CHLORATE DE POTASSE
(■uriate oxygéné de potatae.) C10»,K0.
Le chlorate de potasse est longtemps resté sans application médicale sérieuse ; aujourd'hui ce sel est administré avec succès dans un grand nombre d'affections qui ont pour siège les muqueuses. On en tire un important parti dans le traitement de la stomatite ulcéro-membraneuse, de la glossite et delà gingivite mercurielle. L'efficacité du chlorate de potasse est telle, dans ces derniers cas, qu'il est permis de compter sur son action prophylactique et d'éviter les accidents hydrargyriques, en l'adminislrant en même temps que les mercuriaux dans les maladies syphilitiques.
Cinq minutes après radministration du chlorate de potasse, ce sel est retrouvé dans la salive, et dix minutes après, dans l'urine ; on a pu également en constater la présence dans la sueur, le lait, le mucus nasal, la bile. Au bout d'une demi-heure l'èbminalion est à son maximum ; elle est terminée ou insensible après 15 à 48 heures au plus.
Le chlorate de potasse est un sel anhydre incolore ; sa saveur est fraîche el piquante; il cristallise en lames rhomboîdales. Il est beaucoup plus soluble dans l'eau à chaud qu'à froid; 100 parties d'eau à -h 15^4 en dissolvent 6,03 parties; à-4-49s 18,98p.; à-h74«,9, 35,40 p.; à-+-104",8, 60,2 p.
Ce sel peut détoner vivement par le choc, quand on Ta mélangé avei* des substances combustibles ; c'est une propriété qu'il ne faut pas perdre de vue quand on fait entrer le chlorate de potasse dans quelque mélange. Il doit être pulvérisé à part et mêlé aux autres matières, sans trituration et surtout sans choc brusque ; faute de ces précautions, l'opérateur pourrait redouter une détonation violente.
On prépare le chlorate dépotasse en dirigeant un courant de chlore à travers une dissolution de carbonate de potasse pur, marquant 1 ,26 dens.=30^à l'aréomètre ; on continue àfaire passer le chlore jusqu'à ce
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que la liqueur soit surealurÉe, el prenne une uiuleur jaune prononcée. L'appareil se cumpose d'un vasu coiitt<nant les matières propres ■ fournir lechlore, d'un flacon laveur, et d'un autre flacon qui contient la dissolution alcaline. 1^ tube qui plon^ dans la potasse doit être lr«s-lai^e; autrement, l'orilice de dégagement se fermerait bientAt par ledépAt des cristaux de chlorate dépotasse. Onpiongc à travers l'ouverture du flacon une tige flexible recourbée sur elle-même à son e\tréraité, de manière ;'i Tormer deux branches parallèles: la plus longue sort du flacon; on la lientâla main, et elle donne lu moyen deguider la branche plus courte, que l'onfaitmouvoirdans l'intérieur du tube pour le désobstruer. Berielius conseille d'attacher un entonnoir de verre à reilrêmitë du tuhe, .lu moyen d'un caoutchouc. Le courant de gai détache continuellement la couche mince de cristaux qui se forme â la surface de l'entonnoir.
Réduite à sa plus simple expression, la réaction du chlore sur le carbonate de potasse se résume dans un déplacement de l'acide carbonique qui se dégage, el dans la substitution du chlore A l'oxygène d'une partie de l'oxyde alcalin. 11 se produit du chlorure de potassium, mats l'oxygène mis en liberté ne se dégage pas ; en présence de l'excès d'alcali, il se flxe sur le chlore et produit du chlorate de potasse.
On Irouve (jue le (chlorate de potasse formé dans cette réaction représente 1/B seulement de la potasse employée et que le veste est transformé en chlorure de potassium.
Quand le chlore cesse d'agir, le dèpdt cristallin est constilnè par un mélange de chlorate de potasse et de chlorure de potassium ; la liqueur qui le surnage ronlient beaucoup d'hypochlorite de potasse, de chlorure de potassium et une petite quantité de chlorate. On fait égoutter le dépAt salin sur un entonnoir, el l'on soumet la dissolution à l'ébullition jusqu'à ce qu'elle ail perdu l'odeur propre aux hypochloriles. On la laisse refroidir ; on recueille le sel qui cristallise cl l'on rejette l'eau-mère, qui ne retient que des Iracfs de chlorate do potasse.
Les sels obtenus sont réunis; on les pèse à l'état humide, et on le» fait dissoudre dans deux fois leur poids d'eai) bouillante. Le chlorate de potasse se dépose, presque sans mélange, par le refroidissement ; nn le purifie en le faisant dissoudre de nouvpsq dans l'eau, el li> laissant crisUlliser. Il est pur quand il ne précipite plus par l'addition d'une solution de nitrate d'argent. Us eauz-mèrps évaporéos peuvent donner encore du chlorate de potasse.
Ce procédé n'est plus mis en pratique, car il est trèa-dispendirux.
U% MÉDICAMENTS GHIMiQUES.
Le chlorate de potasse est actuellement obtenu en faisant arriver un courant de chlore dans un mélange de chlorure de polassium et d'hydrate calciqne délayés dans Teau et portés à la température de 60*. Le même sel se produit également, au moyen de la réaction du chlore sur un mélange de ciirbonate de potasse et de chaux hydratée que l'on épuise par Teau bouillante. Mais ces diverses opérations sont purement industrielles et ne s'exécutent pas dans les laboratoires de la pharmacie.
Le chlorate de jwtasse du commerce est souvent impur. Le plus ordinairement il renferme du chlorure de potassium; dans ce cas, la dissolution donne, avec le nitrate d'argent, un précipité caillebotte' insoluble dans r acide nitrique et soluble dans V ammoniaque.
On a mêlé par fraude le chlorate de ]x>tasse avec du mica ou du nitrate de potasse. Le inremier se reconnaît aisément, puisquil est insoluble dans Veau. Un chlorate contenant du nitre^ mélangé avec un peu d'eau et de tournure de cuivre ^ puis additionné d* une petite quantité d* acide sulfurique, donne des vapeurs nitreuses, tandis que le chlorate jmr ne peut dégager que des vapeurs jaunes d'acide hyjH)chlorique
CHROMATE DE POTASSE.
Il existe deux chromâtes de potasse : le chroraate neuti*e K0,CrO, et le bichromate KOfSCrO*. Ce dernier sel est le seul dont l'usage en médecine ait été tenté, il sert à la préparation de la solution officinale d'acide chromique.
Le chromate neutre est un sel d'un beau jaune cilrin, d'une saveur désagréable, amère ; il cristallise facilement. Il est soluble dans 48 parties d*eau à + 15 degrés et, en toutes proportions, dans l'eau bouillante.
Le bichromate de potasse cristallise en prismes rectangulaires courts, d'un rouge orangé très-foncé; sa saveur est anière et métallicpie.
Ce sel est soluble dans 10 parties d'eau froide et beaucoup plus soluble dans l'eau bouillaiite. Il ne contient pas d'eau de cristallisation, et est inaltérable à l'air; il est facilement décomposé par les corps avides d'oxygène.
Le bichromate de potasse est un poison violent. A la dose de 5 à 30 centigrammes, il cause un trouble notable dans les voies digestives et une irritation qui peut aller jusqu'à une phlegmasie intense.