‹ Traite de pharmacie theorique et pratique v. 2, 1870Chapitre 74 sur 494 · II. — VII' ÉDIT · texte numérisé non relu

II. — VII' ÉDIT

U(î MKDICAMENTS D^lGINfî ANIMALE.

laire, celle près de laquelle on applique l'œil ; il porte des divisions au nombre de cinquante, et des chiffres calculas de façon à indiquer la richesse en beurre du lait.

« L'instrument étant mis au zéro, c/est-à-dire, les lames de verre étant juxtaposées lune contre Taulre, et le zéro de la division correspondant à Textrémité de la llèche gravée sur le tube fixe, le lait est versé dans le godet. Celui-ci étant plein, on écarte les verres Tun de l'autre, en tournant le tube oculaire de droite à gauche, jusqu'à ce que tout le liquide ait pénétré entre les surfaces des verres et qu'il soit réuni à la partie inférieure.

« On rapproche alors les lames de verre, en tournant le tube oculaire de gauche à droite, et l'on regarde à travers la couche laiteuse jusqu'à ce que l'on recommence à distinguer la forme dte la flamme d'une bougie ou d'une chandelle placée à i mètre environ de l'observateur. On s'arrête à ce point, et l'on imprime un léger mouvement en sens inverse jusqu'à ce qu'au moyen de quelques tâtonnements, on arrive à cesser de voir la flamme, sans dépasser le moment où elle s'éteint pour ainsi dire ; c'est là définitivement le point où il faut s'arrêter. n ne s'agit plus que de lire le chiffre de la division coincidant avec la pointe de la flèche. »

M. Donné a établi expérimentalement un tableau dans lequel sont inscrites les quantités de matières grasses correspondantes aux différents degrés du lactoscope. Dans le cas où l'on a affaire à des laits très-pauvres en beurre, il arrive souvent qu'un tour de l'oculaire ne suffit pas pour donner à la couche de liquide une épaisseur capable d'éteindre la vision de la flamme. Dans ce cas, on ajoute du lait dans le petit godet ; on augmente l'épaisseur de la lame liquide, en tournant la vis jusqu'à ce que l'extinction se produise, et l'on compte autant de fois 50 que l'on fait exécuter de tours complets à l'oculaire.

Soubeiran recommande de se placer dans une pièce obscure, et nous avons pu, dans de nombreux essais, apprécier l'influence de cette prescription sui* l'exactitude des résultats. Le même savant fait observer que la valeur de l'inslrument n'est qu'approximative, puisque l'opacité du lait n'est pas due seulement aux globules gras, mais qu'elle dépend aussi de la quantité de matière caséeuse globulaire tenue en suspension. Aussi, tout en reconnaissant l'ingéniosité du lactoscope et le profit que l'on peut tirer de la rapidité de son emploi, pensons-nous que les renseignements qu'il fournit sont moins précis que ceux que l'on oblient par la méthode de M. Marchand. Son application est indispensable dans les cas où Ton n'a qu'une extrêmement petite quantité de lait à sa disposition.

5* Dosage du sucre de lait (lactose), La proportion de lactose con- U^nue dans le lait de vache varie entre 50 et 54 grammes par litre ; le dosage peut être exécuté facilement soit à Taide de la réduction des liqueurs eu pro-al câlines, soit au moyen de Texamcn polarimétriquo (Poggiale, Hosenthal).

a. Dosage de la lactose jmr la liqueur de Fehliny, Dans l'origine, M. Poggiale a prescrit de doser la lactose au moyeu du sérum de lait privé de casêum et de matières grasses. MM. Boussingaull, Boudet et Adrian ont reconnu que la coagulation préalable du lait est inutile et qu'elle oblige à des manipulations et à des calculs dont on peut se dispenser. Le mode opératoire suivant est celui qui est pratiqué par ces chimistes, et nous devons déclarer qu'il ne laisse rien à désirer.

Pour préparer la Liqueur de Fehling, on dissout 40 grammes de sulfate de cuivre pur et cristallisé dans i 60 grammes d'eau distillée ; d'autre part, on fait une dissolution composée de 1 60 grammes de lartrate neutre de potasse, 150 grammes de soude caustique et 600 grammes d*eau distillée. On verse, peu à peu et en agitant, la solulion de sulfate de cuivre dans cette liqueur alcaline. Lorsque le mélange est refroidi, on ajoute une quantité d*eau distillée suffisante pour obtenir H 54,4 centimètres cubes à la température de -h 15"*. Cette solution est titrée de telle façon que 20 centimètres cubes correspondent à 156 milligrammes de lactose.

Avant de procéder au dosage de la lactose dans le lait, il importe fie déterminer exactement la proportion de lactose nécessaire pour décolorer 20 centimètres cubes de la précédente liqueur. Cette vérilication se fait au moyen d'une solution contenant 5 grammes de lactose pure dans une quantité d'eau distillée telle, que la liqueur occupe iOO centimètres cubes à -+- 15*». On remplit la burette chloremétrique de Gay-Lussac de cette solulion, et d'autre part on introduit dans un petit ballon de verre 20 centimètres cubes de liqueur do Fehling et un volume égal d'eau distillée. La liqueur cuproalcaline est chauffée sur une lampe à alcool et lorsqu'elle entre en cbullition, on ajoute au moyen de la buretle et goutte à goutte la ^^ohltion de lactose jusqu'à ce que la liqueur, qui surnage le précipité rouge d'oxyde cuivreux, soit complètement décolorée. On reconnaît du reste, que la quantité de sucre de lait nécessaire à la réduction est dépassée à la teinte jaune que présente la liqueur. Du nombre des divisions de la burette, ou déduit la quantité de lactose correspondante à 20 centimètres cubes de la liqueur d'essai.

On opère de la même façon pour le dosage de la lactose contenue

ÏU MtUIGAMKMS D\mlGl^E ANlMALi:.

dans le lait. Pour que Tessai réussisse bien, on étend le lail de son volume d'eau et l'on emploie 10«« de liqueur de Fehling mélangés à 10** d eau. Le lait est versé dans la liqueur cupro-alcaline bouillante au moyen de la burette de Gay-Lussac ; et l'on arrête l'aflusion dès que le liquide qui surnage le précipité rouge reste transparent et incolore. Ainsi que nous Tavons dit et comme le prouvent les expériences nombreuses de MM. Boussingault, Boudet et Adrian, la présence des matières albuminoîdes et grasses de lait ne porte aucun trouble dans la netteté des résultats.

b. Dosage de la lactose au moyen du saccharimètre. Indépendanunent de cette méthode chimique M. Poggiale, a appliqué la sacchàrimétrie optique au dosage de la lactose ; voici de quelle manière il prescrit d'opérer. « On commence par coaguler le lait au moyen de l'acide sulfurique, à la température de 40 à 50 degrés ; on filtre ensuite et Ton ajoute au liquide filtré quelques gouttes de sous-acétate de plomb qui déterminent un précipité assez abondant. On obtient par une nouvelle filtration une liqueur parfaitement transparente et très-propre à ce genre de recherches.

a Le sérum étant ainsi préparé, on rintroduit dans un tube d'observation de 20 centimètres de longueur et, après avoir fermé celuici, on le place sur l'instrument pour obtenir le nombre de divisions, indiquant la déviation que le plan de la lumière polarisée éprouve en traversant le liquide sucré. Si Ton a trouvé, par exemple, 28 degrés, il suffira de consulter la table qui a été dressée à cet efTet, pour conaitre le poids du sucre contenu dans 1 litre de petit-lait. On arrivera au même résultat à l'aide de la proportion suivante :

^^jr|-^-- = — d'où X = 56,55. C'est-à dire, que dans celle suppo- Jul ,tlO X

sition, 1000 grammes de petit-lait cont^iennent 56s%55 de lactose. »

Le nombre 201 ,90 exprime la quantité de sucre de lait qui, dissoute

dans l'eau distillée et portée au volume de iOOO centimètres cubes,

produit une déviation de 100 degrés.

H. Poggialc a construit une table qui, d'après les divisions ou degrés du saccharimètre, fait connaître la proportion de sucre de lait dissous dans 1 litre de petit-lait; voici cette table, réduite aux valeurs usuelles :

QUAKIlTé

QOAXTITÉ

qoaxtitC

1 KCRi»

1 Tftm:vi«

DE LâCTOSC

0A5» m LITRE

DE

DECRIS TROUTÉ!»

DE LiCTOSR

DâlfS UN LITRE

DE

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DE LACTOSE

DA!fS Dfl LITRE

DE

MTIT-LAIT

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