‹ Traite de pharmacie theorique et pratique v. 2, 1870Chapitre 118 sur 494 · VINAIGRE RADICAL · texte numérisé non relu

VINAIGRE RADICAL

Pour obtenir le vinaigre radical on prend de l'acétate de cuivre cristallisé bien sec ; on l'introduit dans une cornue de grés à laquelle on adapte une allonge et un ballon surmonté d'un long tube. Les jointures sont enduites d'une couche de lut gras, puis d'une seconde couche de lut BU blanc d'œuf et à la chaui. Lorsque l'appareil est ainsi disposé, on distille au fourneau à réverbère, en ayant soin de refroidir le récipient au moyen d'un courant d'eau.

On élève peu à peu la température de la cornue, puis on augmente le feu à mesure que la décomposition de l'acétate avance; vers la fin on cliaufTe forlement; l'opération est terminée quand il ne se dégage plus aucune vapeur. Le produit de celle première opération est de l'acide acëlique qui est l^ërement coloré en vert par de l'acélale de cuivre ; on le rectifie dans une cornue de verre.

Les premiers produits que l'on recueille dans la disUllation de l'acèlate de cuivre contiennent beaucoup d'eau, parce que l'eau de cris-

tallisation du sel se sépare la première. Bientôt Tacide acéliquc devient plus abondant ; enfin il passe dans les derniers produits une quantité plus ou moins considérable d'un corps particulier qui a élc d'abord désigné sous le nom d'Esprit pyro-acétique puis sous celui (V Acétone C*H'0*. Il se dégage en même temps de l'eau, de Tacide carbonique et quelques produits ompyreumatiquos. 11 reste dans la cornue du cuivre Irès-divisé, mêlé de charbon.

La chaleur nécessaire à l'opération amène la décomposition d'une partie de l'acide acétique qui est brûlé par l'oxyde de cui\Te ; on trouve ainsi dans la cornue une partie du cuivre réduit, et il se dégage de l'acide carbonique et de l'eau. Une petite quantité d'acide subit seule celte réaction, la plus grande partie, prend l'état de vapeurs et vient se condenser dans le récipient. Il arrive néanmoins qu'une portion est détruite par la chaleur; telle est l'origine de l'acétone ; ce dernier composé paraît résulter d'une réaction particulière entre les éléments de l'acide acétique. Si, en effet, on soumet l'acide acétique à l'action d'une température élevée, celle, par exemple, d'un tube de porcelaine porté au rouge obscur, on obtient de l'eau, de l'acide carbonique et de l'acétone C'HW. La réaction est parfaitement représentée par l'équation suivante :

Cet acétone est un liqiiide incolore, très-fluide, d une odeur aromatique particulière, d'une densité de 0,814 à 0®, qui bout à 56** ; aussi les premiers produits de la rectifîcation du vinaigre radical en sont-ils plus chargés que les derniers. L'existence de l'acétone dans le vinaigre radical modifle son odeur et en fait une préparation pharmaceutique particulière. La présence de ce principe volatil donne également le moyen de s'assurer qu'on n'a pas substitué l'acide acétique ordinaire au vinaigre radical. 11 faut, pour constater son existence, saturer l'acide par un alcali et le distiller à une température modérée ; si l'acétone se montre dans le liquide recueilli, on possède la preuve que l'acide a été obtenu par la distillation de Tacélate de cuivre.

La coloration verte (jui se produit pendant h distillation du yerdet est due à ce qu'il se sublime, dans le cours de l'opération, une certaine quantité d'acétate cuivreux C^U'CuH)*, lequel s'attache à la voûte de la cornue sous la forme de petits cristaux incolores. Ce sel est entraîné par l'acide acétique qui distille, et il se change en acétate cuivrique au contact de l'air. On en débarrasse entièrement le vinaigre radical par une simple rectification de l'acide coloré.

ACIDES ORGANIQUES. - AQDE ACÉTIQUE PUR ET CRISTAL US A «LE. !i7

AClflE ACKTIQUK TUR ET CRISTAILISAKLF.

L'iuidf aci'tiiiiio du commerce est olilcnu en ftraiidc |iailie par la iimnii|n>silioii des acétates ri'sullinildt? la satui'ulion de l'acide pvroiigiieux ; il a besoin d'élrc traité par divers procédés pour les usages de la pliarniacie. L'ac'ule acétique doit posneder une demilé de i ,063 au densimèlre ; son otleur doit élre franche, non empyreumalique, même aprè» qu'il a été étendu d'eau ; U m doit jta» laisser de résidu à l'évaporation. H ne doit être précipité, après dilution, ni par l'oxalate d ammoniaque, ni par le chlorure de baryum, ni pari' azotate d'argent. L'hydrogène sulfuré ne doitpas le colorer.

L'acide additionné de sulfate d'indigo ne doit pas se décolorer jmr la chaleur ; la décoloration indiquerait la présence de l'acide azotique. Addilionaé d'acide sulfuriqve pur et d'un fragment de zinc, il ne colore ;nw en brun, un papier imbibé d'acétate de plomb; le phénomène iarerte décèlerait son mélange avec l'acide sulfureux. On est sur, yrâce à ces caractères, qu'il a été bien rectifié, et qu'il ne contimt ni produits empyreumatiques, ni sels ou acides étrangers, ni substances métalliques .

La richesse en acide réel C'Il'O' pourra être connue par la délcr. minalioli de la quantité de carbonate de soude pur et sec qui sature im poids donné du liquide.

Il 4>st Facile do distinguer l'acide acétique au moyen des réactions suivantes. Cliaulîé avec une petite quanlilé d'alcoot et d'acide Milfuriquc, il dégage de l'éther acétique reconnais sable à son odeur.

Saturé [)ar la soude et versé dans une solution de chlorure ferrique, il communiqne à la liqneur une teinte rouge foncée et fournit un dépôt d'hydrate ferrique par l'ébullilion.

Transformé en acétate de potasse et chauffé dans un tube avec de l'iicide arsénieux, il dcimie des vapeurs abondantes de cacodyte et d'aryde de cacmlyle.

On peut préparer l'acide acétique pur dans les laboratoires par l'un des procédés suivants :

On introduit l'acètale de plomb dam une cornue tubulée que l'on plare sur un bain de sable et \ laquelle on adapte une allonge et un ballon muni d'un tube droit. On verse l'adde sulfurique par la tobu-

H& HfiDICAHENTS CHIHIOUES.

ture, on le mélange intinienient au sel en remuant avec une baguette verre, et l'on procède à la distillation à une douce chaleur, jusqu'à ce qu'il ne passe plus d'acide acétique.

On ajoute au produit de cette distillation une certaine quantité (1/100 environ) de peroxyde de manganèse réduit en poudre trË»-rmc, on laisse en contact pendant vingt-quatre heures et l'on distille au bain de sable presque à siccitè.

Dans la première partie de l'opération, l'acide suUurique en même temps qu'il forme du sulfate de plomb, donne naissance par sa réduction é une notable proportion d'acide sulfureux et met l'acide acétique en liberté, la rectification, après digestion sur l'oxyde de manganèse, a pour effet de détruire l'acide sulfureux, et en même temps de débarrasser l'acide acétique de l'acide sulfurique qui a pu être entraîné lors de la première distillation. L'acide sulfureux fixe une partie de l'oxygène du bioxyde et forme du sulfate de protoiyde de manganèse, lequel reste dans la cornue.

Du reste, ce procédé d'extraction de l'acide acétique nous semble inférieur aux deux suivants dont les résultats ne laissent rien à désirer, lors([ue les opérations fort simples qu'ils exigent sont conduites avec soin.

Le second procédé indiqué parSoubeiran a été donné parSebille- Auger.

Pr. ; Acétate de eoude erislillisé OSS

Acide suUuriqueï 1,81 S50

L'acide sulfurique dont on fait usage ne doit renfermer ni composés nitreux, ni acides arsenicaux.

L'acétate de soude est fondu, puis chauffé jusqu'à ce qu'il ait perdu toute son eau de cristalbsation. On le laisse alors refroidir; on le pile et on 1 introduit dans une cornue de verre ou dans un ballon de grande capacité.

Pour la condensation des vapeurs, on peut choisir différentes dispositions ; la plus convenable nous parait être celle qui est représentée (fig. 12), c'est-à-dire, le réfrigérant de Liebig.

La cornue est préférable au ballon, elle doit être placée dans un fourneau à réverbère et son col est préservé contre la chaleur directe du foyer à l'aide d'une plaque de tdle. La réaction s'opère immédiatement, elle donne lieu à un abondant dégagement de chaleur; sous son inOnence, un tiers environ de l'acide acétique distille sans que l'addition du feu soit nécessaire. Quand l'opération se ralentit, on

AaDES ORGANIQCKS. - ACIDE ACËTIQIE PUR ET CRISTALLISA BLE. 3» chauffe modérément la cornue, en ayant soin d'éditer le contact du charbon et la production des soubresauts. L'opération est terminée lorsque la masse entre en pleine fusion ; il impoile d'essayer de temps en temps s'il ne passe pas d'acide sulfurique.

On purifle le produit en le distillant avec les mêmes prècautiouB sur de l'acétate de soude fondu et sec. Vers la Un de la distillation, de nombreux soubresauts sont inévitables.

Le premier diiième de l'acide recueilli est mis lï part, il est généralement trop faible pour crislalliser. Les dernières parties, au contraire, cristallisent dès que la tenipèraiure s'abaisse suifisamnient ; on obtient des cristaux otTrant une composition corrcspondnnfe à la formule C'Il'O', en décantant avec soin le liquide qui les baigne et le« faisant é^'outter sur un entonnoir disposé au-dessus d'un flacon et placé sous une cloche en présence de l'acide sulfurique Irés-concentré.

In procédé élégant et simple pour la préparation de l'acide acétique cnstallisable a été donné par H. Helsens, il est fondé sur la propriété que possède le biacétate de potasse C'H*Ko*,C*H*0* soumis i la disÙUation de se dédoubler vers SSO- ou S80* en C'HH)* qui se dégage et en C'H^KO*, acétate neutre de poUsse qui reste dans la

Par ce moyen on obtient un poids d'acide acétique pur C*HK)* représentant le tiers environ du biacétate de potasse employé. Quand

S30 HËOICAMKNTS CHIMIQUES.

6 ce dernier sel, il se prépare racilement, suivant U. Mciscns, en Bursalurant l'acétate neutre de potasse sec au moyen de l'acide acétique distillé, évaporant et faisant cristalliser dans de l'air Bec.

■ Propriétés thérajteutique lie Vacille acétique. L'acide acétique concentré agit comme un véritable caustique, àcelitre il est inusité; plus ou moins dilué, il est employé en tisanes tempérantes ou en solutions astringentes. On a proposé d'appliquer des vésicatoiri^s au moyen d'un linge imbibé d'acide acétique cris ta Ui sable ; mais ce procédé est moins sdr que les méthodes usitées et il n'a pas été adopté.

De même que les acides précités, il sert à la préparation de sirops acides ; le sirop de vinaigre framboise et l'oxymcl simple sont seuls prescrits.

VINAIORE FRAMBOISE,

Faites macérer pendant 10 jours dans un vase de verre ou de grès] exprimez légèrement et filtrez.

On doit employer les framboises séparées de leur calice et du lé' ceptacle commun qui porte les fruits.

SlHOr DE VmAIGRB FKAHBOISÉ.

Faites un sirop par simple solution à une douce chaleur. Passez ie sirop à travers une étnmine.

On prépare de la même fajion le sirop de vinaigre simple.

Mêlez dans une bassine d'argent ou dans une capsule de porcelaine; concentrez à 1,26 dens. bouillant, clariHez au papier et filtrez.

Par ce procédé, une partie de l'acide acétique s'évapore; de plus, si l'on opère sur des quantités considérables, le miel s'sltére en

ACIIIKS 0RG\N1QLES. — ACIDK \CÉT101IK l'HII ET CIIISTAI.MSABIK. 351 partie et le produit prend une saveur peu agréable. Descharaps il'Avallot), dans le but de régulariser celte opération, conseille d'évaporer î)00 de vinaigre jusi^u'à ce qu'il suit réduil à 290, et de l'ajiiiiter à 1000 de miel. On cliaulTc le mélange au bain-marie couver), apré-i avoir délayé une feuille de papier non collé dans le mellite, tiii \aissc refroidir et l'on passe. L'oxyniel ainsi préparé offre une saveur plus agréable que celui qui est fourni par la formule ordinaire. On obtient un oiymel plus agréable encore, en traitant au bain-mariu 1000 de miel évapore en consistance ferme par 290 de bon vinaigre de «in. L'acidité propre au vinaigre est suflisantc et la saveur du produit est plus franche.

Soubeiran a reconnu, par une opération portant sur 6 kilogrammes Je miel, que, dans lo procédé où l'on emploie l'éltultition, un quart de l'acide contenu dans le vinaigre a été volatilisé. Si l'oxymel obtenu ù l'aide du vinaigre non concentré n'est pas jugé suHlsamment acide, on peut rehausserle vinaigre au moyen de l'acide acétique. La i-avcur est alors tout à fait comparable à celle de l'oxymel préparé par la méthode de Deschsmps.

GAItCiBISHE OXfHELLÉ.

Pr. : Orge entier B pr.

Oirmel simple M

Préparez 200 grammes d'eau d'orge à laquelle vous ajoulerei l'ojiyniel simple. {Hôpitaux de Paris.)

Pr. : Vinaipr« blanc.

Mêlez.

employé en boissons rafraîchissantes dans les fièvres et les phlegmasii^s. On ajoute souvent h celte préparation 100 grammes de sirop de sucre.

LOTIOHS AVEC LE TIHAIGHE.

Mêlez.

Employé an lotions légèrement astringentes.

HÉDICAMKNTS CNIMiQUES.

VIH41C«E AHTISEPTIQUE OU DES QDATBE VOLEUItS.

Pr. : SomjDitéï sOcbes de grande absinthe 40 gr,

— de potiie absinilie M

Bomarin. 40

Sauge M

Hentbc poivré* W

nue U

Fleura de lavande 40

Ail 5

Racine d'aconis aroroatiou !i

Cannelle 5

Girolles 5

Uuscades 5

Vinaigre blanc 9500

Camphre 10

Acide acétique crisiallisable 40

Kaites macérer les plantes dans le vinaigre pendant dix jours; passez avec expression ; ajoutez le camphre dissous dans l'acide acétique ci'lstallisable pt , après quelques heures, filtrez.

VINAIGRE DE DULLT.

pp.: Essence denéroli, 30

— de giroDes M

— de Portugal 30

— decitron 30

— de cédrat 30

— de bergamote M

— de lavande 15

— [le mentbe poivrée 15

Denjoin en larmes 1^0

Baume deTolu. tiO

Alcool à M- 14300

Faites digérer pendant quatre jours en agitant, et ajoutez :

Teinture de Tanillc 75

— de musc 3

— d'ambre 3

Acide acétique MU

Après vingt-quatre heures, ajoutez :

Eau aOOO

Après dix jours, filtrez.

ACIDES OnCANliJL'KS. - ACIDE ACÉTIQUE PUR ET CHISTALLISABLE. S55 Celte forrauliî n'pst jias colle rie Uully, qui esl restée inconnue;, mais elle donne un produit semblable. Cette préparation a une cerlainc réputation comme cosméti(|ue.

SEL DE VIKA1GBE.

Le vinaigre radical est employé comme excitant de la muqueuse olfactive ; on fait respirer ses vapeurs en cas de syncope. 11 est liabilucUement consené dans de pelils flacons de verre, que l'on a préalablement remplis de fragments de sulfate de potasse cristallisé. Ce sel n'a pas d'autre but que d'évilcr le déversement de l'acide. Ce rné* lange porte vulgairement le nom impropre de sel de vbiaigre; on l'aromatise souvent avec une essence d'une odeur agréable.

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