ÉPONGES TORRÊFIÉKS. (ÉPONGES CALCINÉES
On prend des éponges,, on les divise par morceaux, on les bat e on les secoue pour séparer les matières étrangères, mais on ne le hve pas. Ces morceaux d'épongés sont introduits dans un brûloir à caiè, et torréfiées jusqu'à ce qu'ils prennent une couleur noirâtre. La matière est pulvérisée et on la conserve dans un flacon hermétiquement fermé.
Goibourt a prouvé que lorsqu'on pousse la torréfaction trop loin, ainsi que cela était prescrit dans les anciennes pharmacopées, on dissipait la presque totalité de l'iode contenu dans les éponges. Guibourt a reconnu la présence de l'iodure de calcium dans les éponges calcinées et il s'est assuré que cette combinaison ne préexiste pas avant la torréfaction. Il pense que, sous l'influence de Ja chaleur, l'iode libre ou condensé dans le tissu de l'éponge réagit sur le carbonate de chaux et forme de l'iodure calcique, lequel demeure dans le produit tant que la température n'atteint pas le rouge. A cette température, l'iode est expulsé par l'oxygène de l'air, et il y a formation de chaux.
L'éponge brûlée est un médicament depuis longtemps célèbre dans le traitement du goitre; elle doit certainement ses propriétés à l'iode ; cette préparation est maintenant peu usitée.
TABLETTES d'ÉPONGES TORRÉFIÉES.
Pr. : Éponges torréfiées et porphyrisées. • . .... 1
Sucre pulvérisé .... 47
Mucilage de gomme adragante à l'eau de cannelle. . S. Q.
F. S. A. des tablettes de 50 centigrammes. Chaque tablette contient 10 centigrammes, d'épongé torréfiée.
Ces tablettes doivent être renouvelées souvent; elles ont été primitivement employées dans |e traitement du goitre.
Différents Fucus calcinés ont été aussi recommandés contre le goitre et les scrofules. Tel est, par exemple, le Fusus vesicuhsus, trèsconunun sur les côtes de l'Océan.
La poudre de Sancy est un remède secret qui paraît devoir sa réputation comme moyen de combattre le goitre à la présence de matières végétales chargées d'iode.
Les propriétés hygroscopiques de deux tissus végétaux desséchés , la racine de Gentiane (tome 1, page 516), et la Laminaire digilée ont donné aux chirurgiens Tidée de les appliquer à la dilatation des plaies dans tous les cas où l'emploi des éponges préparées est jugé nécessaire. Ces deux substances oflrent Tavantage de posséder à l'état de siccité une texture trés-homogène et une solidité assez grande pour qu'il soit fticile de les tailler facilement en cylindres minces et lisses que l'ont fait pénétrer sans difficulté à travers des orifices étroits et dans des trajets fistulcux d*une assez grande longueur. La laminaire offre sur la racine de gentiane l'avantage de subir en s'bydratant une dilatation plus considérable et plus uniforme.
La Laminaire digitée (Laminaria digitata Lamx.) est une plante de la famille des Algues et du groupe des Fucoidées. Cette plante se rencontre dans presque toutes les mers qui baignent l'Europe et rAmériqne septentrionale, elle est très-répandue sur les côtes océaniennes de la France et de l'Angleterre ; voici les principaux caractères de la partie usitée. Le stipe est court, cylindroide, de consistance ferme, élastique, analogue à celle de la corne, il se laisse facilement couper e tailler, lorsqu'il est à Tétat de fraîcheur. C'est ce stipe qui vers 1869 a été introduit dans la pratique chirurgicale par le docteur Sloan d'Ayr. Pour que les stipes de laminaire possèdent toute leur activité, ils doivent être privés de leur enveloppe mince extérieure, et soumis à une dessiccation progressive et très-prolongée. Grâce à leur texture homogène et dense, ils sont susceptibles d'une sorte de poli qui facilite singulièrement leur introduction et, s'ils ont été sèches avec soin, ils peuvent au contact des liquides se dilater de façon à ce que leur diamètre devienne deux fois plus grand qu'il n'était primitivement.