ALCALOÏDES. — FÈVE DE CALABAR
que M. A. Vée a découvert Tésérine dans les fèves de Calabar ; voici comment il Ta appliquée. Les semences tout entières ont été pulvérisées sans résidu et épuisées au moyen de Talcool à 90* bouillant. Les solutions alcooliques ont abandonné par la distillation un résidu extractif, lequel a été broyé avec une petite quantité d'acide tartrique cristallisé et traité par Teau distillée à plusieurs reprises. Cette dissolution saturée par un excès de bicarbonate de potasse a cédé à Téther sulfurique employé en excès et successivement l'alcaloïde que l'éther abandonne par son évaporation. Habituellement Falcaloïde est encore souillé dans ce premier traitement par des traces de matières étrangères qui Tempêchent de cristalliser. Quelquefois la simple redissolution dans Téther et Tévaporation spontanée de la liqueur suffisent pour obtenir des cristaux. Si Ton échoue, il convient, suivant M. A. Yéc, de traiter la matière incristallisable par de Teau acidulée, de précipiter la dissolution par l'acétate de plomb et de filtrer. On ajoute un excès de bicarbonate de potasse, on filtre de nouveau et l'on opère une dernière fois l'extraction au moyen de l'éther. Ce procédé donne environ 1 granune d'ésérine par kilogramme de semence; il est probablement susceptible de quelque perfectionnement.
M. A. Vée a de plus examiné les propriétés physiologiques et toxiques de l'alcaloïde qu'il a découvert, et il a tiré de son étude les conclusions suivantes :
1** L'ésérine, en dissolution étendue, instillée entre les paupières contracte énergiquement la pupille et produit les mêmes troubles de la vision que l'extrait de Calabar à des doses beaucoup plus élevées.
2^ Injectée dans le tissu cellulaire des animaux, elle détermine une abolition graduelle des mouvements volontaires, une résolution musculaire alternant avec des contractures des membres et du tronc, un ralentissement manifeste des mouvements du cœur, une gène extrême de la respiration, l'asphyxie et la mort. Un fait digne de remarque, c'est que dans les cas d'empoisonnement, la contraction pupillaire n'est pas constante. De plus, les précédents symptômes s accompagnent souvent de vomissements.
5" L'ésérine, absorbée par la conjonctive, peut causer la mort. L'apparition des phénomènes généraux d'intoxication précède dans ces cas l'action antimydriatique.
•4** L'ésérine injectée en môme temps que la strychnine modifie les symptômes de l'empoisonnement, sans retarder la mort.
5" L'injection de 1 milligramme d'ésérine dans le tissu cellulaire, u l'ingestion dans l'estomac de 4 milligrammes de cette substance,
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peuvent amener chez l'homme adulte des symptômes d'intolérance ; à dose plus élevée, elle produit des accidents sérieux.
L'intérêt de ces belles recherches est purement scientifique et la fève de Calabar n'a jusqu'ici été employée d'une façon habituelle que sous la forme d'extrait. Voici le procédé indiqué pai* le Codex pour obtenir ce médicament :