II. — BICARBONATE DE SOUDE
( Carbonate de .<md« «*turé. )
NaO, 2C0» + Aq.
Le bicarbonate de soude cristallise en prismes rectangulaires; mais il se présente ordinairement sous forme d'agglomérations opaques composées d'une multitude de petits cristaux transparents; sa saveur est faiblement alcaline ; 100 parties d'eau dissolvent 8,95 parties de bicarbonate de soude à zéro, 40,04 parties à 40<> et 14,45 parties à 20° ; l'eau bouillante le transforme en sesquicarbonate et en acide carbonique ; par une ébullition longtemps prolongée, il repasserait tout entier à l'état de carbonate simple.
La préparation de ce sel est fort simple; il s'agit de soumettre du carbonate de soude ordinaire cristallisé à l'action d'une atmosphère d'acide carbonique. Ce procédé, indiqué par R. Smith, est le meilleur que l'on puisse employer.
Je me sers avec avantage de l'appareil que j'ai décrit pour la préparation de bicarbonate de potasse, page 493. La seule différence est que la fontaine E porte, à quelques pouces de son fond, un diaphragme percé ou un grillage ; le tube qui amène le gaz carbonique
doit s'élever jusque vers ce diaphragme, afin qu'il ne puisse être obstrué par le liquide qui s'écoule des cristaux et qui va gagner le fond du vase. On place sur le diaphragme le carbonate de soude cristallisé, cassé par morceaux ; on en remplit entièrement la fontaine ; on ferme l'appareil et l'on fait arriver l'acide carbonique. 11 est bon ici encore d'établir d'abord un courant rapide qui chasse des vases tout l'air atmosphérique. On fait arriver l'acide carbonique jusqu'à ce qu'il cesse d'être absorbé. Alors on ouvre l'appareil et l'on fait sécher le sel.
L'acide carbonique pénètre jusqu'au centre des cristaux, et les convertit en bicarbonate sans changer en apparence leur forme première ; seulement ils deviennent opaques. S'il restait dans l'intérieur quelque partie qui eût conservé sa transparence, ce serait une preuve que l'action du gaz carbonique n'aurait pas été continuée assez longtemps. •
Comme le carbonate que l'on emploie contient beaucoup plus d'eau que le bicarbonate qui se forme, cette eau s'écoule, à mesure de la transformation, en une dissolution saturée qui vient occuper le fond des vases : voilà pourquoi on place le sel sur un diaphragme percé et soutenu à une certaine hauteur. Ce qu'il y a encore d'avantageux dans cette opération, c'est qu'en se servant d'un sel de soude souillé de sulfate de soude et de sel marin, on obtient cependant un bicarbonate pur, parce que ces sels étrangers sont entraînés avec l'eau de cristallisation.
On s'est servi encore d'un procédé où l'on fait usage de carbonate d'ammoniaque, comme je l'ai indiqué pour le carbonate de potasse. Le produit est du sesquicarbonate et non du bicarbonate de soude.
Le bicarbonate de soude peut s'obtenir comme produit secondaire dans la préparation de l'acétate de soude. ( Voy. Acétate de potasse).
La pureté du bicarbonate de soude se reconnaît jtar les mêmes réactifs que j'ai indiqués pour le bicarbonate de potasse, savoir : le sel de baryte, celui d'argent et le sulfate de magnésie.