HYDRATE DE PEROXYDE DE FER
Hydrate ferrique.
Fe*08 + 2Aq.
L'Hydrate ferrique, d'après l'analyse de M. Lefort, contient 48,4 p. 100 d'eau. *
Pour obtenir cet hydrate, on doit opérer de la manière suivante :
Dans une dissolution étendue de perchlorure de fer, obtenue au moyen de l'acide chlorhydrique et de la pierre hématite ( Voy. Chlorure ferrique), on verse un excès d'une dissolution de bicaïbwiate de potasse, on lave le précipité un grand nombre de fois avec de l'eau pure et froide et on le conserve sous forme de bouillie claire dans des vases fermés.
En précipitant l'oxyde de fer par la potasse ou la soude, en excès, l'oxyde de fier retiendrait en combinaison une portion de l'alcali; si l'alcali n'était pas prédominant, le précipité serait un sous-sel. L'oxyde, précipité par l'ammoniaque, retient aussi un peu de cet alcali ; mais celui-ci ne nuit en rien à l'effet médicamenteux. Il vaut mieux cependant avoir recours au bicarbonate de potasse.
On peut également se servir du sulfate de fer de la manière suivante:
On met dans une bassine de fonte, ou mieux dans une capsule de grès ou de porcelaine, I kilogramme de sulfate de fer, exempt de cuivre, avec 1 litre d'eau et 200 grammes d'acide sulfurique concentré. La capsule doit être tout au plus remplie à moitié ; on porte à l'ébullition et l'on ajoute par petites quantités, et à des instants très-rapprochés, de l'acide nitrique du commerce, jusqu'à ce que la dernière affusion ne donne plus lieu à un dégagement de vapeurs rutilantes; on retire la capsule du feu; on étend la liqueur avec 20 à 30 fois son poids d'eau froide, et l'on précipite par du bicarbonate de potasse en excès ; on lave le précipité un grand nombre de fois avec de l'eau pure froide, et on le conserve sou6 forme de bouillie claire dans des vases fermés.
La première partie de l'opération a pour effet de changer le protosulfate de fer en sulfate de peroxyde ; l'acide sulfurique est ajouté pour que le sel conserve son état de neutralité ; en effet, à mesure que le fer prend plus d'oxygène, il ne trouverait plus assez d'acide pour le saturer, et il formerait un peu de sulfate basique qui se déposerait ; la présence d'un excès d'acide nitrique n'empêcherait pas complètement cette précipitation. L'excédant d'acide sulfurique
est suffisant pour satisfaire à l'augmentation de capacité de saturation du fer, et tout est converti en sulfate neutre de peroxyde, qui est un sel extrêmement soluble.
Dès que les affusions d'acide nitrique commencent, chacune d'elles est accompagnée d'un dégagement abondant de vapeurs nitreuses, et la liqueur prend une couleur foncée. On est assuré que tout le fer est à l'état de peroxyde quand l'acide nitrique ne produit plus de vapeurs rutilantes dans la liqueur bouillante.
L'hydrate de peroxyde de fer peut être desséché à la température ordinaire sans éprouver de décomposition ; mais celui que l'on emploie en médecine doit être conservé humide, il est destiné à servir de contre-poison à l'acide arsénieux. Il se combine avec lui et forme un arsénite basique qui n'est nullement vénéneux ; mais cet effet ne se produit bien qu'autant que l'on présente à l'acide arsénieux le peroxyde de fer dans l'état gélatineux et de faible cohésion, qu'il ne possède qu'autant qu'il est pris encore à l'état humide, tel qu'il a été précipité au milieu de l'eau.
Le pharmacien doit avoir toujours, préparé à l'avance, de l'hydratejj, de peroxyde de fer en bouillie. Mais il est bon de s'assurer de temps en temps s'il n'a pas changé; car M. Wittstein a vu cet hydrate devenir à la longue cristallin en perdant la moitié de son eau. En cet état il est moins propre à précipiter l'acide arsénieux.
Cet hydrate a perdu du reste beaucoup de son importance, depuis que M. Bussy a démontré que la magnésie était aussi efficace ; on a toujours celle-ci sous la main, et son administration est moins désagréable pour le patient.
En outre de son usage comme antidote, l'hydrate de peroxyde de fer sert à la préparation de quelques sels ferriques. y
On trouve dans le commerce des sulfates de fer qui contiennent de l'arsenic, et qui donnent un hydrate de peroxyde de fer qui en contient aussi. Il faut alors soumettre préalablement le sulfate de fer à une purification. Le procédé suivant, donné par M. Legripe, réussit bien. On dissout le sulfate de fer dans l'eau et on fait passer pendant longtemps un courant d'hydrogène sulfuré ; on filtre, on chauffe pour chasser l'excès d'hydrogène sulfuré et I on filtre. On traite alors ce sulfate de fer purifié a la manière ordinaire. MUnt* gène sulfuré donne un précipité de soufre parce qu'il ramène a frétât de protoxyde, le peroxyde de fer qui faisait partie du sulfate^ajj: outre, il précipite l'arsenic à l'état de sulfure, mais, comme les sulfures d'arsenic sont solubles par un excès d'hydrogène sulfuré, il faut éliminer celui-ci; les sulfures arsenicaux se séparent alors jus-
qu'à la dernière particule, car ils sont complètement insolubles dans la dissolution de sulfate de fer.