‹ Traite de pharmacie theorique et pratique v. 2, 1870Chapitre 355 sur 494 · PROTOXYDE D'AZOTE · texte numérisé non relu

PROTOXYDE D'AZOTE

Hartford (Connecticut). Depuis cette époque, les inhalations aocsihésiques do protoxydo d'azote ont graduellement pris en Amérique et en Kuropc une extension considérable; cependant jusqu'ici leur application est r('î)tée limitée à l'insensibilité de courte durée nécessitée par la pratique de l'art dentaire.

Le [)rotoxyde d'azote est un gaz incolore, inodore, insipide; lorsqu'il est pur, son inhalation ne produit aucune impression irritante sur l'appareil respiratoire. Densité par rapport à Tair 1^5269. Poids d'un litre à 0« 1k%98. Sous la pression de 0",76 et à -h 15*» 1 litre d'eau dissout 1 litre de protoxyde d'azote ; dans les mêmes conditions i litre d'alcool absolu dissout 4', 178 de ce gaz. L'éther sulfurique à — 12° dissout 8 fois son volume de protoxyde d'azotflis>(SftLi* mousin.) Le protoxyde d'azote a été liquéfié pour la première fois par Faraday ; à (j°, il exige une pression de 30 atmosphères pour se maintenir à l'état liquide. Faraday a déterminé la température d'ébullition T du protoxyde d'azote sous différentes pressions P :

P = l*'-T = — 87«;P = 3'««,iiT=— 6-2-;P=8*«-,71T = ~40«; P = i9*»-,84T=— i8"';P=33*»-,40T = -|-l%5.

Parmi les caractères chimiques de ce gaz nous citeront seulement la propriété qu'il possède, comme l'oxygène, de rallumer les corps présentant un point en ignition et de déterminer une combustion vive et éclatante. 11 se distingue facilement de l'oxygène en'fee qu'il ne donne pas de vapeurs hypoazotiques par son mélange avec le bioxyde d'azote. De plus, au contact du sulfure de baryum, il fournit un volume d'azote égal au sien, tandis que l'oxygène est absorbé tout entier et ne laisse pas de résidu gazeux.

Tous les Traités de chimie indiquent les réactions diverses dans lesquelles se produit le gaz ÂzO; la seule qui soit usitée pour sa préparation en grand est la décomposition de l'azotate d'ammoniaque. Ce sel soumis & l'action de la chaleur fond vers + 108°, et se décompose entre -f- 200 et -f- 250° en eau et en protoxyde d'azote : 1 équivalent d'azotate d'ammoniaque fournit 2 éqniv. de protoxyde d'azote cl 4 éq. d'eau. La réaction est représentée par l'équation suivante :

AiO».AïU*0 = 2A20 + 4IIO.

11 importe de ne pas dépasser -f- 250°, car à une température supérieure, la décomposition du sel cesse d'être régulière. Elle se fait dans ces conditions par une sorte de déflagration explosive, et si les appareils ne sont pas brisés, le développement de vapeur d'eau et

6S6 MËDICAHENTS CHUDOUES.

de polotyde d'azote est accompa);né d'un dégagement de bioEjde

d'atote et de Tapeurs hypoazotiques.

Comnie il est impossible d'éviter le développement d'une petite quantité de ces produit^ dans une opération régulière qui porte sur de grandes quantités d'azolate d'ammoniaque, on fait passer le gu provenant de la décomposition du sel à travers des flacons contenant divers agents propres à leur condensation. Pour fixer le bioxydf d'aiote, on a recours à une dissolution de sulfate ferreux, qui m colore en brun fonce en formant une combinaison dans laquelle on équivalent de sel ferreux fixe un demi-équivalent de bioxyde d'azote. Les vapeurs Iiypoazotiques, ou mieux les produits acides résultant de la dëcttiposition de ÂzO* en présence de l'eau, sont retenus par une dissolution de potasse ou par de l'hydrate de chaux. lx>rsqu'on opère la liquéfaction de AzO par la compression, on Ip desséche; quant au protoxyde d'azote destiné à l'anestbésie, il est recueilli dans dts gazomètres à eau et par conséquent saturé d'hunoiditë.

Fig. 37.

Bien que le dispositif des appareils propres à préparer le protoxyde d'azote puisse être varié ù l'infini et que sa fabrication ne présente pas de difficultés pour un chimiste exercé, il n'est peul-étrc pas inutile de faire connaître ici une inslallation qui peut être mise à profit dans des localités restreintes, situées à peu de dislance d'une salle d'opération.

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Nous donnerons la description d'un premier appareil installé par M. S. Limousin {/ig. 57) ; il se compose des parties suivantes. A ballon en verre de la capacité de 4 à 5 litres Terme par un bou^n qui reçoit le tnbe de dégagement et un tliermomëtre ; il pose sur un fuuiv neau à couronne de gaz. 6 toile métallique destinée à empëclier la rupture du ballon sous l'influence des courants d'air froid. G flacon contenant une mince couche d'eau, et servant à condenser la vapeur aqueuse provennnl de la décomposition du sel et à fonctionner comme appareil de sûreté eucasd'absorption.D, F, Fsystèmederèfrigëralioii par un courant continu d'eau froide. G flacon laveur contenant une solution saturée de sulfate ferreux. H flacon laveur renfermant une dissolution de potasse caustique. I flacon laveur contenant de l'eau distillée, (y (y gazomètre de la capacité de 300 litres environ. 0 0 réservoir à eau du gazomètre. H embouchure pour administrer le gaz. Voici la description d'un second appareil {fig. 38) qui nous a ètë communiquée par H. le docteur Jeannel.

Fig. M.

a ballon en fonte chauffé par le gaz d'éclairage; b thermomètre; e serpentin refroidi ; d flacon servant de récipient pour la condensation de la vapeur d'eau ; e purificateur contenant du sulfate terreux concassé; f purificateur contenant de la pierre pouce imbibée d'un lait de chaux, ou d'une solution de potasse; g llacon laveur contenant de l'eau distillée dans laquelle le tube adducteur t ne plonge qu'A une iaible profondeur ; H tube de communication avec un gaiomitre équilibré.

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L'azotate d'ammoniaque doit être choisi par et toiioal aanpt de chlorure d'ammonium. A l'aide de ces appareils, on oblienl fadlement (I^MO à 280 litres de ce gaz par kilogramme de sel pur, quan» tité très-rapprochée du résultat théorique.

L'emploi des purificateurs recommandés par M. leanndi a pour avantage d'éviter les augmentations de pression qui rèaalluit nèeessairement du lavage des gaz dans les dissolutionst et de dimiiiff les pertes qui peuvent se faire par les joints.

Afin d'éviter les accidents, il est indispensable de constater la ftreté de l'azotate d'ammoniaque, et de surveiller avec la plu gnâii vigilance la marche du thermomètre. Malgré de nombre» essais si^ entés par H. Jeanne!, nous avouons que le récipient de fonte ne bm semble pas exempt de quelques dangers.

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