SULFURES D'ARSENIC
Deux combinaisons de Tarsenic et du soufre ont reçu quelques applications médicales, ce sont: le bisulfure d'arsenic AsS* (réalgar); le trisulfure d'arsenic AsS' (orpiment).
Le bisulfure d'arsenic existe à l'état cristallisé dans la nature, ou bien est obtenu industriellement. H se présente dans ce dernier cas, sous la forme de masses homogènes, rouges, vitreuses, dures, et cassantes. Densité 5,5. — Point de fusion vers le rouge sombre. — Le bisulfure d'arsenic distille sans altération à Tabri du contact de rair.
Chauffé à Tair, le réalgar absorbe loxygéne et se transforme en acides sulfureux et arsénieux. Les sulfures alcalins dissolvent le bisulfure d'arsenic et le convertissent en trisulfure qui forme une combinaison soluble avec l'excès de sulfure. Il n'existe pa%de composé oxygéné de Tarsenic correspondant au bisulfure.
Le trisulfure d'arsenic ou orpiment se trouve dans la nature, à l'état de cristaux jaunes, brillants et nacrés qui appartiennent au type du prisme rhomboïdal oblique. Ce composé peut être obtenu par la sublimation d'un mélange de soufre et d'arsenic, ou par l'action de l'acide sulfhydrique sur l'acide arsénieux dissous à l'aide de l'acide chlorhydrique dilué; dans ce dernier cas, il se présente à l'état de poudre jaune.
Le trisulfure sublimé offre la forme de masses cristallines d'une couleur jaune orangée et d'un aspect nacré. Il possède une densité de 3,459 ; à l'abri du contactde l'air, il entre en fusion et commence à distiller vers -h 700°. Ce composé chauffé à l'air brûle avec une flamme peu lumineuse et se transforme en acides sulfureux et arsénieux.
Le trisulfure d'arsenic se dissout facilement dans l'ammoniaque, les hydrates, les carbonates et les sulfures alcalins.
Il existe encore plusieurs combinaisons sulfurées de l'arsenic dont la mieux connue est le Peniasulfure AsS' correspondant à l'acide arsénique anhydre. Aucun de ces composés n'est employé en pharmacie.
«50 HËDICAMENTS CHIMlQUFf.
POUDRE FteiUniflE DEinCnR.
Pr. ; Orpiment Î8 ndlligr.
Sucre bluic 00 mrL
Huite ToUlile d'anis 14 goutle?.
Hélez.
PATE DÉPILATOIRE.
Pr, : Orptnwiit 1
Cbaux vifc 16
Amidon 10
ToulcB les matières étant réduites en poudrefine, on les mélange et l'on conserve la poudre dans un vase bien bouclié. Pour se servir de cette poudre, on la convertit en pâle molle par Tadditinn d'une pditf quantité d'eau. On étend tine couche mince de celle-ci sur la partie, et dès que le mélange est sec, on l'enlèTe au moyen de lavages I l'eau.
Le rusma ou pâte dépilatoire des orientaux est composé, suivant Félix Plater, de 2 parties d'orpiment et de S parties d«> chaux vive. Le mélange finement pulvérisé est transformé en pâte par l'addition de blanc d'oaf alcalînisé au moyen de la lessive des savonniers.
Les hygiénistes sont d'accord pour proscrire l'emploi de toutes leg préparations dépilatoires arsenicales. Elles oITrent des dangers ' sérieux non-seulement en raison de leur action topique, mais encore et surtout à cause des phénomènes toxiques qui sont trop souvent la conséquence de leur absorption.*
Nous avons tu, 6 l'article sulfiire de calcium, qu'il est facile d'obtenir des médicaments dépilatoires à la Tois actifs et inofTensits pour les besoins de la chirurgie.
ËTHERS ET HËDICAHENTS ANESTHËSIQUE5;.
L'élher sulfurique et le chlororormo sont les seuls agents anesthésîques dont l'application à la chirurgie et à la médecine soit consacrée par une pratique qu'on peut dire longue, si l'on tient moins compte du temps que du nombre immense des cas où ils ont été administrés.
Une foule de combinaisons, les unes .analogues à ces substances, les autres essentiellement différentes au point de vue chimique, posr sèdent avec une intensité plus ou moins prononcée des proprmés thérapeutiques analogues. Quelques-unes d'enire elles ont été l'objet
ÉTHERS ET MÉDICAMENTS ANESTHËSIQUES. 65i
d'études et d'expériences physiologiques intéressantes et trés-dignes d'être encouragées, mais aucune jusqu'ici n'a paru surpasser, ni même égaler le chloroforme ou l'éther, et elles n'ont pas tardé à être abandonnées après une courte apparition dans la pratique chirurgicale.
Le chloral parait être la seule acquisition sérieuse qu'ait faite la médication anesthésiqiic. Quant au protoxyde d*azote, malgré son incontestable activité, les difficultés spéciales à Tadministration de ce gaz, ne permettent pas encore de décider s'il prendra un rang définitif dans la matière médicale.
La première partie de ce chapitre sera consacrée à l'étude pharmacolo^qne de Véthersul fur ique et de quelques éthers employés en médecine.
La seconde section comprendra le chloroforme le chloral et quelques brèves indications sur les combinaisons anesthésiques dont Tusage ne s*est pas généralisé.
Dans une troisième partie nous examinerons la préparation du protoxyde d'azote, de Tacide carbonique ; et, comme appendice, nous rapprocherons de ces substances l'oxygène qui n'a de commun avec elles que son état physique et son mode d'adminisiration.
Éthers, Les éthers employés en pharmacie sont: Yéther sulfurique ; Véther chlorhydrique ; Yéther iodhydrique ; Yéther azoteux et Yéther acétique. Parmi ces composés, le premier seul possède au point de vue médicinal une grande importance. Les usages pharmaceutiques de l'éther acétique sont extrêmement restreints, les applications de l'éther iodhydrique sont restées jusqu'ici limitées à des tentatives expérimentales d'ordre purement scientifique. Quant aux éthers chlorhydrique et azoteux, ils ne méritent d'être mentionnés qu'en raison de leur existence en proportion très-faible dans des préparations anciennes et rarement usitées.
L'éther sulfurique est le type des éthers oxydes, c'est-à-dire des combinaisons qui doivent être envisagées comme les oxydes du radical d'un alcool monoatomique.
Les autres éthers appartiennent à la série des éthers salins, ils peuvent être considérés comme des acides dont l'hyérogène basique a été remplacé par un groupe alcoolique.
Les éthers chlorhydrique C*H*,Q et iodhydrique C*ll*,l, qui dérivent des hydracides HCl,HI} font partie de la classe des éOien simples. Véther azoteux CMISAzO* el VOher aceïique C*H»{C*H»)0*, qui
65S MËDIGAlilENTS CHUIIQUES.
procèdent de Tacide azoteux et de l'acide acétique par des subtitntions du même genre, sont encore quelquefois désignés sous le nom Séthen composés,