‹ Traite de pharmacie theorique et pratique v. 2, 1870Chapitre 57 sur 494 · BILE DR BŒUF · texte numérisé non relu

BILE DR BŒUF

de la plus grande partie de l'eau qui dissolvait ses principes constituants.

Les principes vraiment caractéristiques de la bile de bœuf sont deux sels à base de soude dont les acides présentent un intérêt remarquable en raison des dédoublements qu'ils subissent : l'un est le Taurocholate de soude, découvert par Demarçay et nommé par lui Choléate de soude; l'autre est le Cholate de soude y découvert par Strecker et nommé par Lehmann Glycocholate de soude,

V Acide Taurocholique ou Choléique qui forme le premier de ces sels a pour formule C"H**AzO"S' ; lorsqu'on le chauffe avec les alcalis, il éprouve, en fixant les éléments de l'eau, une transformation caractéristique en Acide Cholalique non azoté C**H**0*® et en une combinaison cristalline azotée et sulfurée, la Taurine CWAzO'S*. Le taurocholate de soude existe en Irés-faible proportion dans la bile de bœuf.

V Acide Cholique ou Glyeocholique, C"H*'AzO**, à l'état de cholate sodique, prédomine dans la bile de bœuf. Sous l'influence des hydrates alcalins et de la chaleur, cet acide fixe comme le précédent les éléments de l'eau et se métamorphose en Acide Cholalique et en Sucre de gélatine ou Glycocolle C*H*AzO*.

C'est grâce à la présence de ces sels, et en particulier du premier, que les corps gras et la cholestérine sont maintenus dans la bile â l'état de dissolution. La présence de l'un et de l'autre se révèle dans la bile au moyen d'une réaction curieuse signalée pour la première fois par Pettenîj[ofer. Si l'on mélange la bile décolorée par le charbon inimal, avec les deux tiers de son volume d'acide sulfurique à 1 ,84 D. , m évitant autant que possible une forte élévation de la température ; puis si Ton ajoute, en agitant, une dissolution au cinquième de sucre de canne, il se produit une belle coloration violette. Les dissolutions iqueuses de taurocholates et de cholates alcalins donnent lieu au même phénomène.

Parmi les matériaux secondaires delà bile de bœuf, nous citerons : m alcaloïde, la Chdine C^'^IP'AzO', qui y existe en très-petite quanité et a été découverte par Strecker ; la Cholestérine^ la Lécilhine, la ^almitine et VOléine. La Choline est identique avec la Neurine de f . Liebreich.

Quant aux matières colorantes qui donnent à la bile ses nuances 'ariant du vert au jaune brunâtre, Stsdeler les rattache à quatre ypes qu'il a pu isoler et analyser; ce sont, d'après ce chimiste : a Bilirubine C«H»«Az«0«; la Biliverdine O«fl«»Az*0*«; la Bilifuscine TnV^AzHy ; la BUiprasine C"fl"Az*0«. M. Virchow a désigné sous le lom de Bilifulvine une matière colorante se présentant sous la forme

de cristaux violacés et dont Tidentité avec VHématdidine a été reconnue par M. Valentiner. On sait que la bile et les liquides colorés par elle possèdent la propriété de manifester par Taffusion de l'acide nitrique, ajouté goutte à goutte, des teintes qui passent successivement du vert au bleu, au violet, au rouge et enfin à une teinte jaunâtre. Cette réaction de Tacide nitrique paraît s*exercer spécialement sur la bilirubine et la biliverdine.

La bile de bœuf soumise à la dessiccation laisse environ iO à 13 p. 100 de résidu solide; elle ne perd donc que 90 à 87 parties d'eau, ce qui en fait, avec le sang et le lait, un des liquides de l'économie les plus chargés de principes solubles. Sur 100 parties de résidu fixe, la bile de bœuf renferme environ 60 parties de cholate et taurodiokte de soude ; 28 parties de principes colorants, cholestérine, graisses, etc., et 12 parties de matières minérales. Les cendres de la bile de bœuf sont constituées surtout par le chlorure et le phosphate sodiques; elles contiennent en outre de la chaux, de la magnésie, de l'oxyde ferrique et des carbonates alcalins provenant de la destruction des cholates.

§ II. — 8UG OA8TBIQUB.

Le principe albuminoîdesoluble, qui, associé à l'acide chlorhydrique dans le suc gastrique, est considéré comme l'agent principal de la digestion stomacale, a reçu de Schwann le nom de Pq^gine, du mot 9rs^|>(c qui signifie coction. Deschamps d'Avallon a retiré cette même substance de la présure et l'a désignée sous le nom de Chymosine; Paycn l'a extraite du suc gastrique et l'a nommée Gastérase, Wasmann le premier est parvenu à isoler la pepsine en appliquant une méthode de traitement convenable au liquide obtenu en faisant digérer dans l'eau à une température de 30 à 35<* centigrades la membrane muqueuse stomacale du porc.

M. Gorvisart a introduit l'usage de la pepsine dans la thérapeutique et depuis un certain nombre d'années, il est parvenu à vulgariser son emploi dans la pratique médicale, en l'administrant mélangée à l'amidon sous la forme d'une ])midre dite nutrimentive. Le Codex de 1866 a inscrit la pepsine au nombre des médicaments, la formule qu'il a donnée pour l'obtenir et pour lui faire revêtir les formes pharmaceuti(|ues usuelles est celle qui a été préconisée par MM. Co^ visart et Boudault. Nous nous bornerons à transcrire textuellement et sans commentaire les prescriptions du formulaire légal touchant cette délicate matière.

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§ III. — PBPSIIIB.

\jaL Pepsine est un principe particulier qui est sécrété dans l'estomac des mammifères et des oiseaux, et auquel on attribue la plus grande part dans le phénomène de la digestion stomacale. Ce n'est pas à 1 étal de pureté qu'on remploie pour l'usage médical. Telle qu'on l'obtient par le procédé suivant, qui la donne à l'état de mélange avec un certain nombre d'autres corps, elle présente à un degré très-marqué, moyennant Tintervention d'un acide, la propriété d'opérer la dissolution de la fibrine.

Cependant la pepsine étant très-altérable, sa conservation est difficile, et les médicaments qui la contiennent peuvent être d'un effet variable et incertain .

Pour obtenir la pepsine médicinale, on prend un nombre suffisante de caillettes de moutons récemment tués. On vide ces caillettes, on les lave rapidement et l'on en déchire la membrane interne en la frottant rudement avec une brosse de chiendent. On fait macérer, pendant deux heures seulement, la pulpe qui en résulte dans de l'eau à 15" centigrades; on jette le tout sur une toile grossière et l'on ajoute au liquide passé, mais non filtré, une solution d'acétate neutre de plomb.

Le précipité qui se forme est très-abondant ; on décante le liquide surnageant, et on le remplace deux fois par de l'eau distillée. On délaye une dernière fois le précipité dans de nouvelle eau, et Ton y fait passer un courant d'acide sulfbydrique, jusqu'à ce qu'il y en ait un excès manifeste.

On distribue le liquide et le précipité noir sur un grand nombre de filtres, et Ton évapore le liquide, à mesuire qu'il filtre, dans des vases peu profonds, à large surface, en maintenant une température constante, qui ne doit pas dépasser 45" centigrades.

On évapore la solution jusqu'à siccité, et l'on enlève, à l'aide d'un couteau flexible ou d'une carte de corne, le résidu qui se présente sous la forme d'une pâte ferme, douée d'une couleur blonde, d'un goût acidulé et d'une odeur animale désagréable, qui n'a pourtant rien de putride. Cette pâte constitue la Pepsine médicinale. Elle opère la dissolution de 40 fois son poids de fibrine du sang, blanche, humide, mais non mouillée. Pour faire cet essai, on met dans un petit flacon à large ouverture et non fermé :

Pepsine 25 cent.

Eau distiUée 25 gr.

Acide lactique concentré 40 cent.

Fibrine humide 10 gr.

110 MËDiaMENTS DmiGLNË AMMALË.

On place le flacon dans une étuve à eau chaude, dont la température ne doit pas dépasser 45° centigrades. On agite plusieurs fois. Au bout de douze heures, exception faite du résidu grisâtre p^u abondatU que laisse toujours la fibrine, celle-ci est dissoute et communique au liquide une consistance demi-gélatineuse. Le liquide étendu d*eau et filtré ne se trouble pas par Tébullition; il forme, avec le tannin, un précipité qui devient tenace et d une teinte violacée. L*alcool y détermine un abondant précipité blanc; Tacide nitrique n'y forme pas de précipité à froid.

On vend, dans le commerce, sous le nom de Pepsine amylacée, une poudre plus ou moins blanche, qui est un mélange de pepsine médicinale, d amidon et d'acide tartrique. On admet que cette pepsine amylacée est bien préparée, lorsque i gramme de la poudre, mis en contact avec 20 grammes d'eau et 6 grammes de fibrine humide, désagrège complètement la fibrine et amène les résultats qui viennent d'être exposés.

§ I¥. — CHAIR MU8GULAIRB.

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