‹ Traité de pharmacie théorique et pratique, contenant les élémens, l'analyse et les formules de tous les médicamensChapitre 27 sur 142 · FÉCULES AMYLACÉES · texte numérisé non relu

FÉCULES AMYLACÉES

qu'on peut préparer partout sans appareils dispendieux. Enfin, on peut distiller et obtenir de bon alcool, comme on en obtient maintenant avec de la pomme-de-terre, sur laquelle on a fait agir de l'acide sulfurique.

On reconnaîtra la présence de l'amidon on des fécules amylacées, dans toutes les substances végétales, au moyen de l'iode. Il suflit de triturer de l'iode pur ou de la dissolution alcoolique d'iode avec une matière contenant de la fécule, pour que celleci passe à une belle couleur bleue; c'est de l'iodure d'amidon : on peut séparer l'iode de l'amidon au moyen des alcalis avec lesquels il se forme des hydriodates; alors la couleur bleue s'efface.

Les amidons torréfiés peuvent remplacer la gomme, car ils sont alors dissolubles à l'eau froide elle-même, et forment une sorte de gelée muqueuse.

Par l'acide nitrique les amidons se transforment en acide oxalique.

Les plantes vénéneuses donnent même une fécule nullement dangereuse: témoins, le manioc, d'où se tire la cassave et dont on fait le tapioca; la fécule de bryone, d'arum, des mandragores, des griffes de renoncules, de l'ellébore et autres, qu'il suffit de laver pour en ôter tout le suc vénéneux. Le sagou , moelle des palmiers, le salep ou les orebis, le colchique, le chiendent, la filipendule, les iris et glayeuls, la serpentaire et les aristoloches, le marron d'Inde, les glands de chêne, les patates, le topinambour, enfin la plupart des fruits, des racines, . des écorces (celles de bouleau, de pin, la berce, la bistorte , la racine de nénuphar, les pommes, les nèfles, les coings) en donnent plus ou moins. Les fécules des semences légumineuses, pois, fèves, haricots, etc., sont plus grossières et moins douces, mais non moins nourrissantes. L'arrow-root, ou racine de maranta arundinacea, fournit aussi une fécule très-estimée; toutes celles des plantes légumineuses contiennent une matière albumineuse ou végéto-animale, et paraissent être plus venteuses et moins digestibles que la précédente. On les emploie comme des alimens très-sains, et pour les colles ou emplois végétaux, les cataplasmes, etc. Baumé a inventé un moulin pou râper les racines à fécule.

Esp. 2. Jnuline de Thomson, découverte par Rose dans la racine d'aunée. Poudre blanche, insoluble à l'eau froide, soluble à l'eau chaude , sans produire une gelée , et se déposant par refroidissement. Forme avec l'iode un composé verdâtre dissoluble dans l'acide sulfurique sans se décomposer. Trou-

GOMME, MUQUEUX. 5o

vé3 aussi dans la racine de pyrèthre, par M. Gauthier. Insoluble dans l'alcool et Féther comme l'amidon. Se transforme en acides oxalique, malique, acétique, parle nitrique.

Esp. 3. Ulmînej trouvée, d'abord par M. Vauquelin, ensuite par Klaproth, dans une excrétion de l'orme, ulmus nigra , est solide, insipide, noire, brillante, très-soluble à l'eau , insoluble à l'alcool qui la précipite. L'acide nitrique la convertit en matière résinoïde , brune , insoluble à l'eau. Se trouve dans le liège et plusieurs autres végétaux, ôn sait que l'action de la potasse pure enlevant au bois de son «hydrogène et de son oxygène dans la proportion propre à faire de l'eau , réduit ce bois à l'état d'ulmine, selon les expériences de Bracoqnot. M. Vauquelin trouva. Fulmine combinée à la potasse dans l'ulcère sanieux des vieux ormes.

Esp. 4- Hordéine de Proust. Confondue avec l'amidon dans l'orge, dont elle fait 55 pour 100; poudre jaune , aride, comme ligneuse, insoluble à l'eau; donne des acides oxalique et acétique par le nitrique, mais paraît se transformer en amidon et sucre par la germination de l'orge, car elle ne s'y retrouve plus qu'à 12 pour 100; rend le pain d'orge mauvais. {Annal, chim, et phys., tom. V.> p. 337, s<f-) 9

La zèine est une matière analogue à l'hordéine. On l'a trouvée en petite quantité dans le maïs, zea mais. On peut l'extraire aisément en faisant digérer dans l'alcool chaud, pendant quelques heures, de la farine de maïs. On filtre, on évapore, la zéine reste.

Genre 11e. De la gomme, du muqueux.

Esp. 1 . Les gommes sont des corps solubles dans l'eau, non dans l'alcool, très-peu ou point dans les huiles; inodores, insipides et incolores ou transparens lorsqu'ils sont très-purs; brûlant en se boursouflant, et presque sans s'enflammer au feu; transformables en acide acétique par les acides minéraux, en oxalique par l'acide nitrique. Dissous dans l'eau, ils passent promptement à la fermentation acide. Les gommes contiennent de l'azote, selon M. Vauquelin, et du malate acide de chaux; sont susceptibles d'alimenter, surtout jointes au sucre. La gomme est composée de f\i parties de carbone, 7 hydrogène, 5i oxigène, environ, sur 100. Cependant la gomme adragante, plus opaque, plus glutineuse, moins soluble , paraît contenir plus de carbone que les gommes arabique ou de cerisier, de prunier, de diverses acacies, etc.

La viscosité de la gomme arabique est à celle de la gomme

6o GOMME, MUQUEUX.

adragante comme un est à vingt-quatre, selon nos remarques,

dans la même quantité d'eau.

La gomme adragante contient , selon Bucholz , 57 parties de gomme ordinaire , et 43 d'une matière plus épaisse dite adragantine, qu'on retrouve en d'autres gommes encore.

Les gommes donnent au feu de l'acide acétique qu'on appelle pyro-inucique; l'acide nitrique les réduit en acides mucique et malique et même oxalique. Elles sont solubles dans les alcalis,' et l'alcool les en précipite; il en est de même de l'adragante. Celle-ci est précipitée de sa solution aqueuse par l'acétate de plomb , les nitrate de mercure et hydrochlorate détain.

Esp. 2. Les mucilages très-abondans dans toutes les plantes, qui commencent même par l'état muqueux dans leur jeunesse, ressemblent plutôt aux solutions de la fécule dans l'eau chaude, qu'à la gomme proprement dite, et plusieurs caillebottent l'eau. Toutes les malvacées, tous les oignons des liliacées, les semences de lin, de psyllium, de thlaspi, de fenugrec, de coings, degrémil, de sésame, etc., en donnent de plus ou moins purs. Le salep se rapproche de même des mucilages, car il est formé de bulbes des orchis soumis à l'action de l'eau bouillante. Les lichen pulmonarius , phy sodés, prunastri, islandicus, glaucus , fraxineus , hirtus, caninus , farinaceus, caperatus, L.,les fucus, la nioussede Corse, forment,, par décoction, des gelées ou mucilages ( Amoreux, Mém. sur Lich. Lyon, 1787, pag. g5, etWiîlemet, HofFmann. Voyez aussi Berzélius, Analyse du lichen d'Islande.) On les emploie en médecine comme pectoraux, adoucissans. Plusieurs fremella et ulva, \enostoc, semblent n'être qu'un mucilage, mais qui contient aussi de la bassorine, comme je m'en suis assuré, car il devient opaque et concret dans l'eau chaude. Le muqueux des jacinthes est nauséeux et vomitif; celui de plusieurs fucus, purgatif.

On fait usage des gommes ou mucilages, soit en alimens, soit en boissons adoucissantes, soit pour les apprêts de plusieurs étoffes, des couleurs en détrempe, etc. . Esp. 3. Bassorine de MM. Pelletier et Vauquelin, paraît, selon nous, venir d'une plante grasse, comme la glaciale, mcsembryantJiemum cristallinum. Solide, demi-transparente, inodore, insipide; se gonflant à l'eau , sans s'y dissoudre; soluble dans l'acide nitrique faible et l'acétique, avec un résidu jaune ou blanc; l'alcool précipite une sorte de gomme de cette solution. La bassorine existe aussi dans l'assa-fœtida-, la noix

SUCRE. G i

vomkjue; donne de l'acide oxalique et non du muciquc par l'acide nitrique concentré. On en retire de divers cactus,

Esp. 4- Saccogommite , ou matière sucrée de la réglisse, remarquée par M. Robiquet, est solide, d'un jaune sale, peu soluble à l'eau froide, mieux à l'eau bouillante; forme une gelée par refroidissement. Soluble à l'alcool , n'est point fermentescible. On la précipite de la décoction de réglisse refroidie par un peu de vinaigre distillé. L'acide nitrique la transforme en matière jaune, visqueuse, transparente, résineuse, amère.

Esp. 5. Gelée 'végétale. Rob, sapa, défructum. Toutes les gelées de fruits, outre les principes extractifs, le ferment, etc. sont formées par une matière muqueuse ou gélatineuse, qui, concentrée, se coagule par le refroidissement, et qui contient diverses proportions de sucre imparfait, ou rendu tel par plusieurs acides végétaux. Les gelées de pommes, de coings, de groseilles, de framboises, d'abricots, font des confitures, ainsi que les robs de cerises, d'épi ne-vinette, de prunes, etc., si Ton y joint du sucre; mais le raisiné, le sapa ou défructum du moût de raisin ou vin cuit, est très-sucré par lui-même ; les robs de sureau et d'yèble, de nerprun, et ce qu'on nomme extraits de genièvre, de casse, de tamarins; diverses pulpes ou compotes de pommes, de pruneaux, de cynorhodon , présentent cette matière gélatineuse mucoso-sucrée , contenant plus ou moins de sucre cristallin. Elle existe de même dans le suc des racines de betterave, de carotte, des tiges de maïs , la mélasse , etc. L'alcool en peut séparer les cristaux de sucre , mais la gélatine végétale pure y est insoluble. Ce principe très- nourrissant , de saveur agréable d'ordinaire, plus ou moins laxatif, est acidulé; ne forme pas de la vraie gomme par sa dessiccation, mais peut passer à la fermentation alcoolique, car il recèle du sucre et du gluten ou ferment, et de là tourne à l'acide acétique. Trop de cbaleur lui ôte la propriété de se concréter en gelée.

Le principe muqueux qui se développe dans la germination des grains de blé, d'orge, etc.; celui qui entoure les fécules, surtout les sucs de melons, de concombres, de courges et potirons, et le muqueux de tous les fruits sucrés, constituent encore cette gélatine végétale qui est une transition de la gomme au sucre, par l'acte de la maturation. L'acide nitrique transforme la gelée en acide oxalique.

Genre me. Du sucre, et des substances saccharines. Esp. i. Sucre de canne. Ce sel, dit essentiel, d'une saveur

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