CHLORURE D'ANTIMOINE
(Chlorure entimooique, Muri.te dWiœoine, Beurre d .ntimoi-e.
SbCl»
Le Chlorure d'antimoine SbCI3 est solide, blanc, demi-transparent, excessivement caustique. Il fond à 100°; il se volatilise à une température modérée; il peut se dissoudre dans une très-petite quantité d'eau ; mais une portion d'eau un peu forte le décompose en oxydochlorure insoluble qui se dépose, et en acide hydrochlorique, qui dissout du chlorure d'antimoine.
On prépare le chlorure d'antimoine par plusieurs procédés.
Premier Procédé.
Ce premier procédé, qui est le meilleur de tous, consiste à faire passer un courant de chlore sur de l'antimoine métal. On divise le métal en le fondant et en le projetant dans l'eau. On en remplit une cornue en verre tubulée, au fond de laquelle on fait arriver un tube qui amène du chlore. Il est bon, après avoir fixé le tube dans la tubulure, d'introduire par le col de la cornue, d'abord un peu de gros sable qui entoure l'extrémité du tube ; on achève ensuite de remplir la cornue avec l'antimoine ; on la place dans un fourneau que Ton entoure de son laboratoire et l'on y adapte une allonge et un ballon qui serve de récipient. Le tube qui pénètre dans la cornue est mis en communication avec un appareil qui amène du chlore sec. On en-
tretient d'ailleurs un feu très-doux sous la cornue pour faciliter la volatilisation du chlorure d'antimoine.
Si l'on opérait sur de petites quantités, on pourrait remplacer la cornue en verre par un tube incliné sous lequel on entretiendrait un peu de feu pour faciliter l'écoulement du chlorure d'antimoine.
J'emploie ce procédé pour obtenir le chlorure d'antimoine qui fournit ultérieurement l'oxyde nécessaire à la préparation de l'émétique. L'opération est peu coûteuse et s'exécute avec une grande facilité.
Deuxième procédé.
Pr. : Sulfure d'antimoine pulvérisé 1
Acide chlorhydrlque à 22° b
On met le sulfure d'antimoine dans une cornue de grès; on ajoute l'acide et l'on fait dissoudre à l'aide d'une douce chaleur; on peut, si l'on veut, recueillir le gaz hydrosulfurique, et l'utiliser à la préparation de l'eau hydrosulfurée, ou du sulfure de sodium ( Voy. ces mots). Quand le dégagement du gaz cesse, on retire la matière de la cornue, on laisse déposer et on décante le liquide; on le met dans une capsule et on le fait évaporer, sous une cheminée qui tire bien, jusqu'à ce qu'un peu de liqueur, pris avec une baguette de verre et posée sur une capsule, forme des cristaux en se refroidissant ; alors on introduit la liqueur dans une cornue de verre, et on la distille presque entièrement au bain de sable. On a pour produit du chlorure d'antimoine très-blanc, qui est surnagé par un peu de liquide acide, lequel contient très-peu d'antimoine, et que l'on sépare avec la plus grande facilité.
Ce procédé est bon; j'y fais remplacer la concentration à la cornue, qui a été conseillée, par l'évaporation à l'air libre ; car la distillation à la cornue est longue, et elle est accompagnée de violents soubresauts. L'expérience m'a prouvé d'ailleurs que le liquide qui passe à la distillation contient à peine de l'antimoine.
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a rouiemi pruceae.
Celui-ci, qui est le plus ancien, est devenu un procédé de curiosité ; il est trop cher pour la fabrication ordinaire : .
Pr. : Sublimé corrosif 3
Antimoine métallique 1
On réduit l'antimoine et le sublimé corrosif en poudre très-fine ;
on les mélange et on les introduit dans une cornue de verre, dont on choisit le col large ; on place la cornue sur un triangle dans un fourneau à réverbère ; on y adapte un récipient et l'on distille à une chaleur modérée. S'il arrivait que le produit s'arrêtât dans le col de la cornue, on le ferait couler en approchant un charbon ardent.
Le chlorure d'antimoine ainsi obtenu résulte de la décomposition du chlorure de mercure par l'antimoine ; il est coloré par un peu de mercure et d'une combinaison de protochlorure de mercure et d'arsenic, qui ont été entraînés à la distillation ; on le purifie par une nouvelle distillation.
En employant 3 parties de sublimé et \ d'antimoine, la presque totalité de l'arsenic que l'antimoine peut contenir forme une combinaison moins volatile avec du protochlorure de mercure (chlorure mercureux arséniuré), dont la presque totalité reste dans la cornue; en redistillant une seconde fois le chlorure d'antimoine, on l'obtient tout à fait exempt d'arsenic. Mais si l'on augmentait la proportion de sublimé corrosif, l'arsenic serait changé en chlorure d'arsenic qui resterait mélangé au beurre d'antimoine (Capitaine).
Après avoir obtenu le chlorure d'antimoine, on continue la distillation avec les précautions convenables pour obtenir le mercure ( Voyez Mercure, p. 478).
Le chlorure d'antimoine est employé comme caustique. 11 n'attaque pas la peau, mais en contact avec la chair il la cautérise et en même temps on voit se former par l'action de l'eau sur le chlorure, de Poxydochlorure et de l'acide chlorhyo'rique qui peut donner une teinte bleue due à l'albumine et enfin une eschare albumino-chlorurée. Il vaut mieux se servir du chlorure liquide qui est d'une application plus commode. Pour l'obtenir, on laisse le chlorure d'antimoine exposé à l'air jusqu'à ce qu'il soit tout à fait liquéfié. On a un liquide dense, extrêmement caustique. L'eau est absorbée lentement par le chlorure qui n'en prend que ce qui est nécessaire pour se liquéfier, et sans qu'il se fasse de dépôt d'oxydochlorure. Beaucoup de pharmacopées étrangères préparent ce chlorure liquide en distillant un mélange de crocus, ou de verre d'antimoine, de sel marin décrépité et d'acide sulfurique ; mais on obtient ainsi un liquide moins concentré et qui renferme de l'acide chlorhyd ri que libre.
OXYDO-CHLORDUE D'ANTIMOINE.
(Poudre d'Algaroth, Mercure de vie.)
On fait dissoudre du sulfure d'antimoine dans l'acide chlorhvdrique, ainsi qu'il a été dit pour la préparation du beurre d'antimoine; on sépare la dissolution de son dépôt, et on la fait concentrer à l'air libre jusqu'à ce qu'elle cristallise par le refroidissement. C'est afin de chasser complètement tout l'hydrogène sulfuré qu'elle peut retenir, et la plus grande partie de l'acide en excès ; on délaye alors dans une quantité d'eau froide telle que la liqueur ne fasse plus de précipité par une nouvelle quantité d'eau ; on lave le précipité à l'eau froide à plusieurs reprises, et on le fait sécher.
L'eau a pour etfet de décomposer une partie du chlorure ; il se fait de l'oxyde antimonique qui se précipite, entraînant en une combinaison insoluble du chlorure non décomposé; il se produit en même temps de l'acide chlorhydrique qui retient en dissolution un peu de chlorure d'antimoine.
On remarque que le précipité de poudre d'Algaroth, qui est blanc et caillebotté au moment où il vient de se faire, devient peu à peu grenu et forme des cristaux distincts, en éprouvant un mouvement moléculaire particulier.
Les observateurs ne sont pas d'accord sur la composition de la poudre d'Algaroth, ce qui tient nécessairement à ce que sa composition change, suivant que les lavages sont plus ou moins continués. Sa composition normale paraît être 1 pp. chlorure, 2 pp. d'oxyde, qui pourrait se représenter par une combinaison correspondante à l'oxyde dans laquelle le chlore et l'oxygène joueraient tous deux le rôle électronégatif: Sb (C1,0«) = SbO3. La poudre d'Algaroth était employée autrefois comme émétique, mais elle est inusitée sous ce rapport. Elle sert quelquefois à la préparation de l'émétique ; mais quand on la destine à cet usage, il faut la laver à plusieurs reprises avec de l'eau bouillante; par là, on parvient à décomposer une partie du chlorure d'antimoine qui la constitue, et à augmenter la proportion de l'oxyde ; mieux vaut encore la transformer entièrement en oxyde par un bicarbonate alcalin.