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CIILORAL ET HYDRATE DE CHLORAL

Le chloral ci Tliydrate de chloral, ont été découverts en i832 (mr M. Liebig. L'élude de ce corps a été reprise en 1834 par M. Dumas, auquel on doit un nouveau procédé de préparation de ce composé, et une série de recherches qui ont fixé sa composition chimique. SUbdeler a également soumis le chloral à d'intéressantes investiga^^ et a prouvé que cette combinaison chlorée peut prendre naissance daos la réaction du chlore sur Tamidoif^et les sucres.

De même que le chloroforme, le chloral est resté sans application pendant de longues années ;^Ia découverte de ses propriétés physiologiques et thérapeutiques date de 1869, elle est due^A il, 0. ^ebreich. Ce savant a fait usage dans ses recherches non pas du chlpral CMICPO», mais de Thydrale de chloral C*HCPO« -^^0*, combi^jûson cristalline, qui depuis quelque temps a vivement attiré l'attention du inonde médical en raison de ses propriétés hypnotiques.

Chloral, Le chloral CMICI'O' envisagé par la plupart des chimialg^ modernes comme Thydrure de trichloracétyle C*CI*0*,II se présentes l'état de pureté SQjUs la forme d'un liquide incolore, trés-fluide# pourtant gras au toucher, doué d'une odeur élhérée, mais exfrçant une action irritante sur les muqueuses olfactives et oculaires. L'impression 8É))ide est désagréable ; lorsque le chloral est anhydre, elle est presque caustique. Le chloral est trés-soluble dans Teau et dans Talcool.

Densité = 1,502 à-h 18^ Point d'ébullition -f- 94«; le chloral distille entièrement sans s'altérer.

Hydrate de chloral. Le chloral anhydre mis en contact avec 1*1^ s'y dissout avec un dégagement de chale^ir résultai^ de la formaiffin ék ihydrate défmi C41CP0» -+- 11*0*, lequel cristallise par l'évaporftion à l'air oi^dans le vide de la dissolution précédente.

L'hydrate de chloral se préseï^ sous la forme àe masses cristallines parfaitement incolores, résultant de l'accollement de lames prismatiques rhomboîdales. Ce composé peut distiller sans décomposition vers -+- 100'; à la lonipéralure ordinaire, IMension de sa vapeur est tt lie qu'il se volatilise peu à peu comme le camphre (Du* mas) ; il exhale une odeur éthérée vive et pénétifiEmte, difTérente de celle du chloral anhydre.

Nous avons déterminé la solubilité dans l'eau de l'hydrate de chloral pur» elle est considérable ; à + 15^ 100 grammes d'eau dissol- Vent S84v',015 d'hydrate de chloral. (J. R.) i

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f^ dissolution aqueuse d'hydrate de chioral, possède uue saveur désagréable extrêmement tenace. L*hydrate convenablement purifié exhale l'odeur caractéristique de ce composé, mais donne peu de fumées blanches avec l'ammoniaque ; ce qui a lieu lorsque le produit dégage des vapeurs chargées diacide chlorhydrique.

Néanmoins, si la température est un peu élevée et si on plonge une baguette imprégnée d'ammoniaque dans l'atmosphère d'un flacon incomplètement rempli d'hydrate de chloral pur et très-sec, on peut voir éÊ produire de légères fumées blanches.

Ces fumées paraissent tenir à Information de chlorhydrate d'ammoniaque, lequel se développerait à la suite de la métamorphose de riiydrale de chloral en forniialo d'am)ponia(|ue et en chloroforme, qui lui-niémi donnerait du chlorhydrate et du formiale d'ammo oiAlue. (J. Personne.)

Cet hydrate dissous dans l'eau ne rougit pas le papier bleui de tounM6ol, ou du iftoins le rougit à peine. La liqueur agitée avec une solution d'azotate d'argent ne produit ni précipité, ni trouble dû à la formation du chlorure d'argent. L'hydrate de chloral cristallisé inlro- Ifii dans un tube fermé contenant de l'acide sulfurique se dissout et !^e décomnosc en eau et chloral anhydre, sans que les liqueurs se colorent. ITiiydrate de chloral soumis à l'action d'une solution de }h>tasse ou de soude se transforme intégralement en chloroforme, qui se dégage et en formiate de potasse qui reste en dissolution ; cette réaction doit s'effectuer sans que les liquides se colorent. Tels sont jusqu'à présent les meilleurs caractères que nous puissions assigner à l'hydrate de chloral dcstin.î à l'usage médical ; la détermination exacte des points de fusion -H ^6<» et d'ébullilion -h 97** à 98" sont d'une grande importance ; mais les phénomènes secondaires que nuus Vf nâd^ de mentionner ont plus d'intérêt pour le pharmacien parce que leur appréciatiolti est facile et rapide.

Depuis la découverte des propriétés hypnotiques de l'hydrate de chloral par M. 0. Liebreich et son introduction dans la thérapeutique, tous les fabricants de produits chimiques se sont mis à l'œuvre pour obtenir ce composé dont la préparation et la purification offre d'assez grandes dirficultés. H est impossible de doiuier pour une combinaison dont l'étude industrielle est si nouvelle, un mode opératoire qui puisse être considéré comme définitif. Aussi, sans rien préjuger de l'avenir et en constatant dès aujourd'hui, que le prix du cliloral a déjà diminué de moitié depuis quelques mois, nous ferons seulement connaître textuellement la méthode de préparation décrite par H. Dumas eu 1834. Nous tenons de M. J. PenooMfiie de tous les procédés qu'il a com-

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parativement étudiés, c'est celui qui réussit le mieux et qui donne les produits les plus purs.

Voici le procédé de H. Dumas, tel qu'il est écrit dans son mémoire original.

« La manière la plus sûre d'obtenir le chloral consiste à soumettre l'alcool absolu à l'action du chlore sec. On se fera facilement due idée des précautions à prendre, quand je dirai que pour traiter un demi-kilogramme d'alcool il faut au moins 1200 litres de chlore, et qu'il se forme environ 1500 litres d'acide chlorhydrique gazeux. ,

« Je prépare [le chlore au moyen du peroxyde de manganèse, du sel marin et de Tacide sulfurique. Le ballon qui sert à le produine, ayant 15 ou 20 litres de capacité, f»eut recevoir de suite les matières nécessaires à la production de la totalité Ai chlore^ de sorte qu'on n'a plus qu'à y ajouter l'acide sulfurique à mesure du besoin.

« Le chlore gazeux est reçu dans un premier flacon de Woulf vide, où il se refroidit et laisse déposer une partie de son humidité, il passe ensuite dans un second flacon qui renferme du chlorure de calcium, puis dans un troisième flacon vide et» sec destiné à recevoir l'alcool, s il sur>'enail une absorption pendant la durée de Texpériencei § (Entre le premier flacon vide et le récipient à chlorure de calcium, on peut pour plus de sûreté placer un flacon contenant de l'acide sulfurique concentré.)

« Le chlore arrive enfln dans un ballon qui contient l'alcool, et se dégage au fond de celui-ei. Le ballon porte un tube qui dirige les vapeurs d'acide chlorhydrique dans une bonne cheminée.

i On excite vivement le counnt de chlore, qui -d'abord est converti totalement en acide chlorhydrique ; dés que la converûpn se ralentit, l'alcool se colore en jaune; alors on met quelques chfrbons au-dessous du ballon, et bientôt la couleur disparaît. A partir de ce moment, il faut tenir l'alcool tiède et élever de plus en plus la température, tout en continuant un courant de chlore rapide, jusqu'à ce que le liquide presque bouillaft n'agisse plus sur le chlore qui le traverse.

a En douze heures, on peut convertir en chloral 200 grammes d'alcool. En opérant sur 5 ou 600 grammes, rexpérieuce n'a jamais exigé trois journées. La Hqueur qui reste dans le ballon est mêlée avec deux ou trois fois son volume d'acide sulfurique concentré. Le mélange introduit dans une cornue est immédiatement soumis A une distillation ménagée. Dès la première impression du feu, ie chlorai se rassemble à la surface de l'acide, sous la forme d'juie huile

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limpide et très-fluide, qui se volatilise rapidement. Un peu avant que la couche huileuse ait entièrement disparu, on arrête Topération.

« Le produit volatil obtenu est mis dans un ballon avec un thermomètre ; on le fait bouillir jusqu'à ce que son point d'êbuUition sï*lève à 94 ou 95^. Il est d'abord plus bas, mais bientôt il arrive vers ce terme et s'y fixe. La liqueur restante doit être redistillée avec de Tacidc sulfurique concentré, puis soumise de nouveau à l'ébullilion. %< Enfm, on introduit le produit dans une cornue où l'on a mis un peu de chaux éteinte, puis récemment calcinée au rouge ; on distilla au bain d'eau saturée de sel marin, et Ton a le cliloral, que je regarde comme pur ou à bien peu de chose près.

« Ces moydhs de purification, dit M. Dumas, ressemblent a ceui dont M. Liebig a fait usage. L acide sulfurique est employé pour séparer l'alcool qui aurait échappé à l'action du chlore. 11 relient cet alcool ou le transforme en éthor sulfurique. 11 s'empare d'ailleurs de Teau qui accompagnait le chloral brut. En faisant bouillir le chlorai traité par l'acide sulfurique, on en sépare de l'acide chlorhydrique. de l'ëlher sulfurique, ou mémaà la rigueur de l'alcool, s'il en restait. Enfin, en le rectifiant sur la chaux vive, on s'empare de l'acide chlurhydricpie restant.

« M. Liebig a observé, avec juste raison, qu'il faut éviter l'emploi d'un excès de chaux. En effet, dés que la matière est presque tulalement volatilisée et que la chaux se trouve en présence de la va{>eur du chloral, il s'établit une réaction des phis vives; la chaux devient hicandescente et tout le chloral se trou\e détruit et rem[)lacé par une huile jaunâtre qui se volatilise et fue je nai pas étudiée. 11 se fait du chlorure de calcium et une matière bmne qui reste avec lui daii? la cornue.

« Quand on a du chloral anhydre, il sufiil de le mêler avec sou volume d'eau distillée pour obtenir le chloral hydraté. 11 se dissout avec dégagement de chaleur, et la liqueur évaporée dans le udf ou même à l'air, fournit une belle cristallisation d'hydrate de chloral. i

Cette dernière prescription doit être modifiée, car la composition de l'hydrîite de chloral est telle que 100 grammes de chloral anhydre exigent seulement 12*^%25 d'eau distillée pour tMre convertis en hydrate. La combinaison s'opère avec production de chaleur et grâce à celte élévation de température se maintient hquide, mais elle se solidifie en massç saccharoide en peu de temps. Un évite ainsi toute évaporation d'eaû et toute^ perte die mtlière.

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Afin d'obtenir plus sûrement Thydrate de chloral pur, M. Personne propose de modifier légèrement le procédé originel de H. Duaoai . L'expérience lui ayant démontré qu'il est impossible de séparer par des distillations fractionnées le chloral anhydre de l'aq^de chlorhydrique qui le souille, il opère Télimination de ce dernier par le irai* tement suivant. Le chloral anhydre impur est recueillli et combiné à l'eau en proportion convenable pour constituer Thy drate cristallisé, et celui-ci est soumis à une digestion de quelques heures avec de la craie (carbonate de chaux).

Après un temps suffisant, l'hydrate privé de toute acide libre est diiïtillé dans une cornue, que Ton fait plonger dans un bain d'hnile dont on maintient la température entre -+- ii5° et 120®. L'hydralc de chloral ainsi recueilli est entièrement privé d'acide chlorhydrique. Il importe de ne pas opérer la distillation à feu nu, et de ne pas dépasser la limite de teinpéralve que nous avons indiquée. Si la cornue était chauffée directement, il serait impossible d'éviter une ^rchauffe de son fonds et par suite une décomposition partielle de la matière.

Telles sont les prescriptions qui nous semblent actuellement les meilleures pour préparer Thydrate de chloral destiné aux usages de la thérapeutique. Ajoutons qu'elles ne doivent pas être raodificos sans une sérieuse attention, car on pourrait arriver par de prétendus perfectionnements à obtenir un composé diffèrent de celui qu'on se propose d'engendrer.

C'est ainsi que M. Z. Roussin croyant avoir préparé de l'hydrate de chloral par une méthode qui lui est propre, a fait naître une combinaison dont la nature lui a échappé. Mais cette tentative n'a pas été perdue pour la science, elle a fourni h M. J. Personne l'occasion d'un travail dans lequel il a d«'Mnonlté par l'analyse et par une élégante synthèse que le composé confondu par M. Roussin avec l'hydrate d(» chloral, n'est rien autre chose qu'un composé nouveau, Ta/coolate de chloral , dans lequel l'alcool joue relativement au chloral anhydre le même rôle que l'eau dans l'hydrate de chloral.

L'alcoolate de chloral a pour formule C*IIC1^0*,CW0*; sad^sité à + 6G° (lomlu) est égale à l,/i286 ; son point d'ébullition est -h 1 lo°,5; son point de fusion est -+- 50".

Tous les faits di'couverts par M. J. Personne, touchant l'existence et les propriétés de l'alcoolate de chloral on été vérifiés et confirmés dans un lumineux rapport présenté par M. Jungfleisch à la Société de pharmacie.

Les propriétés hypnotiques plutôt qu'anesthésiques de Thydrate de

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ofaloraldéoouvertes par M. 0. Liebreiéh, ont été constatées déji par un grand nombre d'observateurs. Mais il serait quant à présent tout au moins prématuré de pn'îjuger le rôle réservé dans l'avenir à œ médicament. Bien que le chlorai paraisse agir en se transformant graduellement on chloroforme sous Tinfluencc des sels alcalins da sang, son action esttotalement différente de l'eflet consécutif à l'inhalation des vapeum de (chloroforme. 11 n'y a pas lieu, selon nous, de s*étonner de cet effet spécial, pour peu qu'on réfléchisse à la profonde différence qui existe entre l'impression brusque du chloroforme absorbé par inhalation, et l'action lente, moléculaire, qui lui donne naissance lorsqu'il résulte de la transformation d'une combinaison dissoute dans la masse du fluide sanguin. Toute discussion sur le mode d'action du chlorai serait aivtueilement hâtive, et il appartient à M. 0. Liebreich de terminer au point de vue des étadcs physiologi- (fues, une étude qu'il a inaugurée par f|K) intéressante découverte. La y^estion de pratique se jugera plus tard, car ce n'est qu'après une longue suite d'expériences et lorsque l'enthousiasme des premien ukoments est calmée (pi'une découverte en thérapeutique proprement dite est véritablement mise à son rang.

Bl. 0. Liebreich admet que le chlorai agit sur l'économie en se transformant en chloroforme. Dans la note présentée à l'Institut de France par M. Winlz, il ne donnt* pas la démonstration directe de II présence du chlorofoimc dans l'économie, mais il la déduit de Tenst'niblodes symptômes qu'il constate à la suite soit de l'injection souscutanée, soit de l'ingestion des solutions aqueuses d'hydrate de chlorai. La démonstration expérimentale de l'existence du chloroforme dans le sang des animaux à la suite de l'ingestion du chlorai, a été l'objet de recherches intéressantes exécutées par M J. Personne. Ce savant a prouvé que le sang soumis^ji la méthode indirecte qui sert û constater la [irésence du chloroforme dans les expertises toxicologiqnes, manifeste li's réactions du chloroforme d'une façon trèsnelte. 11 confirme et appuie par des expériences analytiques l'opinion (le M. 0. Liebreich, touchant le dédoublement du chlorai en chloroforme et en acide formiqne, lors de sa |)énélration dans le sang, le chloroforme est Ini-méme détruit ullérieur«'menl dans l'économie et éliminé à Tétai de forniiateet de chlorure rie sodium. C'est probablement à la présence du formiate de sodium dans les urines des animaux soumis à l'influence de fortes doses de chlorai, que le liquide de la sécrétion rénale doit la propriété de réduire le réactif de Fehling.

A la suite des nombreuses communications dont le chlorai a été r objet, M. Dumas a présenté quelques réflexions dont nous eiirayoDS

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