‹ Traite de pharmacie theorique et pratique v. 2, 1870Chapitre 109 sur 494 · ACIDE OXALIQUE · texte numérisé non relu

ACIDE OXALIQUE

On traite les eaux-mërcs dans la cornue par une nouvelle quantité d*acide azotique, et l'on fait cristalliser. On réitère jusqu'à trois ou quatre fois ce traitement des eaux-mères par Tacide, tant que Ton obtient des cristaux d'acide oxalique.

Le fractionnement de lacide azotique a pour but d'éviter la destruction de Tacide oxalique déjà formé. Ce procédé a été décrit par Robiquet.

TrOisièmo procédé.

On fait dissoudre dans une bassine d'argent '2 kilogrammes de sel d*osoille duconmierce. Ce sel est un mélange de bioxalate et de quadroxalate de potasse.

On précipite la dissolution par l'acétate neutre de plomb. Celui-ci doit être ajouté en dissolution jusqu'à ce qu'il cesse de faire naître un dépôt dans la solution d'oxalate potassique. On lave le précipité d*oxalate de plomb û l'eau chaude ; on le fait égoutter, on le pèse, et on en sèche une fraction, afin de connaître quel serait le poids total du précipité à l'état sec. Pour décomposer 100 parties d'oxalate de plomb supposé sec, on emploie 55 parties d'acide sulfurique à 1,84 que Ton étend de 10 parties d'eau. On laisse digérer le mélange pendant vingt-quatre heures dans une bassine de plomb, en ayant l'attention de le remuer souvent. Après ce temps, on décante quelques centimètres cubes de la liqueur que l'on étend d'eau, et Von y ajoute un sel de baryte afin de savoir si elle retient de l'acide sulfurique. hans ce cas, il faut continuer la digestion, et, s'il est nécessaire, ajouter une nouvelle quantité d'oxalate de plomb.

On sépare les liqueurs du précipité, et on lave celui-ci avec de Teau chaude que l'on réunit aux premières liqueurs ; on fait concentrer et cristalliser. Les eaux-mères donnent également de l'acide oxalique que l'on purifie en le faisant cristalliser de nouveau.

L'acide oxalique préparé par ce procédé est plus pur que le produit obtenu au moyen de l'acide azotique, vu la difficulté que l'on éprouve à débarrasser des dernières traces d'acide azotique les cristaux résultant delà réaction de cet agent sur le sucre et sur l'amidon. L'acide oxalique isolé du sel d'oseille par le troisième procédé retient souvent de petites quantités d'acide sulfurique.

L'acide oxalique a été quelquefois prescrit à titre de tempérant ou f addule à des doses très-faibles. C'est un agent toxique et même un poison noient lorsqu'il est ingéré à des doses un peu élevées.

B pèriorité comme acidulé sur les acides tartrique et

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citrique et doit être etitièremcnt banni de la thérapeutique. Il convient d'étendre cette exclusion absolue au sel d'oseille dont la efTets ne sont guère moins toxiques.

D'après ces considérations nous pensons que les auteurs du Coda de 1866 ont eu parfaitement raison de supprimer la formule inutilr et dan^^ereuse de tablettes pour la soif, dans lesquelles ou faisait eulrer le sel d'oseille.

ACIDE TARTRIQUË.

(Âiùde tartarmu, Aeiile lartuiqua.)

L'acide torti'lquc est solide et incolore; il cristallise eu prisnirï rlioniboïdaux obliques, présentant souvent des faces hëmiêdriques. 11 est inaltérable à l'air ; se dissout dans la moitié de son poids d'eaa A la température de + 15" et en plus grande proportion dans l'eau bouillante ; il est soluble dans l'alcool cl insoluble dans l'èlhcr.

l/acide tarlrique est préparé en grand dans les arts ; nous indiquerons néanmoins un procédé qui peut servir â l'extraire de la crème du (artre ou tartrate acide de potasse ; nous ferons connaître à la fin de cet article les essais auxquels le pliarmacien peut soumettre l'acide qui lui est livré par le co(nmerce.

Ou met dans une grande bassine étamée de l'eau que l'ou porte i l'ébullition ; on y projette successivement la crème de tarlre et U craie. Quand les deux st;ls ont été mébngés, on les fait digérer ensemble pendant quelques heures ; puis on laisse déposer. Si les liqueurs claires ne sont pas entièrement neutres au papier de tournesol, on ajunle une nouvelle quantité de craie afin de terminer la saturation. Quand la solullon n'offre plus de réaction acide, on la filtre et l'on recueille le précipité de tartrate de chaux. Ce sel est lavé au moyen de l'eau bouillante, et l'on réunit l'eau de lavage au premier liquide.

On vei¥e alors dans ces liqueurs une dissolution de riilonire de calcium pur jusqu'ili ce qu'il cesse de donner un précipité de tartrate de chaux. On réunit ce sel au premier dépôt, el on lave le mélange avec grand soin, enfin on le fait égoutler sur une toile.

Au moment uù la craie et la crème de tartre réagissent l'une sur

kCMUR TARTRIQ1 E. 335

Fautrc, il se produit une vive eflervescence due au dégagement de Facide carbonique du carbonate de chaux ; ce fait oblige à n'opérer la décomposition que successivement. Dans cette première réaction, la moitié de l'acide tartrique du tartrate acide de potasse se combine à la chaux et forme du tartrate de chaux insoluble qui se précipite, tandis que la crème de tartre, ramenée à l'état de tartrate neutre, reste on dissolution. C'est pour isoler l'acide de cette portion du sel que Ton mêle aux liqueurs le chlorure de calcium; il y a double décomposition, formation de chlorure de potassium, que Ton rejette, et de tartrate de chaux dont le poids égale celui du ^emier précipité et que l'on y ajoute pour les traiter ensemble.

Lorscpie les eaux de la?age ne laissent plus de résidu sensible sur une lame de platine, on délaye le tartrate de chaux dans une quantité d>au suffisante pour en faire une pâte très-liquide, et l'on y lyoute peu à peu, et en agitant continuellement, 2 parties 1/2 d'acide sulfurique à 1 ,84 pour 1 partie de dépôt sec^ On laisse le tout en contact pendant huit jours, en ayant soin de remuer le mélange de tem|# en temps (on peut même chauffer doucement dans une bassine de plomb) ; alors on étend d*eau, on laisse déposer, on déC/ante, et on lave le résidu jusqu*à ce que les eaux ne soient plus que faiblement

On évapore les liqueurs à l'ébuUition dans une chaudière de plomb, jusqu'à ce qu'elles marquent 1,21 dens.=25® bouillant au pèse-acide ; ou laisse refroidir, et l'on filtre sur une toile afin de séparer le sulfate do chaux qui s'est déposé. On continue alors l'évaporation dans des bassines de plomb au bainmaric jusqu'à 1,38 dens. =40"^ au pèseacide; on laisse refroidir et cristalliser. Au bout de deux ou trois jours, on retire Teau-mère que Ton fait concentrer jusqu'à 50*. Par des concentrations réitérées des eaux-mères, on obtient de nouvjcaux ortslaux de plus en plus colorés. liCs dernières eaux-mères, abandonnées à elles-mêmes dans des. terrines de grès vernissé, finissent à la longue par y cristalliser encore.

La première cristallisation donne souvent de l'acide tartrique assez pur, mais les autres produits font besoin d'être purifiés ; on y par Tient en dissolvant les cristaux dans l'eau, filirant et faisant cristalliser de nouveau.

Witsler a introduit dans ce procédé une excell^te amélioration ; l'Ile consiste à ajouter aux liqueurs que l'on veut décolorer un peu de

* [jc pla.s 5Ûr est d'employer une qualité d'acido double de la quantité de craie (liifit oo s'est serri ; comme la cralaVest pas du carbonate de chaux pur, il y a dans U liqueur «n léger excès d'acide aolfurique qui ravorise la cristaUisation.

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