CALCULS ET CONCRÉTIONS
i° Des sels et concrétions calculeuses ; ±°des bézoards ; 3° des
acides animaux.
1° Les calculs urinaires , très-bien analyses par Fourcroy et Vauquelin, contiennent différens sels, et en diverses proportions, outre l'urée, qui est presque dans tous. Les uns se composent presque seuls d'acide urique, d'urée et d'urate d'ammoniaque; tels sont les graviers des reins, rouges comme la brique pilée. Ils descendent dans la vessie, où souvent ils deviennent le noyau de plus grosses pierres; eux seuls sont dissolubles par les lithontriptiques alcalins. Les calculs muraux , ou mamelonnés comme les mûres , sont de l'oxalate de chaux. Ces pierres causent, par leurs aspérités , les plus grandes douleurs. Leur couleur est brune ; elles sont très-dures et se décomposent difficilement. Les calculs de phosphate ammoniacomagnésien (matière perlée) sont poreux, légers, friables et blancs comme la craie. D'autres sont du phosphate de chaux , mêlé par couches avec le sel triple précédent. 11 en est qui contiennent de l'urate d'ammoniaque avec le phosphate de chaux, soit par couches séparées , soit mélangés. D'autres sont de l'oxalate de chaux et de l'acide urique; d'autres enfin réunissent plus ou moins de ces différens sels. Quelques-uns«contiennent même un peu de silice. M. Wollaston a trouvé des calculs composés d'une matière qu'il appelle oxyde cystique. Ils sont en cristaux confus, jaunâtres, demi-transparens, insipides ; distillés, ils donnent une huile fétide et des produits animalisés ; sont solubles dans l'acide hydrochlorique , nitrique, sulfurique, phosphorique, etc.; présentent alors des cristaux en aiguilles . divergentes ; paraissent être une substance moins oxygénée que l'acide urique. Une matière animale glutineuse forme le lien de ces molécules pierreuses ; aussi les peuples méridionaux , qui boivent beaucoup d'eau et d'infusions aqueuses , sont les moins exposés à ces calculs et aux maladies arthritiques. Les concrétions goutteuses sont surtout de l'urate de soude, de l'urate de chaux et de l'hydrochlorate de soude, etc. ( Voyez pag. 91.)
Le phosphate calcaire ou sursaturé d'acide, ou avec excès de chaux , est le sel le plus abondant de l'économie animale (»). Plus il abonde dans les tissus gélatineux où il se dépose , plus
(*) Les os contiennent aussi de la magnésie, selon M. Berzélius; ce que nient Fourcroy, Vauquelin, Hildebrandt, etc. On y trouve, en outre, des oxydes de fer et de manganèse. M. Morichini a , le premier, trouvé du fluate de chaux dans l'émail des dents ; ce qui a été confirmé par M. Gay-Lussac.
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il les rend durs. Il forme la charpente osseuse de tous les -animaux vertébrés. Celui des dents, surtout de leur émail ou partie corticale, est extrêmement dense et dur ; peu abondant dans le squelette de9 poissons cartilagineux? il le laisse mou et flexible. Les os des animaux âgés en contiennent plu* que ceux des jeunes; c'est pourquoi ils sont plus fragiles. Le bois ou corne de cerf, l'ivoire, contiennent dé ce phosphate calcaire, comme de véritables os* Si l'on mêle de la garance aux alimens des animaux, elle colore ce sel terreux en rouge, et Ton aperçoit que l'os s'accroît par couches* On fait des dents artificielles avec l'ivoire et surtout avec les défenses de la vache marine (trichechus). L'ivoire brûlé en vaisseaux clos, ou charbonné, ensuite porphyrisé, donne un beau noir velouté à la peinture. On blanchit tous les ospar l'eau de chaux. La coquille d'œufs, le test des orustacés, donnent plus de carbonate que de phosphate de chaux.
Les substances osseuses de animaux sans vertèbres sont presque toutes de carbonate de chaux dans une gélatine animale ; ainsi l'os des sèches, les coquilles d'huîtres et d'autres bivalves ou uni valves , la nacre et les perles, la cura] line et les coraux, ne présentent rien autre. îl y a cependant du phosphate dans le carbonate calcaire des concrétions dite* yeux d'écre» visses, ainsi que dans leur test ou coque. Les concrétions salivairesde plusieurs animaux contiennent du carbonate dechaux, de rhydrochlorate desoudeetdu phosphate dediaux^avecdel'albumine et du mucus. M. Lassaigne a rencontré aussi de la cholestérine dans Une conorétion du cerveau d'un cheval. Jl y a de l'oxalate de chaux dans l'hippomane de l'allantoïdede la vache.
*° La plupart des bèzoatds sont des calculs biliaires , ou intestinaux. Ceux-ci , nommés d'ordinaire becidentauœ, et moins estimes, sont des phosphates de châttX, d'ammoniaque et de magnésie. On en trouvé de très-gros dans les chevaux, les éléphang , les rhinocéros , etc. On n a guère employé que tîeux! du chamois OU ysard dtes Alpes (untiîèpe mpicapm L.), ou du bouquetin (cap fa ibex L.). Le sanglier', le niulety la vigogne ( camelus vicuna L.), le caïman ou crocodile d'Amôrique (cfioôùd* caïman Daudin), le boeuf, le ckrén, le castor, presque tous les antilopes ou gaueHes, les chèvres, le singe dôuc> etc\, en fournissent* ils cofttiemtèftt ftussi unê matière animalisée verdâtre , et sont formés par couches feuilletées , concentriques» sans stries cristallines dans leur fracture. Ils paraissent contenir de la cholestérine. On les imite avec les coquilles dliuïtres ou des yeux d¥écrevisses pulvérisés dans
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une eau gommée, avec un peu d'ambre gris ou de musc. Ces Lotilettes se'cliées se distinguent des vrais bézôards par leur déiaut de couches intérieures; elles ne forment pas une trace olivâtre sur du papier enduit de craie $ n'ont pas à l'intérieur un noyau ou quelque matière végétale; on les nomme pierre de Goa, ou de Malaca. Elles font effervescence avec les acides ; n'ont pas l'odeur et la saveur urineuse, et ne colorent point en vert la salive comme les vrâis bézôards,
Les bézôards orientaux, les plus estimés jadis, sont d'ordinaire des concrétions biliaires contenant de la choleslérine et étant de couleur olivâtre, quelquefois mus jués ( car la bile développai souvent l'odeur du musc), composés d'une matière ligneuse (0, soit avec la matière jaune de la bile, soit avec les carbonate ou phosphate de chaux ou de magnésie* Celui du porc-épic (piedra del porco des Portugais ) , vanté en a mulette contre la contagion, est musqué et résineux. La gazelle, l'antilope des Indes {antilope cervicapira L.), la chèvre sauvage (capra œgagrus L.), la plupart des ruuiinans à cornes creuses, et dont la chair est musquée, fournissent les meilleurs bézôards. Leurs égagropiles sont des boules de poil feutré* avalé. On nomme bézoard animal le foie de vipère desséché.
3° Les acides animaux sont, outre lephosphorique, V acétique ( donné par les fourmis , la chenille de la soie, les meloè ou proscarabées, les sauterelles , les punaises, .l'abeille, etc>> ou produit par un grand nombre de décompositions animales) j l'acide malique mêlé souvent au précédent; l'acide prussique ou hydrocyanique formé par la combustion ; le mucique, par l'oxygénation du sucre de lait, etc. ( Voyez Lait.) Ce qu'on nommait acides forniique, bombique, n'est que celui du vinaigre mêlé à des substances annualisées de même que lepyrozoonique uni à une huile empyreumatique. L'ac:de urique (lithkjue) appartient exclusivement aux animaux, constitue toute la partie blanche de l'urine des oiseaux; a été reconnu d'abord par Schèele en 1716; est peu soluble; forme des sels neutres solubles avec les alcalis. Est composé, selon Bérard, d'azote 3o, oxygène 19, carbone 33,6, hydrogène 8, 3. On le reconnaît à ses cristaux en paillettes, ou plutôt il présenta une poudre blanche, peu soluble à l'eau, insoluble à l'alcool ;
décomposé par le chlore; contient 1 parties de carbone sur r ,-.
(«) Berlhollct, If cm. Soc. (VArcueil, loin. H, pa-. 448 et suiv. Mais il y a (Tanties bézôards, examines par MM. Fourcroy cl Yautniclia, Annal. Jîiiscum d'hist. nat. , tom. IV, qui sont des concrétions intestinales, contenant une rôfcmc verte analogue à celle de la bile.