‹ Traite de pharmacie theorique et pratique v. 2, 1870Chapitre 204 sur 494 · BOSPHORE. 41S · texte numérisé non relu

BOSPHORE. 41S

ce corps avant d'être soumis à la distillation perd 2 équivalents d'ean el se transforme en métaphosphnte de chaui PhC.CaO. Sous l'influence de la température élevée à laquelle il est soumis dans la cornue, le charbon réagit sur le mèlaphosphatc calcique. Le charbon se transforme en oxyde de carbone aux dépens de l'oxygène cédé par les deux tiers de l'acide métaphosphoriquc ; le phosphore devenu libre distille, et il reste dans la cornue un tiers du phosphore à l'état de phosphate tricalcique.

3PbO*,C»0 + lOC = lOCO + 2Ph + PhO',3C»0.

Telles sont les réactions fondamentales ; les circonstances accessoires : le dè^jçemenl d'acide carbonique, la précipitation de sulfate de chaux, la production de gaz inflammables, dépendent, la première, de la présence du carbonate calcique dans les os ; la seconde, de la solubilité du sulfate de chaux dans les liqueurs acides ; la troisième, de la production de l'hydrogène phosphore, do l'hydrogûne carboné et de l'hydrogène pendant la distillation.

Le phosphoreobtenu comme il vient d'être dit n'est pas pur. On en sépare toutes les parties solides infusibleMp le fondant sous l'eau chaude dans un nouet de penu de chamois, et en le forçant à la traverser à l'aide de la compression.

Afin de débarrasser le phosphore des corps fixes qu'il peut tenir en dissolution, il est nécessaire de le distiller; cette opération est dangereuse et demande à être conduite avec la plus grande atlention. On n'opère que sur de petites quantités de phosphore ; on l'introduit dans une cornue de verre à col très-courbè, et l'on fait plonger l'extrémité du col dans de l'eau presque bouillante. On exécute la dislillalion ù une température modérée. Vers la fin de l'opération, si l'on craint une absorption, on soulève légèrement le col de la cornue pour laisser rentrer un peu d'air ; mais l'on ne doit en introduire que de petites quantités à la fois. La fVacture du vase serait la suite inévitable d'une pénétration d'air un peu brusque, à cause de la vive chaleur que produit la combustion du phosphore.

Il est préférable de daliller le phosphore dans un courant d'hjdrogëne ; on a recours à l'appareil (fig. il) composé d'un grand flacon bitubulè d'où l'hydrogène se dégage, d'un* cornue tubulèe de verre dans laquelle on n'introduit le phosphore que lorsque l'air est expulsé, d'un matras contenant une couche d'eau distillée et portant un tube de dégagement de gaz sur sa tubulure.

On donne au phosphore la forme cylindrique en le fondant sous l'eau, et plongeant dans ce corps liquéfié l'extrémité la plua large d'un

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lon{f tube de verre légèrement conique ; l'aspiration se fidt au moyen de la bouche appliquée sur l'autre bout du tube. On ferme alors le tube à l'aide de l'index, el on le porte dans l'eau froide. Le phosphore se solidifie, se contracte par le refroidissement, et une petite secousse sufGt pour le faire sortir hors du tube.

Le phosphore exerce sur l'économie une inHuence énergique, même à dose faible; i dose un peu élevée c'est un agent toxique extrêmement dangereux. Jusqu'ici ses applications à la médediie ont été trés-limitées et les résultais nouveaux qu'il a fournis i la thérapeutique méritent d'être confirmés par de nombreuses observations. Le phosphore ne peut être administré que dissous : l'huile pbospborée est ht solution de phosphore la plus usitée.

BOILE FflOSrHOBÉE.

Le procédé indiqué au Codex (1866) pour la préparation de lltuîle phosphorée donne un médicament éminemment altérable et, dans lequel la dose de phosphore est trop forte. H, Méhu a publié sut' les conditions nécessaires pour obtenir l'huile phosphorée médicinale, un ensemble de précej^Aes fondés sur des observations neuves et intéressantes.

L'huile phosphorée du Codex s'obtient par une méthode ancienne qui consiste à charger l'huile d'olive de phosphore, au moyen d'une digestion prolongée & une tcnipéralure voisine de + 100*. L'huile salurèe abandonnée dans un lieu froid laisse, après un temps qui n'est

pas dètenninè, dèpoiicr l'excès de phosphore qu'elle ne dissoul pas à Troid. On décante la partie liquide dans des flacons de petite capadté que l'on conserve pour l'usage. Celle huile phosphoréc se colore rapidement en rouge, sous l'influence de la radiation solaire, par suite de la transformaLion du jdiosphore normal en phosphore allotropique. H. Mébu fait remarquer que lors même qu'elle n'est pas exposée à l'action du la lumière, elle donne A la longue un dépAt phosphore, de couleur jaunâtre qui diminue sa richesse en phosphore. Il fjoule que ses expériences démontrent que la quantité de phosphore dissous dans les conditions précitées dépasse de plus de deux fois l'évaluation des auteurs ; ce qui a causé de graves accidenta dans la pratique médicale.

H. Méhu a reconnu que les huiles d'amande douce, d'œillelle, d'olive, de sésame et d'arachide peuvent retenir en dissolution 1/78 de leurs poids de phosphore ; les huiles de colza, de uavctte, de tournesol, de foie de morue, de pied de bœuf en conservent 1/70 ; l'huile de ricin n'en dissoul que 1/105 de son poids. Voici les prescriptions qu'il donne pour obtenir une huile phosphorèe médicinale inaltérable par la lumière et d'un dosage constant.

Choisissez de l'huile d'amande douce bien limpide et exempte de tout mélange avec les huiles d'amande de pèdier, d'abricotier ou de prunier qui la ciilorent en jaune rougeâlre. Chauffez graduellement cette huile dans une capsule de porcelaine jusqu'à la température de + 250'. Sous l'influence de la chaleur, il se dégage de la vapeur d'eau contenue dans le corps gras; de plus, diverses matières organiques se dètniisi-nl, en suhissant un commencement de carbonisation, ou bien se volatilisent; en même temps l'huile perd en grande partie sa couleur ambrée. Par une exposition de quelques jour^ à la radiation solaire, 1 huile flnit par se décolorer complètement. Du reste, cette décoloration absolue n'est pas indispensable; une huile quelconque soumise pendant quelque temps A une température voisine de + SÔO" est devenue capable de retenir sans altération le phosphore qu'elle a dissous.

Pour charger celte huile de phosphore, remplissez aux 9/10 uo flacon à l'émeri d'huile préalabl'ment filtrée. Ajoutez un fragment de phosphore d'un poids cent fois moindre. Ayez soin de couper le phosphore sous l'eau, de le choisir transparent, bien exempt de phosphore rouge et de phosphore blanc. Cela fait, placez le flacon dans un bain-niaric dont l'eau arrive jusqu'au goulot; chauffez le bain-marie, débouchez deux fois le flacon, sans l'agiter, pour donner issue à l'air. Enfin, quand la température se sera élevée

41S HËOICAHENTS CBailQtJE&«|||

A + 80* ou 90*', fermez le Oacon pour ne plus l'ouvrir, et igitez vivement : la dissolution du phosphore sera accomplie en quelques instants, si l'huile a été sufiîMBinient chaufTée. Celle huile renferme 1/100 de son poids de phosphore ; ce titre ne peut guère être dépassé eans danger, puisque la solubilité du phosphore i + 15* est voisine de ij9(i; si l'on voulait obtenir une huile à un titre inférieur, on opérerait de la même manière.

H. Héhu fait remarquer que, pour empêcher celte huile d'être phosphorescente au contact de l'air, il sufRt d'ajouter A 100 grammes de produit, une goutte d'essence de térébenthine ou d'alcoolat de Fioraventi. Des traces d'éther sulfurique ou de sulfure de carbone produisent le même effet,

l/huile phosphorée s'administre sous deux formes : celle de capsules contenant chacune i milhgr. de phosphore et celle de potion.

Captulei (ChuiU phosphorée. On détermine la quantité d'huile d'amande exigée pour le remplissage de chaque capsule vide et sèche'' et l'on prépare au moyen du procédé de H. Héhu de l'huile phosphorée contenant une proportion de phosphore telle que chaque capsule pleine d'huile renferme 1 milligramme de phosphore. Supposons par exemple que la caiité intérieure dos capsules puisse contenir S3 centigrammes d'huile ; on préparera de l'huile phosphorêe au moyen de i gramme de phosjhoie e( de 320 grammes d'huile d'amande douce surchauffée. On arrive du reste au même résultat, en tgoutant à un poids connu d'huile phosphorêe au centième une proportion d'huile d'amandes surchauffée calculée à l'avance d'après la capacité des capsules. (U. Mëhu.)

POTIOK PROSPBOnÉE.

Plusieurs formules ont été proposées pour l'administration du phosphore dans des potions ; toutes sont plus ou moins défectueuses. Dans les potions qu'on prépare au moyen de l'élher phosphore, le phosphore se sépare et peut causer des accidents plus ou moins graves. Soubeirana signalé le fait et a donné la préférenceà une formule comprenant l'huile phosphorêe au nombre de ses éléments, mais la dose qu'il prescrit en fait un médicament trop énergique. M. Héhu nous a donné communication de la formule suivante qui nous semble ne rien laisser à désirer sous le rapport du dosage.

Pr. : Jiuilc pliosplioréc à 1/100. 10 cent.

Sirop lie gomme ^ gr.

Eau diBlillée de meolbe 30

, niosPHORS. m

Dans lin flncon de 60 grammee de capacité, versez d'abord Z(i grammes de sirop de gomme qtie vous étendrez, par une légère agitation, sur toute la pami interne de la Aie. Introduisez en&uiie l'huije pliosphorëe à 1 luO (autniU de décigramuies que la potion doit contenir de millgrammes de phosphore); agitez fortetnent et verset en dernier lieu l'eau dislillée de menthe.

Oh peut au moyen d'un compte-goutte déterminer à l'ovanne le nombre de gouttes correspondant h 1 gramme d'huile phosphorée, et verser le nomlirc de gouttes qui représente exactement la quantité de phosphore prescrite.

11 est pruilent de ne pas dépasser 10 milligrammes de phosphore dans cite pntiim, ct>st-à dire 1 erornine d'huile phosphorée à l/'OO.

Ajoutons qu'il est indispensable d'agiter fortement lu liquide au

moment de le faire prendre au malade ; rar, malgrt- les précautions

prises pour émulsionner l'huile et pour donner au mélange de la

* stabiliié, l'huile phosphorée ne tarde pas à se séparer en une couche

crémeuse à la suiface du médicament.

POMMADE PflOSPHOftËK.

On introduit l'aionge dans un flacon de verre fermant à l'émeri. Ce flacon doit être d'une capacité telle, que l'aionge fondue le remplisse presque entièrement. On fond l'axonge au hain-marïe; on ajoute le phosphore, et l'un continue à chauffer. On agite vivement de tempaà autre, jusqu'il ce que le phosphore suit entièrement dissous; alors on relire le flacon du bain d'eau bouillante, et on l'agile jusqu'il parlait refroidissement, tjuand la température a baissé sensiblement, on peut, de temps en limps, plonger le llacon dans L'eau, en continuant à agiter; on peut même un peu plus lard, laisser plonger le flacon dans l'eau froide, en même temps qu'on le secoue encore avec la main. Par ce moyen, l'opération est Irèsabrégée. La seule précaution à prendre est de ne pas mettre le flacon dans l'eau tandis qu'il est encore très-chaud ; il se briserait presque inrailliblement.

Cette manière de préparer la pommade phosphorée a -été donnée par Soubeiran ; elle est préférable à toutes les métbodee qui avaient été prérèdemmenl employées. Soubeiran pense qu'il ne faut pas faire entrer dans la pommade plus de 1/50 de phosphore; celte limite même noua semble trè»-éle*ëc.

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