BLEU DE PRUSSE
Ferronjanare fefriqwa.
Ce produit est complètement inusité en médecine ; il u'a également aucun intérêt pour la pbannacie, puisque -sa seule et dernière applicat ou a été de siirvir à In préparation du cyanure de mercort dont l'emploi est absolument nul. 9»
Le ferro<!yaiiurc feiTique repn'^sentanl le type du bleu de Prusse pur a pour fonuu'e (liyle'jFe'.
Dans les laboratoires on peut, s'il en est besoin, préparer un bleu de Prusse beaucoup plus pur que celui de l'industrie, eu prêcijiitant une dissolution étendue de cjdorure l'errii|ue par une folutiun de furrocyanuro de potassium.
Le dépôt est recueilli sur un liltreet lavé à l'eau distillée, jusqu'à ce que la liqueur ne laisse plus de résidu sur une lame de platine,
AMAMtES AHÈIIES.
Les amaudes amèrcs appartiennent à la série deN luédicaineiita
433 HËDlCAMei«TS GKIHIQUfS.
cyaniques, parleurs propriétrs thérapeutiques. Bien que Les amandes amères ne conliennenl pas d'acide cyanhydrique tout roriné, on sait que cet acide constitue la paitie active de toutes les préparatious pharmaceutiques dunt elles sont la base. Les feuilles du lauriercerise sont exactenriRnl dans le même cas.
Les amandes amères sont les semences de VAmygdalia communit. Lin., var. a)n(ira(ilrupacéesj. Elles sont composées de:
Huile fixe ; caséine ; émuhine ou syaaptase; amygdaline; sncre; gommes ; matière résineuse.
Les semences de la tribu des Urupacées sont toutes remarquablei par leur analogie avec les amandes amères ; les espèces qui ont été analysées : les amandes du Prunus jmiiug, celles du pécher el du Ceratu» avium ol'frent une composition semblable. Toutes ces graines donnent une huile douce par expression; celle que l'on relire du Prumis briganliaca des Alpes est vendue sous le nom i'HuUe de marmotte. Au moyen de la dislillalion avec l'eau, elles fournis-sent des produits aromatiques utilisés par les parfumeurs et par les fabricants de liqueurs de table
(InAfComptè longtemps au nombre des éléments constituants des amandes amères, l'acide cyanhydrique et une huile volatile aromatique; mais ces deux principes ne priais te nt pas dans la graine. Aussi, quand on exprime les amandes amères pulvérisées et bien sèches, on n'obtient que de l'huile douce; résultat qui ne saurait avoir lieu si les amandes contenaient toutes formées les huiles fixe et volatile. Planche pensait que le développement des composés cyaniques et aromatiques a lieu sous l'influence de la chaleur, mais Henn' et ' fiuibonrt ont les premiers démontré qu'ils ne se produisent pas sans ^Rateneiilinn de l'eau.
MH. Robiquet et Boutron ont confirmé ces résultats; par le traitement des amandes amères fi l'aide de l'élher et de l'alcool absolu. ils n'ont obtenu ni l'acide cyaiihydrique, ni l'huile essentielle.
Dans ces rechei-ches intéressantes, UM. Ilohiquet et BoutroD sont parvenus à extraire du tourleuu des amaudes amères les deui principes qui. mis i-n présence de l'eau, donnent naissance aui produits %»iatiles non préexistants: l'un est crislallin, c'est Va^mygdaline; l'autre est amorphe, c'est la substance qu'ils ont désignée sous lenoni de synaptase et que M>l. Wwhier et Liebtg ont plus tard iiumuiée émultitu.
Les travaux de Cuihourt, de Rnbiquet et Routron ont mis sur la voie de la véritable cause des pliénoroènes remarquables observés dans la
AMANDES AMËHES. «S
distillation des amandes améree ; HH. Wœhler et Liebig ont donné la solution complète du problème dans leur mémoire classique.
La composition de l'amygdaline a été fixée par les analyses de HH. Wœhler et Liebig : à l'état cristallisé et telle qu'elle se sépare de sa solution aqueuse, elle est à l'état d'hydrate et a pour formule O*II"Az0"+GH0. L'amygdaline est tréssoluble dans l'eau et dans l'alcool hydraté, elle se dissout à peine dans l'alcool absolu, et est insoluble dans l'ëther pur.
Sous l'influence des acides dilués, l'amygdaline se détruit, et les produits de son dédoublement sont extrêmement remarquables ; ce sont la glucote, Tacide cyanhydriqw et l'attnce d'amande» amèreM ou aldéhyde bmzoique. Ce dédoublement de l'amygdaline a lieu également par le mélange de sa dissolution aqueuse avec la solution de la tynaptate ou de VémuUine contenue dans les amandes. Dans ce dernier cas, on désigne sous le nom de fermentation amygdalique, le phénomène qui s'accomplit, et l'on classe la synaplase dans le groupe assez vague des ferments. Quelle que soit l'origine de cette réaction, elle peut être représentée dans son ensemble par l'équation suivante :
C»«a*'AiO«« + 4H0 = «"««0'* + CjH + C^BK*. ^
Pour préparer l'amygdaline, on traite i deux reprises le tourteau d'amandes amércs par l'alcocil à 95° ; on passe la liqueur à Iravera un linge, et l'on presse le résidu, le liquide trouble qui s'écoule laisse eouvenl déposer de l'huile grasse qu'on sépare. On le chauffe et on le Tiltre ; après quelques jours, il abandonne une partie de l'amygdaline A l'état cristallisé. On distille le sixième environ du liquide, et l'on mélange le résidu avec de l'éther pur qui précipite l'amygdaliDS, On recueille celte substance et on la comprime entre du papier sans colle qui la débarrasse d'une grande partie de l'huile graaae. On la lave à l'aide de l'éther et on la fait redissoudra dans l'alcool t 90', bouillant, d'où elle se dépose parle refroidissement sous la forme de cristaux.
La lyTiaptage ou émuUine offre une grande analogie da propriétés avec l'albumine; sèchée a une basse température elle est cornée, opaque, dure, très-soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcool. Sa dissolution se coagulée 64>>; sous ce rapport elle ressemble beaucoup à l'albumine, dont elle parait être une modillcation. Le caractère essentiel de l'èmulsine est d'agir comme une sorte de ferment sur l'amygdaline. Le procédé de préparation de la synapUse consiste à traiter le tourteau d'amandes amères par l'eau froide, à séparer II. — m' ian. 9S
431 MËDiCANKNTS CHIMIQUES.
la matière caséeuse rendue insoluble au moyen de l'adde acètiquv,
â filtrer et à précipiter la synaptasc par l'alcool.
Nous avons \ii que, sous l'influence de la synapUse et des acides dihiës l'amygdaline donne naissance à de la glucose, de l'acide cjanhydriqiie et à un produit aromatique désigné sous le nom d'enence d'amandes amèrei. Par la distillation des amandes amëres avec l'eau, on obtient de l'eau chargée d'acide cyanhydrique et d'essence, et de l'essence libre tenant en dissolution de l'acide cyanhydrique.
Les conditions les plus favorables A la réaclion sont les suivantes :
La synaptase ou émulsine ne doit pas avoir été coagulée, soit par la chaleur, soit par l'ébullition avec l'alcool. Il est bon de noter que la synaptase précipitée de sa dissolution aqueuse au moyen de l'alcool &oid n'a pas perdu sa soluliilitè dans l'eau, et qu'elle conserve la propriété de développer la fermentation amygdalique.
Le dédoublement de l'amygdaline se produit i la température ordinaire ; quand on emploie le tourteau d'amandes, il réussit complètement, à la condition de laisser la poudre d'amandes amères en. contact avec l'eau pendant 5 à 6 heures, à une température de 30 à 40 degrés.
La quantité d'eau exerce une influence marquée sur la réaction; il senAle que le dédoublement devient moins facile quand l'eau est saturée d'essence. S'il y a moins d'eau que l'essence séparée n'en exige pour se dissoudre, une partie de l'amygdaline reste iodécomposée.
On peut obtenir l'essence d'amandes améres en introduisant de l'amygdaline dans une dissolution de synaptase, ou simplement dsn^ une émulsion d'amandes douces.
Ettence damandet amerri. Pour préparer l'essence d'amandes 4nières, on prend des tourteaux d'amandes amères récemment exprimés ; on les pulvérise, on y ajoute assez d'eau froide pour que I* masse offre ta consistance d'une pâte liquide. On fait macérer le mélange pendant 24 heures dans la cucurbite d'un alambic ; on adapte le chapitenu et le serpentin, et l'on dirige au fond de la curcubite, à l'aide d'un tube de plomb, la vapeur d'eau produite par une chaudière. On continue à faire passer de la vapeur d'eau tant que le liquide qui passe à la distillation est odorant. Le liquide est reçu dans un récipient florentin. Après avoir recueilli tous les produits, on sépare l'huile volatile qui, en vertu de sa densité, occupe le fond du vase : l'edu distillée est reversée dans la cucurbite de l'alambic et soumisi: sur le marc à une nouvelle distillation. L'huile essentielle se condense en grande partie dans les premières liqueurs recueillies. j
Les liquides distillés au commencement de l'opératiou exhalent
ANANDES AHÈRES. 435
une odeur pnissiqiie extrâmement vive, et contiennent une asseï grande quantité d'acide cyanhydrique. La présence de ce composé parait favoriser la dissolution de l'essence dans l'eau ; aussi la première eau recueillie est-elle limpide, bien que trës-chargée d'huile essentielle. Les produits qui viennent ensuite sont moins odorants; l'eau est laiteuse, et nèanmoftis elle est relativement peu nctie en essence; mais la proportion d'acide cyanhydrique a beaucoup diminué.
C'est Geiger qui a montré que, par la macération préalable des amandes avant la distillation, la proportion d'essence formée est plus considérable, MM. Boutron et llobiquet ont prouvé plus tard qu'en redistillanl les produits de la première opération sur le marc, on peut retirer une plus grande quantité d'huile volatile.
L'essence d'amandes amërcs, obtenue par le procédé que nous venons de décrire, offre une couleu» jaunâtre ; elle est impure et contient des quantités notables d'acide cyanhydrique qui lui communique ses propriétés toxiques.
Pour obtenir l'essence pure, le meilleur moyen consiste à agiter le produit brut avec une solution concentrée de bisulfite de soude. Après quelques jours il se forme une combinaison cristalline qui est reçue sur un filtre, puis comprimée dans du papier non collé. On lave ces cristaux à l'aide d'une petite quantité d'eau distillée froida, et on les dissout dans l'eau bouillante à laquelle on ajoute de l'hydrate de soude. L'essence se sépare de la liqueur aqueuse, elle est décantée, déshydratée par le chlorure de calcium et enfin reciiflée.
Le liquide qu'on obtient ainsi a pour formule C'H'O' ; d'après sa constitution il spïi fonctions chimiques, on le désigne tantôt sous le nom d'hydrure de benzoyle, tanlût sous celui à'aldékyiie bemotque.
Purifiée comme nous venons de le dire, l'essence d'amandes amèrcs es) totalement dépourvue des propriétés loxiqurs que l'etsonoe brute doit il la présenci' de l'acide cyanhydrique; elle exerce seulement une aetion irritante comme la plupail des essences.
Parmi les réactions de l'aldéhyde benzoîque qui intéressent la pharmacie, nous citerons sa transformation en acide benzoîque par son exposition à l'air. Ce phénomène s'exprime par l'équation fort simple