THÉ
On donne le nom de Thé aux feuilles convenablement préparées d un arbrisseau originaire de TAsie orientale, le Thea Sinensis Sims. [Tkea viriiiis et Dohca Lin.) de la famille des Canielliacées. Cette l»lante croît en Chine et au Japon, et elle est pour ces pays Tobjet d'une importante culture. L'usage de Tinfusion des feuilles de thé comme bobson remonte à la plus haute antiquité dans les régions asiatiques,
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il a pénétré eu Europe [»ar la Jlollando et l' Angleterre, vers la \)\ inière moitié du dix-septième siècle, mais il a pris depuis un demisiècle une énorme extension. Le thé est beaucoup plus important au point de vue de Thygiène que de la pharmacologie ; son histoire, néanmoins, est un des chapitres les plus intéressants de la matière médicale, la culture de la plante, les procédés employés pour la fabrication du thé sont décrits minutieusement dans les traités d'histoire naturelle.
On sait qu'il existe de très-grandes différences entre les nombreuses sortes de thé que fournit le commerce ; elles portent non-seulement sur l'aspect extérieur, mais encore sur l'arôme et les propriétés physiologiques du thé. On partage les thés : en thés verts et thés noirs ; parmi les thés verts, nous citerons le thé perlé, le t. poudre à canon, le t, Hayswen ou Hûnvin, le i, Chulan; les principaux thés noirs sont : le thé Peko et le Sotichon ou Souchong, Les thés verts sont plus excitants que les thés noirs ; beaucoup d'auteurs admettent que toutes ces espèces sont obtenues à l'aide des feuilles de la même plante et que leurs qualités dérivent seulement d'un mode de dessiccation différent, lequel serait rapide pour les premiers, et assez lent pour permettre à certains phénomènes de fermentation de s'accomplir dans la fabrication des seconds. Sans se prononcer d'une façon absolue sur cette question encore controversée, Pereira admet que les différences qui existent entre les thés verts et les thés noirs sont tellement nettes qu'elles donnent un grand poids à l'opinion des auteurs qui prétendent que cc^ deux sortes proviennent de plantes appartenant à des espèces distinctes et croissant dans des provinces séparées de l'empire chinois.
L'analyse chimique a démontré la présence dans les feuilles de thé de plusieurs principes immédiats importants parmi lesquels nous citerons : la tliéine ou caféine; le tannin; une huile essentielle; des matières grasses, résineuses et colorantes ; des principes albumi' noïdes.
Dans certains thés verts la proportion de caféine s'élève jusqu'à 6 pour tOO. Nous avons donné le procédé qui peut être suivi pour son extraction. Les propriétés physiques et chimiques de cet alcaloïde ayant été décrites à l'article Café, nous no les reproduirons pas ici. L'identité absolue de la caféine et de la théine est admise par la plupart des chimistes; quelques-uns néanmoins croient qu'il existe des différences entre leur mode d'action sur l'économie. On a publié dans ces derniers temps un travail dont les conclusions tendent à démontrer de no*** *<«« analogies et, d'autre part, des
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dissemblances : la puissance toxique de la théine serait deux fois moins intense que celle de la caféine ; la théine produirait dans les membres des mouvements convulsifs qui ne se développent pas sous rinfluence de la caféine. Il serait intéressant de contrôler de nouveau ces faits, en se servant de principes immédiats dont l'origine serait absolument certaine.
L'huile essentielle qui donne au thé son arôme s'obtient par la distillation du thé, au moyen de la vapeur après une macération préalable de quelques heures dans l'alambic. Elle est moins dense que l'eau, se congèle facilement pai* le refroidissement et exhale une odeur suave et très-forte.
L'acide tannique du thé rappelle complètement par ses propriétés l'acide quercitannique; il a reçu de quelques chimistes le nom d'acide bohéique, mais aucune expérience sérieuse ne justifie la nécessité de faire de ce composé une espèce spéciale.
Le thé est presque exclusivement employé comme boisson agréable, capable d'exciter par son arôme l'activité de l'estomac et de stimuler par son alcaloïde les fonctions des centres nerveux. Il s'administre sous la forme d'infusion chaude et exerce à ce titre une influence sudorifique. Le thé vert agit plus énergiquement sur le cerveau que le llié noir et cause souvent de l'insomnie aux personnes qui ne font pas de cette boisson un usage habituel. L'infusion de thé doit pour jouir de toute sa suavité être préparée avec des précautions minutieuses qui sont trop souvent négligées par les personnes qui en font
usage.
11 convient de mentionner à la suite du thé un certain nombre de substances appartenant à la bromatologie plutôt qu'à la pharmacie et dont l'action sur l'économie offre la plus frappante analogie avec celle du thé et du café ; parmi ces matières qui ne sont pas à proprement parler des médicaments et dont quelques-unes ne parviennent en Europe que comme des objets de pure curiosité, nous citerons les suivantes.
Le Maté ou thé du Paraguay est constitué par les feuilles de VUex Paraguayensis Lamb., de la famille des Uicinées. Les Espagnols et les habitants de l'Amérique centrale font une immense consommation de l'infusion de cette feuille. Cette boisson possède un goût qui est loin d'être agréable pour ceux qui n'y sont pas habitués, mais elle agit sur le système nerveux à la façon du thé, grâce à la caféine qu'elle renferme.
Le thé des ApaUiches est la feuille de ïllex vomitoriakri,, apparte^
nant à la même famille que le précédent. La plante croit dans la Floride, la Caroline et la Virginie. Les Indiens se servent des feuilles légèrement torréfiées pour préparer une infusion dont les propriétés excitantes sont analogues à celles du Maté.
La Coca est constituée par les feuilles d'un arbrisseau du Pérou et de la Bolivie VErythroxylon Coca Lam. , de la famille des Érythroxylécs. Ces feuilles sont employées comme un masticatoire qui charge la salive de principes solubles dont l'ingestion produit quelques phénomènes généraux analogues à ceux des substances précédentes. Parmi les propriétés qui font rechercher la coca chez les Indiens, il convient de citer la faculté qu'elle possède de faire supporter Tabstineuce pendant un temps assez long. C'est du reste un caractère qui appartient au c^fé, au thé et probablement à toutes les substances chargées de caféine, lesquelles produisent une stimulation soutenue du système nerveux.
Le Guarana est une sorte de pâte sèche préparée par les Indiens du Para à l'aide des semences broyées du Paullinia sorbilis Mart., arbuste grimpant de la famille des Sapindacées. Cette plante est trèsrépandue au Brésil, dans les forêts du Para, sur les bords du Rio- Madeiro. Le Guarana arrive en Europe sous la forme de masses cylindriques du poids de 100 à 200 grammes environ. La pâte séchée est brune, peu dense mais résistante, peu homogène dans sa cassure. La saveur de celte matière est presque dépourvue d'astringence, mais elle est douée d'une certainO' amertume. L'analyse du Guarana a démontré dans cette préparation l'existence de plusieurs principes immédiats : amidon; gomme ; matières grasses; acide tannique; et enfin caféine. La caféine du Guarana a été isolée pour la première fois par Martius qui ne reconnut pas sa nature et la désigna sous le nom de guaranine; ridentité des deux principes a été reconnue ultérieurement par Jobst.
Le Guarana qui joue, paraît-il, un rôle iniportant dans la thérapeutique brésilienne est à peine usité en Europe. Dans ces dernières années, il a été vanté dans le traitement de plusieurs névralgies et en particulier de la migraine ; il ne semble pas néanmoins que jusqu'ici son usage se soit répandu. Les formes sous lesquelles le Guarana a été prescrit sont : une poudre, un extrait alcoolique, une teinture alcoolique et un sirop obtenu au moyen de l'extrait. Aucune formule correspondante n'a été inscrite au Codex, ce qui prouve que si cette substance offre quelque intérêt scientifique à cause de la présence de la caféine qu'elle contient, elle n'a aucune importance pratique, si Ton tient compte de son analogie avec le thé et le café.
alcaloïdes. — IPÉCAGUâNUA. 07