ACIDE CITRIQUE
L'acide citrique a pour formule Cls H5 011. Il est tribasique. Il y a des citrates CT+3MO, CT+2MO, Aq et Cî + MO, 2Aq. L'acide citrique cristallisé est Ci -f- 3Aq -f- 2Aq ; c'est-à-dire, qu'il contient 3 pp. d'eau basique et 2 pp. d'eau de cristallisation qù'il perd à-j- i00°. . L'acide citrique cristallisé médicinal est solide, blanc, incolore, inodore, d'une saveur excessivement aigre. Il cristallise en prismes rhomboïdaux, terminés par quatre faces trapézoïdales ; il se dissout dans les trois quarts de son poids d'eau froide et la moitié de son poids d'eau bouillante; il est soluble dans l'alcool ; il précipite la baryte et
non la chaux de ses dissolutions, ce qui le distingue de l'acide tartrique. En ajoutant à l'eau de chaux quelques gouttes d'acide citrique, on a une liqueur claire qui se trouble par la chaleur et donne une poudre blanche soluble dans les acides ; en outré , les bicitrates des alcalis sont très-solubles, tandis que les bitartrates le sont fort peu. , « Pour obtenir l'acide citrique, on commence par préparer du ci trate de chaux ; à cet effet on met, dans un vase en grès ou dans un baquet de bois blanc, si l'on opère sur des masses considérables, du suc de citron clarifié par la fermentation ; on y fait tomber de la craie en poudre, qui donne lieu à une effervescence trèsvive et à la formation de citrate de chaux insoluble. Quand la liqueur est presque saturée, on achève la saturation avec de la chaux vive, parce qu'on éprouverait quelque difficulté à la terminer avec la craie. On pourrait faire l'opération à chaud et la terminer avec la craie ; alors il faudrait opérer dans une bassine d'argent ou de plomb.
On sépare le liquide qui surnage le citrate de chaux, et on lave celui-ci à l'eau bouillante à plusieurs reprises et avec le plus grand soin, jusqu'à ce que l'eau en sorte incolore et limpide; c'est une condition essentielle pour réussir dans les opérations ultérieures.
Le citrate de chaux bien lavé et encore humide est brassé dans un vase en plomb avec de l'acide sulfurique concentré étendu de 6 parties d'eau. Les proportions sont de 9 parties d'acide sulfurique pour chaque 10 parties de craie qui ont été employées à la saturation (ce sont les proportions employées par les fabricants anglais). On verse sur le citrate le mélange d'acide sulfurique et d'eau, au moment où il vient d'être fait, pour profiter de la chaleur qui résulte de la réaction de l'eau sur l'acide. Il est important, quand on ajoute l'acide, de brasser fortement, car il pourrait arriver que le citrate de chaux se prît en grumeaux durs que l'acide ne pourrait pas pénétrer.
Au bout d'une dizaine de jours , l'acide citrique est tout entier éliminé ; on étend d'eau chaude, on sépare les liqueurs par décantation ; on lave le précipité à l'eau chaude à plusieurs reprises. On commence l'évaporation à feu nu dans des bassines de plomb jusqu'à ce que la liqueur marque 25° ; on laisse refroidir, et on passe sur un linge pour séparer le sulfate de chaux qui s'est déposé ; on le lave avec une petite quantité d'eau froide que l'on ajoute aux autres liqueurs ; on continue l'évaporation au bain-marie jusqu'à ce qu'il se
fasse une pellicule à la surface. On laisse cristalliser dans la bassine même, ou bien l'on porte à cristalliser à Fétuve dans des cristallisoirs de faïence.
On purifie l'acide en le faisant dissoudre de nouveau et le faisant cristalliser à plusieurs reprises.
Les eaux mères fournissent des cristaux par la concentration ; mais une fois qu'elles sont fortement colorées, il vaut mieux les étendre d'eau, et les transformer de nouveau par la craie en citrate calcaire.
Quand les liqueurs d'acide citrique contiennent du citrate de chaux en dissolution, il les empêche de cristalliser. L'acide sulfurique doit être en léger excès. On reconnaît sa présence dans l'acide citrique par le chlorure de baryum qui forme un précipité de sulfate de baryte, insoluble dans un excès d'acide.