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TABAC

Le Tabac est la Nicotiana tabacum (Solanées). Il contient, suivant l'analyse de Posselt et de Reimann : h. — v* édition. «

Nicotine ; nicotianine ; extract if ; gomme ; chlorophylle ; albumine végétale ; gluten ; amidon ; acide malique; citrate et malate de chaux.

La nicotine est un alcaloïde spécial qui existe dans la plante à l etat de malate ou de citrate. — Elle ne contient pas d'oxygène ; sa formule est C° H** Az*.

La nicotine, étudiée d'abord par Posselt et Reimann, l'a été depuis par MM. Boutron et Henry, et par M. Ortigosa et M. Barrai.

La nicotine a été trouvée dans les feuilles de tabac, fermentées ou non, et dans les racines de la plante. C'est une base alcaline puissante et un poison des plus violents. Elle est ordinairement liquide, transparente, huileuse ; mais elle laisse déposer, par évaporation dans le vide, de petits cristaux blancs que l'on peut à peine recueillir, tant ils sont déliquescents. La nicotine n'a pas sensiblement d'odeur à froid; celle-ci se développe quand on la chauffe. Elle fournit des vapeurs excessivement acres qui ont l'odeur propre du tabac ; sa saveur est âcre et caustique ; elle produit une sorte d'engourdissement de l'arrière-bouche. Elle est volatile. Elle bout à 250°. La lumière l'altère assez promptement et la colore en brun ; cet effet se produit plus rapidement encore sous l'influence des alcalis. Elle donne une solution transparente avec la moitié de son volume d'eau ; une dose d'eau plus forte trouble le mélange. Elle est très-soluble dans l'alcool, l'éther, les huiles fixes et volatiles. Elle sature très-bien les acides. C'est une base puissante dont la capacité de saturation est telle que 100 parties saturent environ 5 parties d'acide sulfurique réel. Les sels de nicotine sont crisiallisables, déliquescents, solubles dans l'eau, dans l'alcool et dans l'éther ; les alcalis et le tannin les précipitent. Quand on chauffe leur dissolution, ils perdent une partie de leur base et se transforment en sels acides à la manière des sels ammoniacaux.

Pour obtenir la nicotine, M. Schlœsing donne le procédé suivant: On évapore l'infusion de tabac jusqu'à ce qu'elle se prenne en masse. L'extrait encore chaud est agité avec un volume égal au sien d'alcool à 36°. Il se fait un dépôt noir en grande partie composé de malate de chaux et une liqueur très-colorée. On transforme celle-ci en un extrait sirupeux qu'il est ordinairement bon de soumettre à un deuxième traitement par l'alcool ; cet extrait encore tiède est traité par une dissolution de potasse ; on laisse refroidir, et l'on agite avec de l'éther qui dissout la nicotine. On verse peu à peu dans la dissolution éthérée de l'acide oxalique en poudre. H se fait de l'oxalate de nicotine qui ne tarde pas à se réduire en gouttelettes qui se réunissent au fond du vase en un liquide sirupeux. On le lave à plu-

sieurs reprises par de l'éther. Alors on ajoute de la potasse pour décomposer l'oxalate de nicotine et Ton reprend par de l'éther. On chasse l'éther à la température de l'eau bouillante, mais cette chaleur devient bientôt insuffisante ; alors on expose pendant un jour entier dans un bain d'huile à une température de 140°, en ayant soin de balayer la cornue par un courant d'hydrogène sec. Alors on peut élever la température à 180°. La nicotine distillée est incolore et pure.

La nicotine existe à l'état de combinaison dans la plante, qui en contient de 4 à 12 p. 1000. Le tabac fermenté en contient moins, quoiqu'il soit plus odorant ; c'est qu'une partie de la nicotine a été détruite par la fermentation ; mais l'ammoniaque qui s'est formée a mis en liberté une partie de la nicotine, dont l'odeur se fait sentir, surtout à l'aide de l'ammoniaque qui lui sert de véhicule.

Le tabac Havane contient 2,00 de nicotine, le tabac Maryland 2,3, le tabac de Virginie 0,9, le tabac d'Alsace 3,2, le tabac du Pasde-Calais 4,9, celui du Nord 6,6, celui du Lot 8.

La nicotianine, d'après les observations de MM. Henry et Boutron, est une espèce d'huile volatile solide qui ne parait avoir aucune influence sur les propriétés du tabac. Elle doit les propriétés qu'on lui a attribuées à son mélange avec de la nicotine.

On emploie en médecine le tabac qui a subi une fermentation. C'est un médicament extrêmement âcre, fort dangereux, qui peut même agir à la manière des substances corrosives ; en poudre, on s'en sert comme sternutatoire ; on l'ordonne en fumigations dans le rectum chez les noyés; on l'administre en lavements à la dose de 2 à l grammes dans la paralysie, la léthargie ; à l'extérieur c'est un remède populaire pour guérir la gale et les dartres.

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