‹ Traite de pharmacie theorique et pratique v. 2, 1870Chapitre 55 sur 494 · TEINTURE ALCOOLIQUE D IPÉCACUANHA · texte numérisé non relu

TEINTURE ALCOOLIQUE D IPÉCACUANHA

Pr. : Ipécacuanha i

Alcool à W 5

Faites macérer pendant 10 jours; passez avec expression et filtrez.

L'alcool se charge de toutes les parties actives de la racine d'ipécacuanha.

alcaloïdes. — GAINÇA. 105

qui varie depuis celle d*une plume jusqu'à celle du doigt. Vue à la loupe, sa cassure parait criblée de trous, et, entre Técorce et le bois, on aperçoit souvent des ramifications accompagnant le corps ligneux principal. La racine de caînça possède une odeur faible, nauséabonde ; sa saveur est très-amëre ettrés-âcre, surtout dans la partie corticale. Pelletier et Caventou ont publié l'analyse suivante :

Matière crasse douée d'une odeur vireuse; acide cafétannique ; acide cnincique; matière jaune extraclive et amère; matière colorante.

Brandes, Von Santin et Rochleder ont de plus signalé dans cette racine la présence de Témétine ; l'identité de tous ces principes immédiats exige une vérification générale.

L'acide caïncique a été regardé comme le principe actif du cainça ; mais il est certain que si l'émétine existe réellement dans cette racine, cette base doit concourir en partie au moins à la rendre vomitive.

L'acide caïncique, d'après Pelletier et Caventou, ne contient pas d'azote; cristallisé, il est uni à un équivalent d'eau, et il se présente sous la forme de petites aiguilles déliées, incolores et inodores. 11 est d'abord insipide, puis il finit par laisser dans la gorge un sentiment d'aslriction. Une partie d'acide caïncique exige 600 parties d'eau |K)ur se dissoudre; il est à peine soluble dans l'étber, mais trëssoluble dans l'alcool. L'acide acétique le dissout et l'abandonne par fêvaporation spontanée; la dissolution évaporée laisse l'acide caïncique sous la forme d'une matière gélatineuse. Soubeiran pense que la matière visqueuse signalée dans la racine a peut-être une origine analogue.

Les sels que l'acide caïncique forme avec l'ammoniaque, la baryte, la strontiine et la chaux, sont incristallisables et très-solubles dans Talcool. Lorsqu'on ajoute de l'eau de chaux à la solution de caïnçate neutre de chaux, tout l'acide se précipite en un sel basique insolui||p.

Pour obtenir cet acide, on dissout l'extrait alcoolique de caînça dans l'eau, et l'on précipite la liqueur par un excès de chaux ; on recueille le précipité ; on le lave et on le décompose par de l'alcool bouillant chargé d'acide oxalique. L'oxalate de chaux se dépose, et l'acide caïncique reste en dissolution. Cet acide se trouve dans les liqueurs obtenues au moven de l'action de l'eau et de l'alcool sur la racine àç caînça ; il est tenu en dissolution dans l'eau à la faveur des autres principes qui existent dans son tissu, ou peut-être parce qu'il est dans la racine à l'état de caïnçate de chaux. La racine de caînça a été vantée dans le traitement des hydropisies

essentielles, et dans le but d'amener la résorption des liquides épanchés dans les cavités séreuses ; cette substance végétale est maintenant à peu prés inusitée.

La racine de caînça a été pendant quelques années la base de préparations pharmaceutiques calquées sur celles que fournit Tipécacuanha. L'inutilité de cette substance en thérapeutique n'a pas tardé à être reconnue; aujourd'hui elle a presque cessé de faire partie de la matière médicale européenne.

Les matières médicamenteuses tirées du règne animal sont peu nombreuses et n*ont en général au point de vue de la pharmacie proprement dite qu'un intérêt secondaire; nous examinerons successivement les différentes préparations dont elles sont la base. Le Castoreum et le Musc ont déjà été étudiés dans le tome I"^, pages 451 , 453. Il nous reste à voir quels sont les usages pharmaceutiques des substances suivantes : bile de boeuf; suc gastrique; chair musculaire; lait; œufs; etc.

§ I. — BILB DB BŒUF.

Sous le nom de Fiel de bceuf, la bile du bœuf sert à préparer un extrait dont les propriétés thérapeutiques sont très-contestables et l'emploi médical presque nul ; voici la formule de ce médicament teUe qu'elle est inscrite au Godez de 1866.

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