ET DES OPÉRATIONS PHARMACEUTIQUES
11 en est de beaucoup de sortes, indépendamment des préliminaires, comme le triage des meilleurs objets, la modification de leurs parties étrangères, ou le retranchement de celles qui seraient malsaines ou inutiles; Y excortication , ou écorce-
ADOUCISSEMENT, etc. i3i
ment, qui se fait pour la scille avec un couteau de bois(0; Yexacination, qui est Faction d'ôtcr les pépins (acini) et les noyaux des fruits, etc.
On nomme lotion ou ablution le lavage des objets, soit dans l'eau, soit dans le vin ou l'alcool. Ainsi les cloportes, les vers, se lavent dans un vin blanc qui leur ajoute quelque propriété de plus en se séchant. On lave dans l'eau les fécules, la magnésie, les terres bolaii es et les craies, les oxydes blancs ou le rouge hydrosulfuré d'antimoine (kermès minéral), l'oxyde de mercure (précipité blanc), celui de plomb demi-vitreux (litharge), le soufre sublimé (fleurs de soufre), pour leur ôter des sels ou des acides, ou d'autres substances étrangères solubles. On fait périr les cantharides à la vapeur du vinaigre. La térébenthine lavée, ou cuite dans l'eau bouillante , y perd une partie de son huile essentielle, devient opaque et plus solide. On bat avec un maillet, et on frotte entre les mains l'amadou ou le Jungus du bolet, pour l'amollir, le rendre propre à arrêter les hémorrhagies. Si on le trempe dans de l'eau de poudre à canon, et qu'on l'en frotte bien, on fait de l'amadou à prendre feu , étant sec.
Une autre préparation est celle de l'éponge fine; on l'humecte bien, on la découpe en morceaux plats, et on la soumet à la presse , ou on la lie fortement avec des cordes comme des carottes de tabac, afin qu'elle se dessèche sous un petit volume; ou bien on la trempe dans de la cire fondue, et on la comprime à la presse , en lui laissant un peu de cire. En ces états, on l'emploie en petits morceaux dans les plaies et cautères pour les dilater; car l'éponge s'y gonfle. !
De radoucissement et édulcoration.
On tempère la grande violence de plusieurs médicamens par p/jw divers moyens. L'oxyde vitreux d'antimoine protoxydé, pul- ' vérisé {poudre de Bellebat), trop violent émétique, se modère gÉBfr en le faisant chauffer avec de la cire, jusqu'à ce qu'il soit réduit en une poussière noire, charbonneuse, et que la cire brû- /filée ne fume plus au feu. Ce verre d'antimoine désoxydé ou 4 lé ciré devient quatre fois moins actif. Sa plus haute dose est de 4 à 5 grains.
L'âcreté de l'euphorbe s'adoucit en la dissolvant dans le suc de citrons; après l'avoir passé à travers un linge, on évapore le tout ; ou bien on poi phyrise l'euphorbe avec de l'huile d'a-
( ') Ce n'est pas qu'un couteau de fer l'empoisonne , comme on le croyait jadis , mais il la colore et noircit; car elle contient du tannin et de l'acide pallique.
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mandes douces , et l'on fait cuire cette pâte dans un coing ou un citron creusé. Mais ces préparations ne sont guère usitées , parce que l'euphorbe ne s'emploie plus à l'intérieur.
La scammonée de Smyrne surtout est un violent drastique ; sa poudre, nommée diagrhde 9 s'adoucissait autrefois, ou en la faisant cuire dans un coing, ou en la dissolvant dans le suc de coing ( diacrydium cydoniatum ), ou dans une forte infusion de réglisse (diac. glycyrrhisatum)9 ou enfin en l'exposant sur un papier gris à la vapeur du soufre enflammé (diacr. sulfuratum ) , et en l'agitant. Il est certain que les acides diminuent l'action de ces sucs âcres, gomma-résineux, et leur enlèvent une partie de leur odeur vireuse.
Le garou en est un autre exemple : on fait tremper son écorce dans le vinaigre, pour la séparer des tiges de thymelea, ou de mezereon, lorsqu'on la veut appliquer en vésiçatoire.
Souvent les seuls lavages édulcorent des fécules ou d'autres substances qui recèlent des corps âcres. On peut dire que divers excipiens ou menstrues tempèrent ou masquent les pro-
!>riétés trop désagréables ou nuisibles au goût ; ainsi le miel, e sucre rendent les saveurs plus agréables dans les sirops, les conserves, etc. , la manne, l'acide des tamarins adoucit ce que le sené a de nauséabond; d'autres substances s'adoucissent par la cuisson, la torréfaction, l'oxydation, la fermentation saccharine ou maturation, etc. La simple dessication diminue beaucoup l'âcreté de l'arum, du raifort et d'autres racines.
Le lavage dans leau bouillante enlève considérablement de lacreté aux huiles rances, sans leur ôter toutefois leur odeur. Ce procédé est nécessaire surtout pour priver l'huile de ricin de sa propriété drastique. L'alcool, une eau un peu alcaline, enlèvent plus facilement que tout autre moyen la rancidité des huiles.
La térébenthine qu'on fait bouillir dans l'eau dégage son huile volatile, et alors, en s'épaississant , elle peut se prendre en pilules ( Voyez aux Pilules). On peut en faire autant pour le baume de Copahu, celui du Canada etles autres résines contenant des huiles volatiles.
La fleur de soufre ( soufre sublimé ) doit être bien lavée à l'eau bouillante, pour lui enlever l'acide sulfureux qu'elle recèle habituellement.
1° De Indivision; \l°de la pulvérisation; 111° de la pulpation.
Ce sont diverses espèces de disgrégation des corps : 1° la division s'opère, ou par la simple çomminution, ou par incisiony
DIVISION, etc. i33
ou par sciage, ou par rdpation, limation, etc, avec des couteaux, ciseaux, haches, serpes, scies, râpes, limes, etc. On incise les bois, les racines; on scie les cornes, les os; on râpe les fruits, les racines tubéreuses; on lime les métaux, les os, les matières cornées, etc. L'excortication de Forge (orge monde') et des autres semences s'opère par un moulin qui les froisse sans les écraser.
II0 La pulvérisation 9 moyen très-employé, se pratique de cinq ou six manières, selon la nature des corps secs qu'on y soumet : i° c'est, ou par contusion dans un mortier, à l'aide d'un pilon dont on frappe les corps ligneux, fibreux, les sels, etc. Il est utile dans ce cas d'inciser d'abord les racines, les bois, de dessécher les feuilles, les fleurs, les graines farineuses; 2° ou par trituration pour les matières friables, gommeuses ou résineuses, ou extracto - résineuses, etc. , susceptibles de s'échauffer , de s'agglomérer en masse par une percussion violente. Il est nécessaire alors de maintenir le mortier froid, ou de n'opérer ces pulvérisations qu'en hiver. La trituration se fait en promenant circulairemcnt le pilon dans le mortier. Les gommes doivent être d'abord desséchées, ainsi que les substances animales non grasses.
Lorsque les corps à pulvériser contiennent des parties hétérogènes, on doit user de divers moyens pour en séparer les produits. Ainsi, l'écorce résineuse de ripécacuanha se détache par trituration de la partie ligneuse, ou meditùllium , qui ne se pulvérise que par percussion, et qui est bien moins vomitive. Les premiers produits sont donc les meilleurs. Il faut donc en effet rejeter la partie purement ligneuse. Au contraire, dans les quinquinas, l'épiderme et le corps ligneux se pulvérisent plus projnptement que la substance extracto-résineuse; ainsi, leur seconde poudre estjta plus active; elle contient plus de matière résinoïde dans laquelle existent surtout la quinine et la cinchonine. Dans la pulvérisation des tiges et des feuilles, la partie fibreuse, inerte, est la dernière à se réduire en poudre. Le mélange de la première et de la dernière portion est nécessaire pour avoir un produit égal du tout.
En général, comme la plupart de ces poudres perdent de leurs vertus à la longue, il n'en faut préparer que peu à la fois. La vanille se pulvérise avec du sucre 3 parties. Les bois tels que le gayac, doivent être d'abord râpés, pour se bien pulvériser; il en est ainsi des santaux, du sassafras, etc. Les bulbes de Salep seront lavés à l'eau chaude, puis desséchés promptement avant d'être mis en poudre; il en est ainsi du riz, qui , sans cela, sauteroit trop de dessous le pilon.
i34 DIVISION, etc.
Dans toute pulvérisation , il s'élève une poussière plus ou moins abondante, selon la légèreté des matières, et qui quelquefois incommode beaucoup le pileur, surtout s'il pile des corps acres et irritans , tels que l'euphorbe, les cantbarides, l'arsenic, etc. Le seul moyen pour prévenir ces inconvéniens et la perte, est de couvrir d'une peau large le mortier, de manière que le pilon y puisse agir librement. L'addition d'un liquide, ou de corps oléagineux pour retenir ces poussières, comme on l'a proposé, a l'inconvénient, ou de disposer, la poudre à moisir par l'humidité, ou à s'imprégner d'odeur rance par l'huile. Le camphre se pulvérise à l'aide de quelques gouttes d'alcool.
On remarque que le soufre, les résines, étant électriques par frottement, s attachent autour du mortier métallique où on les triture. La gomme adragante doit être très-desséchée et pulvérisée dans un mortier de fer chauffé; on rejette la première poudre comme moins bonne.
Il y a des semences qui, contenant de l'huile, forment une pâte lorsqu'on les veut pulvériser. Il convient de les joindre au sucre bien sec, pour faciliter leur division; car le sucre s'imbibe de la portion d'huile qui agglutinait leurs parties.
La tamisation ou cribration est la séparation des molécules les plus déliées des corps qu'on pulvérise en les faisant traverser un tissu plus ou moins séné, de soie ou de crin , etc. ; les cribles ont des mailles fort larges, et servent à séparer des semences entières de diverses grosseurs. Plus on met de matière dans un tamis et plus on l'agite en le frappant, plus on force de grosses molécules à passer. Le moyen de bien mélanger diverses poudres est de les tamiser ensemble, pourvu qu'elles ne soient pas de pesanteur trop différentes, car les plus légères passeraient moins vite.
DIVISION, etc.
Des déchets qu éprouvent diverses substances par la pulvérisation ,
d'après M. Henry.
DENOMINATION.
Ipécacuanha
Jalap
Rhubarbe:
Scille
Quinquina
Gomme arabique. . . .
adraganle . . .
Cannelle
Scammonée.' . . .
Cantharides
Hydrochlorate d'ammoniaque.
Surtartrale de potasse, ou
crème de tartre . . .
Autimoine sulfuré. . . .