‹ Traité de pharmacologie et de l'art de formulerChapitre 40 sur 92 · PRÉPARATIONS PHARMACEUTIQUES OFFICINALES · texte numérisé non relu

PRÉPARATIONS PHARMACEUTIQUES OFFICINALES

A. INTERNES

OBTEXVES PAR SOLUTION.

Les préparations pharmaceutiques officinales internes! obtenues par solution, sont de forme liquide. Elles se désignent sous les noms à'Iiydrolés, à'œnolés, de brutolés, d'oxéolés, à'alcoolés, tféihérolcs et de myrolés, selon que l'excipiei^est l'eau, le vin, la bière , le vinaigre, l'acool, l'éther oriphie huile essentielle.

Ces préparations peuvent se composer avec des substances minérales, végétales, ou animales. Elles renferment les principes fixes et volatils des corps médicamenteux ; aussi leurs propriétés sont-elles en rapport avec la nature de ces produits. Il importe de ne pas négliger l'action des véhicules qui leur servent d'excipient , doués en général d'une assez grande activité.

Les modes de solution usités pour, leur préparation sont la solution proprement dite, et la macération. Les alcoolés, et en particulier les éthérolés, peuvent être préparés par lixiviation et par la méthode de déplacement. La macération se pratique dans des vases fermés, appelés matras. La durée de cette Opération est de quatre a quinze jours. Le mode de clarification employé est la filtrationau papier, après avoir passé les matières à travers uneétamine avec expression. Les éthérolés se clarifient par reposition et décantation.

La prescription de ces préparations n'offre rien de particulier, leur formule étant consacrée. Il suffit seulement de onner le nom de la préparation et sa quantité. Il eu est de

même pour toutes les préparations officinales. Le médecin doit connaître surtout les substances susceptibles de prendre ces formes pharmaceutiques , ce que nous indiquerons en parlant de chacune d'elles en particulier. S'il était dans la nécessité d'en formuler de nouvelles, il se conformerait aux règles générales qui seront indiquées.

HYDROLÉS MINÉRAUX»

( Préparations ayant l'eau pour excipient, )

Nous comprenons, sous cette dénomination , des solutés daus l'eau de substances minérales (solutés minéraux) , ainsi que les eaux naturelles ou artificielles, contenant assez de principes médicamenteux, pour . modifier l'économie d'une manière assez marquée, et désignées sous le nom d'eaux minérales.

SOLUTÉS MI3É1UUX.

Les solutés minéraux différent des tisanes par la nature des corps médicamenteux. Us se composent de substances minérales en général douées d'une très-grande activité. Ensuite ils peuvent se conserver assez longtemps sans altération, ne contiennent pas d'édulcorant, et s'administrent ordinairement par gouttes dans un véhicule approprié.

Préparation. Les corps les plus souvent employés pour la préparation des solutés sont le deutochlorure de mercure, Yiodure de potassium, Y iode, le chlorure de baryum, le chlorure d or et de sodium, les chlorites de chaux, de soude, Yarsènite de potasse, les arséniates de potasse , de soude et d'ammoniaque, etc. La solution de ces corps dans l'eau se fait a chaud s'ils sont peu solubles; le plus ordinairement à froid en les triturant avec ce liquide dans un mortier de verre ; celle du deutochlorure de mercure est favorisée par l'addition, de deux

*es, etc.), «les sulfures, chlorures, iodures, bromures à base de chaux, de magnésie, de soude de fer, de potasse, etc., de la silice, une matière végétoanimale non encore bien caractérisée. D'après la prédominance de quelques- uns de ces produits, qui donnent aux eaux minérales des caractères partiçuliers, elles sont divisées en plusieurs classes.

i° Eaux ferrugineuses. Elles contiennent du fer a l'état de carbonate ou de ferrate, «Taprès quelques chimistes. Leur saveur est siyptlque, ferrugineuse; elles se colorent en violet par là teinture de noix de galle, et précipitent en bleu par fo cyanure jaune de potassium et de fer. Celles de Forges, d'Àumate, de Passy, ide Rouen, de Ferrières, de Contrexeville, de Spa, de Cransac, de Vais, etc. (froides), de Bourbon 4'Àrchambauft, de Montferrand, etc. (thermales).

2° Eaux acidulés gazeuzes. Elles pétillent comme le vin de Champagne; leur saveur est acide, aigrelette , elles rougissent le tournesol, et précipitent Teau de chaux en blanc. Celles de Seltz, de Bar, de Chateldon, de Pouejues, de Saint- , Myon (froides), de M^nti-oTtor, de Néris, OTJssat et celles de Vicbt, de Chande^Aigues, qui sont aussi alcaîiftes, etè!* (thermales). ~ > ^ ; '> ; > 1 ^

5 b Eaux sulfureuses. Tilles contiennènt au soufre arrêtât de sulfure alcalin; leur saveur et leur odeur sont celles d'œufs pourris, elles noircissent les métaux blancs. Celles • d'Enghien, de laBassere (froides), et celles de Baréges, de Bonnes , de Bagnèrçs 4 e Luchon ?i te £aufej;ets, de Saîvt- Amand, d'Olette, d'^-larCha|>erie, .oVAix en, Savoie, , de Bagnols, de Saint-Sauyçur, etc. ^thegnaJes). ,

^ 4° Eaux satinés.. JLUts se distinguent paF kiir saveur salée,, qu'elfes doivent à la présence dasulfet* diesoude ou.de magnésie, ou des chlorées de calcium, de^-magoésfum » de so> dium. Celles d'Epson), de Sedlit^^jd'Egra, de Seidchutz, de Pynnont, l'eau de me* ( froides ), d'Aix* de Balaruc, de

Bourbonnc-Ies-Bains, de Plombières, de Bourbon-Lancy, de Dax (thermales).

5° Enfin, les eaux içdurées et bromurées qui contiennent l'iode ou le brome a 1 état d'iodure ou de bromure alcalins. Celles de Castelnovo-d'Asti, en Piémont; d'Àix, en Savoie; de Saint-Genis, de Voghera, de Sales, de Bourbonne, etc.

Cette classification des eaux minérales, quoique imparfaite, puisqu'elle ne rappelle que d'une manière incomplète leur composition, peut cependant suffire aux besoins médicaux; leurs principaux effets paraissant dépendre des substances qui ont serv i à établir ces divisions .

Eaux minérales artificielles.

L'analyse ayant fait connaître la composition des eaux minérales naturelles, l.'art a cherché à les imiter, a fabriquer des eaux artificielles qui réunissant autant que possible leurs principales prppriétés.

Quoique nos procédés analytiques soient assez perfectionnés pour nous faire connaître , non-seulement -les corps qui composent une eau naturelle, mais encore leurs proportions; nous ne pensons pas que , dans tous les cas , il soit possible de connaître l'état particulier de combinaison de ces corps. Cela tient à la nature même des procédés opératoires , qui peuvent changer , modifier , altérer la nature ou la composition des divers produits qui sont tenus en dissolution dans l'eau ; aussi n'est-on sur d'avoir atteint l'imitation complète, que par la confirmation des effets médicaux. Il n'en est pas ainsi , lorsque les propriétés d'une eau minérale naturelle paraissent résider dans un principe bien connu : Y acide carbonjaue pour les eaux gazeuses; le sulfate de magnésie , de sotme pour quelques eaux salines ; alors l'art imite non-seulement la nature, mais la surpasse en quelque sorte , en augmentant, diminuant, ou variant h volonté les proportions de ces corps.

Pour la fabrication les eaux minérales artificielles , il est

quelques procédés particuliers, que nous ferons connaître en traitant de chaque classe : nous nous, contenterons , dans cet artfcle , d'indiquer les procédés pour charger l'eau d'acide carbonique et de matières salines.

Il est divers appareils pour la fabrication des eaux acidulés gazeuses , ou plutôt pour charger Teau d'acide carbonique. L'appareil de M. Planche étant le plus simple, et pouvant suffire dans les opérations en petit , nous allons le décrire. Il se compose d'un vase cylindre en cuivre, étamé à l'intérieur ( vase de compression ) , muni d'un robinet à sa partie inférieure , ainsi que d'un diaphragme percé de trous à la manière d un crible, et situé a l'intérieur du vase qu'il divise en deux parties, et un peu au-dessus du robinet. Un tuyau, également en cuivre étamé , placé au centre du vase , s'adapte , par sa partie inférieure , a une ouverture assex grande que présente le diaphragme a sa paçtie moyenne. L'extrémité supérieure de ce tuyau , après avoir traversé la voûte du vase, est munie d'un robinet, qui communique avec un corps de pompe offrant un tube latéral , pourvu d'une soupape qui s'ouvre de dehors en dedans. Enfin , à un pouce a peu près tfe distance du tube central , et sur la voûte du vase , est adapté un ajutage a robinet. Le vase est rempli d'eau par l'ouverture de l'ajutage, a laquelle on adapte en* suite une vessie pleine de gaz acide carbonique parfaite» ment lavé. On soutire un litre d'eau par le robinet inférieur, La communication entre la vessie et l'intérieur du vase étant établie , l'acide carbonique vient occuper le vide qui s'est formé. Après avoir fermé le robinet de l'ajutage , la vessie est adaptée au tube latéral du corps de pompe. En élevant le piston. Après avoir fermé le robinet du tube cenrral, l'acide carbonique de la vessie pénètre > par l'ouverture de la soupapé, dans le corps de la pompe; le robinet du tube central étant ouvert et le piston abaissé, ce gaz se

rend a la partie inférieure du vase ; la il se divise en petites bulles , pour passer par les ouvertures du diaphragme et

se rendre , en raison de sa légèreté, à la partie supérieure du vase, en traversant la niasse d'eau. Cette division en rend la solution plus facile. La vessie épuisé, une autre est adaptée au tube latéral du corps de pompe. On procède de la même mauière, et ainsi successivement, jusqu'à, ce que l'eau soit assez chargée de gaz acide carbonique.

Il est bon de suspendre de temps en temps le jeu du piston, et de profiter de ces intervalles, pour brosser l'eau , afin de favoriser la solution du gaz.

A la pharmacie centrale , ainsi que dans d'autres établissements, on se sert , pour la préparation des eaux acidulés en grand, d'appareils plus compliqués , dans le détail desquels le but et l'étendue de ce traité ne nous, permettent pas d'entrer. Nous dirons seulement que ces appareils se composent : 1° de vases destinés a la production du gaz acide carbonique, et au lavage de ce gaz, qui se pratique en le faisant passer, avec quelque difficulté, a travers des masses d'eau ; 2° d'un gazomètre ou réservoir destiné à recevoir le gaz, après son lavage ; d'une pompe aspirante et foulante qui prend le gaz du réservoir, l'introduit; 4° dans un vase à parois épaisses , contenant l'eau destinée a être chargée de gaz acide carbonique ( vase de compression ).

Quel que soit l'appareil employé, l'eau acidulé gazeuse, après sa préparation, est soutirée dans des bouteilles par le Tobinet inférieur. 11 est des précautions a prendre, afin d'empêcher la déperdi lion du gaz, et la fracture des bouteilles , qui doivent être fermées avec des bouchons fixés par des fils et goudronnés, ou maintenus par une calotte de plomb.

Les sets solubles sont dissous préalablement dans S. Q. d'eau. Ce soluté est mis dans les bouteilles, avant de les remplir d'eau acidulé. Si les sels sont insolubles ( carbonate de chaux, de magnésie, de fer ), il faut les délayer (récem-

ment obtenus par double décomposition ) dans une petite quantité d'eau , et les introduire dans les bouteilles destinées a recevoir l'eau acidulé ; ou bien , mieux encore , dans le vase a compression , avant la préparation de l'eau gazeuse; en ce cas , la solution n'en est que plus complète. On pourrait aussi introduire dans les bouteilles, des solutés, des sels, qui, par leur décomposition, produiraient ces sels insolubles. Enfin on n'est parvenu a imiter que d'une manière incomplète la matière végéto-animale des eaux naturelles. Les sulfures alcalins, et en particulier, celui de sodium, servent à préparer les eaux sulfureuses.

Usages , administration. Les eaux minérales, par leur diversité de composition et de température, doivent jouir de propriétés très-différentes et très-variées. Cependant , l'observation a démontré que leurs propriétés pouvaient être rapportées a quelques effets principaux , et ordinairement en rapport avec la prédominance ou la présence de l'un des produits qu'elles renferment. Ainsi les eaux ferrugineuses jouissent de propriétés toniques. Les eaux acidulés gazeuses sont excitantes , diurétiques. Les eaux sulfureuses modifient spéeialement les systèmes muqueux , lymphatique et cutané. Les eaux salines sont purgatives. Les eaux iodurées agissent sur le corps thyroïde et le système lymphatique ; c'est ce qui nous a déterminé a ne faire l'historique des eaux minérales naturelles et artificielles , qu'en parlant des médications auxquelles elles paraissent appartenir , d après leurs effets immédiats.

Les eaux naturelles, prises loin de la source, offrent- elles la même composition , produisent-elles les mêmes effets que sur le lieu même? D'abord, on perd l'avantage de la température pour les eaux thermales; pendant le trajet ou la conservation des eaux minérales, les divers produits qu'elles contiennent peuvent réagir entre eux , former de nouvelles combinaisons ; c'est ainsi que les sulfates sont transformés

en sulfures , par la matière végéto-animale ; aussi , les eaux qui réunissent «ces deux corps contractent a la longue l'odeur d'oeufs pourris ; a ces inconvénients ajoutons les avantages du climat , l'exposition du lieu , le voyage , la distraction , etc. Toutes ces circonstances réunies doivent faire accorder la préférence aux eaux minérales prises a la source même, a moins que le malade ne soit dans l'impossibilité de s'y rendre, ou qu'il habite un climat plus favorable à seconder leurs effets ( quelques eaux ferrugineuses qui sourdent des endroits bas et humides ).

Les eaux minérales artificielles peuvent-elles remplacer les eaux naturelles ? autrement dit , y a-t-il parité dans leurs effets? Nul doute qu'il ne faille donner la préférence aux eaux naturelles , puisque , dans beaucoup de cas , il est impossible d'arriver à une imitation complète. Il n'en est pas ainsi lorque leurs propriétés paraissent résider dans un produit bien connu , qu'on peut introduire à volonté; en ce cas, les eaux artificielles présentent tous les avantages des eaux naturelles, sans offrir les inconvénients dus aux . autres substances qu'elles pourraient contenir. Disons toutefois que quelques eaux minérales artificielles forment des médicaments nouveaux très-importants et consacrés par l'usage.

Les eaux minérales s'administrent a Y intérieur par verres d'abord , et ensuite par pintes , seules ou coupées avec un autre véhicule ( l'eau ordinaire , le lait , le vin , un infusé, etc). A Y extérieur 9 elles sè donnent en bains, douches, injections, lotions, etc. L'époque des* eaux minérales naturelles est depuis le mois de mai jusqu'au mois d'octobre ; en parlant de chacune d'elles , nous indiquerons l'époque d'une manière plus précise.

Page 1