I- o CONSERVATION
câprier, du genêt, etc., se conservent de la même manière. La sçiier-kraiit se fait avec des choux découpés menu, soumis, avec du sel par coUches, à une fermentation acide spontanée, et dont l'acidité (zumique) les conserve. On y ajoute ensuite quelques aromates, comme des baies de genièvre. Lorsqu'on lave ces choux fermentés, pour les manger, il s'en dégage beaucoup d'hydrogène sulfuré (0.
Les condimens gras servent pour priver les corps de tout contact de l'air. Dans l'Archipel, oii conserve ainsi sous le beurre des cailles crues prises au temps de leur passage. Le thon, le saumon, se conservent sons l'huile d'olives. On a soin de bien luter avec du plâtre les jointures des vases, car Inuile se rancirait par l'air. Les foies de volaille se conservent sous la graisse. Les truites perdent, âu bout de tjuelque temps, une partie de leur eau de végétation sous 1 huile d'olives. Les odeurs très - fugaces , de jasmin, de tubéreuse, des liliace'es, se retiennent mieux par les huiles fixes que par tout autre excipient.
4° Conservation par les spiritueux.
Avant de confire dans l'eau-de-vie les prunes , les abricots , les cerises, les pêches, fruits qu'on doit prendre avant leur maturité parfaite, il*faut les faire macérer pendant quelques heures dans une eau un peu alumineuse ou séléniteuse (sulfate de chaux), qui les raffermit et ôte la mucosité de leur épiderme. On ajoute 5 parties de sucre sur 3 a d'eau -de- vie. Celle-ci s affaiblissant par le suc des fruits, il convient de la prendre au moins à 22°.
Les animaux et même les fruits, qu'on veut long-temps garder comme curiosité naturelle, doivent être dégorgés d'abord dans une eau plus fortement alumineuse; et plongés ensuite dans de l'alcool à 2 8° au moins; lorsqu'il s'est affaibli et coloré, il faut le changer.
5° Conservation par oxydation.
La solution de deutochlorure de mercure on de sublimé corrosif produit une sorte d'oxydation dans les substances animales qu'elle pénètre. M. Chaussier met macérer des corps dans cette solution de sublimé, qui passe à l'état de calomèlas (proto chlorure); la chair devient imputrescible, inattaquable ■» — 1
t1) Des fruits entiers gardés sons du gaz acide carbonique, tels que cerises, raisins, pommes et poires, de. , passent spontanément à la fermentation alcoolique, et on en peut retirer de l'alcool par la distillation. (Duinont, AnnuL Chim. cl Phys. , tom. X , pag. 5o. )
TANNAGE, EMBAUMEMENT, etc. 17 ï
aux insectes, et dure à l'air. On a conseille*, de même, de macérer la chair dans de l'eau imprégnée d'acido chlorique. La surface de ces chairs blanchit, mais leur odeur putride disparaît sur-le-champ. Au reste, .ce moyen convient peu pour celles qu'on destine à être mangées. Cet acide détruit d'ailleurs les couleurs fugaces. La vapeur du soufre brûlant, ou l'acide sulfureux, est encore très-usitée en beaucoup de circonstances, quoiqu'elle ronge aussi les couleurs. Mais lorsque la surface des corps végétaux s'est durcie en se combinant à l'oxygène, elle* ne s'altère presque plus. On mute les vins ou le moût par la combustion d'une mèche de soufre dans les tonneaux. Le vin est rendu muet, ou ne tourne point à l'acide, parce que son gluten ferme ntescible estprécipité par l'oxydation du soufre. De même en soumettant a la chaleur du bain-marie les sucs de groseilles ou de berbéris, on coagule leur gluten, et ils ne tendent plus à fermenter. On mute aussi au moyen de l'hydrosulfate de chaux et du sulfite sulfuré de cette basse. Voyez tom. II, aux Sulfites.
6° Du tannage , de l'embaumement , et des aromates.
C'est principalement pour la conservation des animaux que s'emploient ces moyens. On tanne les cuirs en ramollissant d'abord dans l'eau les peaux fraîches , en les dégraissant .et débourrant par une lessive de chaux ou d'alcali, et en les plongeant dans une solution de tannin ou dans la poudre du tan qui se combine à la gélatine et à l'albumine de ces peaux , et les rend imputrescibles ( Voyez les Mém. de Séguin j Ahn. Chim., tom. XX, p. 18, sq. et la méthode de Macbride).Dans la mégisserie du chamois, du buffle, pour gants, culottes, etc., on enlève seulement la gélatine par une longue macération de la peau dans l'eau, après l'avoir passée et débourrée à la chaux. Ensuite l'eau, avec de l'acide sulfurique (2 ou 4 millièmes), rend cette peau, qu'on y macère, imputrescible. Passée à la chaux seulement, raclée et desséchée ensuite, la peau fait le parchemin. Si l'on imprègne de suif des peaux épaisses et mégissées , c'est l'hongroierie ; elle les rend souples et tenaces. Les cuirs trop peu tannés se ramollissent à l'eau; trop tannés et desséchés, ils se détruisent et sont brûlés. On rend le cuir imperméable à l'eau en l'imprégnant de suif, et l'on corroie avec des huiles grasses les cuirs à demi tannés.
L! embaumement conserve les cadavres par trois moyens: ou par un tannage, ou par des résines et des aromates, ou par des sels et des substances propres à éloigner les insectes.
Les anciens Egyptiens embaumaient leurs morts par des pro-
172 TANNAGE, EMBAUMEMENT, etc.
cédés analogues, selon Hérodote (*). Le cadavre, vidé et lave' avec du vin de palmier, était farci de poudres aromatiques de cannelle et de myrrhe (point d'encens), et macéré pendant 70 jours dans une solution de natron (soude carbonatée). Ensuite on le lavait, on l'enveloppait de bandelettes de toile de lin , imprégnées d'une résine dite commi. Une" méthode moins dispendieuse consistait à injecter dans les intestins la cédria, huile empyreumatique du cèdre de Phénicie, ou du juniperus phœnicea L. (Voyez aussi Galien, de facultatib. Sun pl. med.y I. VII ), qui dissolvait les intestins pendant les 70 jours de la macération du cadavre dans le natron. L'on faisait sortir alors la cédria du ventre. Il est nécessaire de réduire en savon les
Î parties du corps susceptibles de le devenir, par macération dans es alcalis. Elles forment avec eux uite sorte de corps gras qui se conserve bien. Au reste le climat sec d'Egypte conserve trèsbien les cadavres , de même que les catacombes de Toulouse. Les momies salées des Egyptiens sont remplies de pissasphalte ou poix et asphalte; leurs traits sont déformés.
La poudre pour embaumer Louis XIV s'est faite avec tan 26 parties; aloès , myrrhe, asphalte, àa 1 partie; racines de souchet, d'iris de Florence, de valériane, d'aristoloche ronde, de gentiane, d'angélique, d'impératoire , de gingembre, a~a 4 parties; ladanum , poivre noir, petit cardamome, feuilles de scordium, d'absinthe, de thym, de marrube blanc, d'hyssope, âa 3 parties. Le corps, bien épongé, vidé, lavé avec l'alcool , et étuvé d'huile de lavande, a été oint ensuite de baume du Pérou. Puis on l'a saupoudré à l'extérieur d'une poudre faite de benjoin, storax, encens, myrrhe, aloès, ladanum, asphalte, sandaraque, tacamahaca, iris de Florence, bois d'aloès, a~a 2 parties; ci' écorces d'oranges, de sommités de marjolaine, thym, romarin, lavande, pouliot, a'a 1 partie; girofle et cassia lignea, aa Y* partie. Enveloppé enfin'd'une toile cirée, le corps a été enfermé dans un cercueil de plomb. Mais tout cela peut être beaucoup simplifié et réduit au tannage avec l'action des alcalis, comme l'a remarqué Rouelle. (Voyez son Mém. sur les Momies, dans ceux de YAcad. des Sciences, 1750.)
Pour conserver les animaux qu'on empaille, on se sert du savon arsenical de Bécœur. Il se prépare avec savon et oxyde blanc d'arsenic aa ôi parties, souscarbonate de potasse (sel de tartre) 12 parties, camphre 5 parties , chaux vive 4 parties. On fond au feu le savon avec un peu d'eau ; on y ajoute l'alcali et la chaux, ensuite l'arsenic en poudre ; enfin le camphre, di-
(*) Histor. Euterp. , lib. a.
MOMIFICATION, etc. r73 visé par l'alcool, s'y mêle dans un mortier, et à froid. Ce savon s'applique, délayé en bouillie, avec un pinceau; il écarte tous les insectes. On a conseillé encore la vapeur du soufre, mais elle décolore et détruit les matières animales; l'huile volatile de térébenthine et celle de cajeput, le naphte, éloignent aussi les insectes destructeurs et la putréfaction. Plusieurs résines ne conservent qu'en formant un vernis qui défend les corps de l'action de l'air. Les momies du commerce sont des cadavres imprégnés d'asphalte et desséchés au four. On s'en sert comme d'appât pour prendre les poissons.
70 Delà momification naturelle hors du contact de l'air.
Les œufs bien couverts de cire, ou de vernis, ou de plâtre durci , se conservent sains pendant plusieurs années. On sait que des hommes, surpris, dans les déserts de la Libye, par des vents chargés d'un sablon sec et fin , ont été trouvés desséchés et conservés en momies naturelles. Les plantes grasses ou succulentes qu'on ne peut mettre dans les herbiers, se dessèchent de même dans le sablon pur, sec, et avec la chaleur. Elles peuvent encore reténir leurs formes naturelles par ce moyen. Les cadavres enfouis sous terre, sans air, dans un sol crayeux et absorbant , s'y dessèchent en matière blanche , savonneuse (corps gras avec ammoniaque). Telles sont sou- i ^ vent les reliques des corps saints. On a trouvé de ces cadavres à Toulouse, chez les cordeliers, et dans les catacombes de Rome. «
Plusieurs graines stratifiées dans un sablon frais et humide, y conservent pendant long-temps leur faculté végétative. On fait ainsi passer la zone torride, sans altération, aux semences et aux fruits les plus délicats.
La chair peut se conserver fraîche pendant long-temps dans la poussière de charbon, et sous le chlore aussi ; il suffit de la laver ensuite dans de l'eau acidulée. Les raisins les plus beaux, cueillis sans être froissés, peuvent se garder dans des caisses bien closes et sans contact de l'air, dans un lieu frais et sec; ou bien on les plonge dans une bouillie faite de cendres et d'eau. Etant bien enduits, on les recouvre de cendres sèches, et on les place dans des boîtes en lieu frais. Pour les manger très-frais, après plusieurs mois de conservation, on les lave dans de l'eau. Les graines, les fruits se peuvent très-bien conserver sous le miel, qui empêche le contact de l'air, et ces végétaux peuvent ensuite germer ou se développer sans altération. On les transporte aussi* dans de la cassonade sèche, mais non dans
i74 MIXTION DES MÉDICAMENS, etc.
celle qui contient de la mélasse, dont Facilité fait rancir plusieurs graines (0.