‹ Traite de pharmacie theorique et pratique v. 2, 1870Chapitre 349 sur 494 · ÉTHER CHLORHYDRIQUE · texte numérisé non relu

ÉTHER CHLORHYDRIQUE

(Ghlonin d'ahyto.)

L'éther chlorhydrique est un liquide incolor**; son odeur est forte et aromatique, sa saveur est à la fois légèrement sucrée et alliacée. Il bout à -|- il degrés; aussi, dés qu*on le verse sur la main, il entre en ébullition et produit un grand froid. Sa densité est 0,874 à -h 5« et 0,920 à 0^ la densité de sa vapeur est 2,21'». L'eau en dissout i/50 de son volume, suivant Gelhen; il est trèssoluble dans Talcool Le chlorure d'éthvle brûle à Tair avec une flamme verte sur les bords, et en donnant naissance à de Tacide chlorhydrique.

L'éther chlorhydrique n'est presque jfpais employé en médedue, et sa préparation n'est plus inscrite au Codex.

Plusieurs procédés permettent de l'obtenir: le meilleur con:»iste à faire passer du gaz chlorhydrique sec dans de l'alcool absolu, jusqu'à ce que celui-ci soit saturé ; le liquide est soumis à la distillation dans une cornue de verre. Les vapeurs traversent un flacon laveur renfermant de l'eau à 20"^ ou 25**, et de là se rendent dans un rich pient refroidi au moyen de la glace. Le produit recueilli dans ce dernier, est agité pendant quelque temps avec de l'eau saturée de chlorure de sodium, puis on le fait digérer sur de la magnèaiei et ai le distille sur cette base.

Le chlorure d*éthyle se prépare également en soumettani I tat èSm^ tillalion un mélange composé de 5 part. d*alcool à 95*; Spwt. AdHIf sulfurique à t,8t; 12 part, de chlorur^de sodium. L'appaidlwiÉiK densation et le procédé de purification sont les mêmes q|DéQi nous venons d'indiquer. '^'

L'éther thiorhydrique n'a reçu que de rares applicMiàiàr'

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ciiie, il a été recommandé dans le traitement des afTections catarrliales. En raison de son extrême volatilité qui en rend Tusage presque impossible, il n'a été administré qu*à l'état de mélange avec son poids d'alcool h 90^; cette solution constituait Vëther muriaiique air coolisé des anciennes pharmacopées.

Ètlœr chlorhydrique chloré, M. V. Regnault a démontré que le chlore, en se substituant à l'hydrogène dans Téther chlorhydrique, donne une série de dérivés dont la composition est exprimée par les formules suivantes :

Éthcr chlorhydrique C*H»C1

— — monochloré C*H*CP

— — bichloré C*H>C15

— — trichlorc CMI*a*

— — perchloré C*»Cl«

Les éthers mono et bichloré ont été proposés comme agents anestliésiques locaux, ils ont été spécialement employés en frictions dans le traitement des névralgies.

On se sert de Téther chlorhydrique monochloré ou de son mélange avec les élhers bichloré et trichloré, pour préparer une pommade renfermant 1 partie d'éther pour 6 parties d'axonge.

L'action de ces substances ne diffère pas sensiblement de celle des médicaments qui ont pour base le chloroforme. Leur préparation est d'ailleui*s compliquée, et leur purification est plutôt une opération de chimie analytique qu'un travail de laboratoire. La plupart des applications ont été réalisées au moyen de produits complexes renfermant le plus souvent des proportions variables de chlorure d'éthyle, mono, bi et trichloré.

Le procédé qui permet d'obtenir les dérivés chlorés du chlomre d'èthyle, a été domié par M. ^gnault, il est compliqué et d'une exécution difficile. Le Codex n*a pas cru opportun de le décrire, ni de classer parmi les médicaments une série de combinaisons, dont les propriétés thérapeutiques n*ont pas encore été Tobjct éki sérieux essais.

iNous nous bornerons à donner id les caractères physiques principaux de ces produits. ^

Êther cUt^hydrique numoldilèllNt^'^ f^ioûlore, transparent.

Densité = 1 ,174 à 4- <7*. hM nm doaee et

poivrée. Odeur éthérèe ^p^ lie en

toutes proportions én^

EOer dUnrAyrin

8ilé= 1,372 à H- 16^ Point d'ébuUilion -|- 75«. Odeur et saveur analogues à celles du précédent.

Éther chlorhydrique trichloré. Liquide, incolore, transparent. Densité = 1,530 à -+- 17«. Point d'ébuUition -+- i02«. Odeur et saveur analogues à celles des précédents. Uéther tétrachloré possède une densité de i ,644 à -h i 7«» et bout à -h 1 46«.

La Liqueur des Hollandais ou bichlorure d'éthylène C^H^Cl* a été proposée comme agent ane^ésique ; mais son application a été abandonnée; ses propriétés pnncipales sont les suivantes.

Liquide, huileux, incolore. Densité = 1,256 à -\- 12*». Point d'ébuUition H- 82*»,5. Saveur douceâtre. Odeur éthérée. Insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et dans Téther.

Le bichlorure d'étliylène n'est pas inscrit au Codex, il est actuellement inusité.

ÉTHER AZOTEUX.

(AsoiSie d'éthyle, Éther nilreuz.)

CMI»,AzO^.

L'éthcr azoteux ou azotite d*éthyle est un liquide légèrement jaunâtre, exhalant une odeur agréable de pommes de reinette, il possède une saveur acre et brûlante; sa densité à + 15*» est 0,947. Il bout à + 18^. L'éther azoteux s^enflamme au contact d'un corps en ignition, et brûle avec une flamme blanche ; quand on agite l'èlher nilreux avec de l'eau, une faible partie, 1/4, se dissout ; l'autre portion reste insoluble et ne tarde pas à se détruire, elle devient acide et dégage du bioxyde d'azote.

Le procédé de préparation le plus commode de l'ôther azoteux est celui de Kopp. On introduit dans une cornue des volumes égaux d'alcool à 90^ et d'acide azotique à l,56D.^uis on ajoute de la tournure de cuivre. La réaction s'opère tranquilrement et se termine presque sans qu'on soit obligé de chauffer. On fait passer les produits distillés, d'abord d^ un flacon qui contient de l'eau, puis dans un tube plein de chlorure de calcium, et enfm dans un récipient que Ton entoure d'un mélange réfrigérant.

On a donné plusieurs autres procédés pour la préparation de cet éther, mais ils ne sont pas supérieurs au précédent. Parmi ces derniers, nous citerons le procédé de Thenard qui pendant longtemps a été le seul usité.

On choisit une cornue tubulée, d'une grande capacité que l'on place sur un trépied en fer et à laquelle ou adapte un appareil coui-

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posé d'un ballon tubiiié, puis de trois à quatre flacons de l'appareil de Woulf. Chacun de ces flacx)n8 est rempli à moitié d'eau saturée de chlorure de sodium, ils plongent ainsi que le ballon dans un mélange de glace piiée et de sel marin.

Pr. : Alcool à 85- 1

Acide azotique à 1,33 D i

On verse dans la cornue l'alcool» pidill'acide azotique, et Ton dispose sous la cornue un petit fourneau mobile contenant quelques charbons incandescents. Aussitôt que rèbullitigii se manifeste, on retire promptement le feu et Ton abandonne l'opération à elle-même. Pendant que la réaction s'accomplit, la plus grande partie de Téther se condense dans le ballon et dans les flacons. L'opération est ter^ minée, quand l'ébuUition s'arrête d'elle-même. 11 reste dans le ballon un liquide jaune, et l'on trouve à la surface de l'eau salée, dans les flacons, une couche d'éther azoteux. On réunit ces produits dans une petite cornue ; on les distille à une douce chaleur, en recevant le liquide dans un récipient entouré de glace. On introduit l'éther ainsi obtenu dans un flacon avec un lait de chaux; on l'agite pour absorber l'excès d'acide, et on le décante.

H!n opérant sur 200 grammes d'alcool et sur 200 grammes d'acide, et en distillant le mélange dans une cornue de trois litres, suivant le conseil de MM. Dumas et Bouliay, l'opération marche avec régularité, et l'on obtient près de 50 grammes d'éther. Si l'on agit sur un poids plus considérable, il faut modifier fa manipulation. On retire le feu sans retard aussitôt que l'on aperçoit quelques symptômes d'ébullition. On place promptement une terrine pleine d'eau froide sous la cornue, et l'on arrose celle-ci avec une éponge trempée dans l'eau, presqiie jusque vers la fin de l'opération. Sans cette précaution, l'action deviendrait si violg||e queies tubes ne suffiraient pas au dégagement des gaz, et que Tappareil se briserait presque infailliblement. Si l'on attendait pour refroidir la cornue que l'é^dlition fût bien développée, ou si Ton interrompait l'afTusiou d'eau^Dide pendant un instant, on courrait le risque d'aittener sa rupture, à cause de la température élevée qui résulte de l'action chimique. Le refroidissement modère l'intensité de la réaction et permet à l'opération de marcher avec régularité.

Il se développe comme combinaison principale de l'èther azoteux et (X)mme produits accessoires : de l'azote, du bioxyde d'azote, de l'acide carbonique, et de l'aldéhyde. Quelques chimistes admettent également la formation de petites quantités d'acides acétique,

n. — Vir ÉDIT. ^

074 MÉDICAMEiNTS GUIMIQUES.

cyauhydrique, oxalique et la génération de Téther acétique. Les gaz entraînent une assez grande quantité d'éther azoteux, dont la condensation est d'autant plus complète que les récipients sont portés à une teini)érature plus basse par les mélanges réfrigérants qui les entourent. C'est afin d'éviter la congélation de l'eau contenue dans les flacons qu'il est nécessaire de la saturer de sel marin.

L'éthcr azoteux impur est mis en digestion sur la chaux caustique, puis soumis à une distilldion fractionnée jusqu'à ce que son point d'ébullition reste fixe vers H- iS*.

L'éther azoteux a'été employé en médecine à titre d'excitant et de diurétique. 11 n'est jamais administré pur, en raison de sa grande volatilité et de son altérabilité, et est préalablement mélangé avec un volume d'alcool égal au sien. Cette solution constitue léther nilreux alcoolisé ou liqueur anodine nitreuse. Plusieurs procédés ont été proposés pour la préparation de ce produit, le plus généralement adopté consiste à distiller un mélange d'acide azotique et d'alcool à 90« cent.

ÉTUER VITREUX ALCOOLISÉ.

(Licpiear anodine nitreate»)

l»r. : Alcool à 90« 0

Acide azotique à 1,32 D 3

Oh opère dans une grande cornue tubuléc posée sur un bain de sable, et à laquelle sont adaptés une allonge et un ballon fixé audessus d'un flacon bitubulé. L'une des tubulures est munie d'un tube recourbé, elle va porter les gaz et les vapeurs clans un flacon contenant 2 parties d'alcool à 90^ cent. — Introduisez l'alcool et l'acide dans la cornue, et chauffez le mélange, au moyen d'un fourneau mobile, que vous retirez aussitôt que l'ëbullition commence a se manifester. On abandonne l'opi&ration Y elle-même et l'on arrose, avec un courant d'eau, le ballon récipient et les flacons. Quand rèbullitiqÉui cessé, on recommence à chauffer de manière a obtenir 6 parties de produit. C'est la liqueur anodine niireuse.

Klaûer assure que la liqueur anodine nitreuse, rectifiée sur le bitarirate de potasse, cesse de devenir s[)0iitanément acide.

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