuivre), paraît encore plus suave et plus éthéré, selon Derosne, et donne le meilleur vinaigre radical ou acide pyro-acétique. On en imbibe des cristaux de sulfate de potasse; il est pénétrant, stimulant, et ranime les forces défaillantes. La terre foliée de tartre ( acétate de potasse), Y esprit de Mindérérus (acétate d'ammoniaque), les acétates de plomb {extrait et sel ou sucre de Saturne) , de cuivre, saturés ou carbonatés (vert-de-gris et verdet), Y éther acétique , avec ou sans l'intermède de l'acide sulfurique , et une foule d'autres préparations chimiques et pharmaceutiques, seront décrites en leur lieu. On connaît les usages du vinaigre en alimens. S'il est mêle' avec l'acide sulfurique, pour augmenter sa force, on reconnaît celui-ci par le précipité qu'il donne avec de la dissolution de

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