DJ3S SUCS
Ce sont des produits solides ou liquides retirés des végé* taux : ils en découlent naturellement ou à l'aide d'incisions pratiquées pendant la vie du végétal, ou bien ils s'obtiennent par la division çt l'expression. Les premiers deviennent concrets au contact de Tair, et sont de nature variable (gommes,
résines, gmnmca-resines, opium, etc.)* Nous les ferons cdnnaître dans la matière medicalé. Ceux qui s'obtiennent par division et expression sont les seuls qui nous occuperont ici. On les divise en sucs aqueux et sucs huileux. Les sucs aqueux se divisent eux mêmes en sucs aqueux proprement dits* et en sucs acides.
Sucs aqueux proprement d'us (sucs d'herbes).
Préparation. Les sucs aqueux ou sucs d'herbes se retirent des plantes fraîches, dont ils constituent l'eau de végétation. Les plantes ou portions de plantes qui doivent servir a la préparation des sucs, s'émondent d'abord,, se lavent dans l'eau pour être séparées des parties terreuses, et s'essuient dans un linge.
Si elles sont d'une texture tendre ( feuilles , fleurs, quelques racines),on les divise par épisiation ; dans le cas contraire ( racines de patience, de carotte ), on a recours au râpage.Lai plante divisée, on la laisse macérer un quart d'heure dans son eau de végétation, afin que celle-ci entraîne plus de principes actifs; puis on la soumet a l'expression. Dans un grand nombre de cas la pression de la main suffit. Quelques pharniacologistcs conseillent d'ajouter un peu d'eau, lorsqu'on opère sur des plantes qui contiennent peu d'eau de végétation ( labiées ), ou qui renferment un mucilage assez consistant pour rendre difficile l'expression du suc ( borraginées ). '
Les sucs ainsi obtenus sont troubles,quoique de composition variable et en rapport avec celle du végétal; ils contiennent presque tous deJ'albumine, un principe extractif, des sels, une matière colorante (jaune, rouge, ou verte), et quelquesuns une assez grande quantité de matière sucrée ou des principes volatils (labiées, crucifères).
Clarification.EWe se fait a froid au papier joseph qui sépare des sucs les débris parenebymateux et la plus grande partie
de la matière colorante verte. Cette clarification est longue ; elle exige dix a douze heures, et doit se faire l'été dans des endroits frais. Faite a chaud, cette opération dépouille le suc d une portion d'albumine qui se coagule, ainsi que de quelques principes extractifs et aromatiques; à cet effet, on dépose la liqueur dans une fiole fermée par du parchemin percé de plusieurs trous ; on plonge a plusieurs reprises la fiole dans l'eau bouillante, puis on filtre anjpapier quand le suc est refroidi. Il est des personnes qui ne pourraient faire usage des sucs clarifiés a froid, comme contenant trop de principes actifs: c'est au médecin a juger s'il faut les affaiblir par l'addition d'un peu d'eau, ou les dépouiller partiellement par clarification a chaud. Le suc d'oseille favorise la clarification des sucs des plautes antiscorbutiques.
Prescription. Les sucs d'herbes se prescrivent, de même que les pulpes, en indiquant le nom de la plante, la quantité de s»uc, ainsi que le mode de clarification. Ainsi, suc de fume' terre clarifié à froid, quatre onces. Les sucs peuvent servir d'excipient a des substances médicamenteuses; ce sont, en général, desse's, extraits aqueux, sirops, eaux distillées, vins, teintures, alcoolats. En ce cas, après avoir inscrit laquantité de suc, on ajoute le nom de la substance et sa dose. Ainsi : suc de saponaire clarifié a froid, trois onces; sirop defumelerre, une once .
m Administration, usages. Les sucs aqueux jouissent des mêmes propriétés que les plautes d'où on les extrait ; ils contiennent sous un très-petit poids beaucoup de principes actifs, et sonten général désagréables a prendre; il faut donc n'en préparer a la fois que de petites quantités, deux a quatre onces, fournies par trois ou quatre poignées de plantes, et les administrer en une seule dose le soir ou le matin , seuls, édulcorés avec un sirop ou aromatisés.
Les sucs les plus fréquemment usités sont ceux de fumeterre, de feuilles de chicorée, de pissenlit (sucs dépuratifs ) ;
defeuilles decochléaria,de cresson, de trèfle d'eau (suc antiscorbutique): de chaque plante une poignée. Dans la compétition des suça, il feu* éviter remploi des substances dont les principes immédiats peuvent réagir les uns sur les autres, à moins que cette réaction ne soit nécessaire. •
« ' Sucs acides.