DES EXTRAITS ET DES R0B
Les extraits, sont des médicaments de consistance molle, sans cependant adhérer aux doigts , ou de consistance sèche, bruns ou noirs, obtenus par Févaporation de véhicules tenant en solution des principes médicamenteux,
Les robs proviennent de Févaporation des sucs des fruits ; leur consistance est analogue a celle du miel , ou plutôt à celle de la mélasse.
Obtenir en solution, dans un liquide , les principes actifs* des corps qui doivent composer les extraits* séparer par Févaporation le dissolvant de ces produits , telles sont les deux manipulations que nécessitent ces préparations pharmaceutiques.
Les procédés usités pour obtenir les principes* actifs des corps sont les divers modes d'extraction. V expression pour les végétaux frais et succulents. La macération, l'infusion, la digestion y la décoction, la m lixiviation ou la méthode de déplacement pour* les plantes fraîches peu succulentes ou pour les plantes desséchées. Ces opérations se pratiquent d'après les mêmes règles que celles indiquées aux sucs d'herbes , vins, teintures médicinales, etc. La nature des véhicules doit être en rapport avec celle des produits qu'on désire obtenir ; les plus usités sont l'eau et Falcool , rarement le vin, le vinaigre et l'éther. On peut faire agir alternativement Veau et Falcool, Feau et l'éther, ou ces trois liquides ensemble sur les corps médicamenteux.
Il est plusieurs procédés pour séparer les produits extractiibrmes des véhicules qui les tienent en dissolution. Autrefois on préparait les extraits en faisant évaporer ces liquides dans une bassine, a feu nu, à la température de l'ébullition, et au contact de l'air. L'expérience de tous les jours démontre que les solutés des produits organiques s'altèrent par l'action prolongée de Fair et de la chaleur , et que cet effet est d'autant plus marqué 4 que la température est plus élevée. L'extractif se transforme en un composé insoluble. Le soluté de quinquina laisse déposer du tannin combiné a. l'amidon , le rouge cincbonique et une portion des alcalis; le gaïac, la valériane , une partie de leur résine ; en outré les éléments organiques se combinent avec l'oxigène de l'air, il se forme de l'eau, de l'acide carbonique, une portion de carbone est mise à nu, ce qui explique la coloration des extraits. Pour remédier autant que possible a ces inconvénients , plusieurs procédés d'évaporation ont été proposés : 1° l'évaporation au bain-marie , 2* a la vapeur , 3° à l'étuve , 4° dans le vide.
i ° Évaporation au bain-marie. Ce procédé est le plus simple et le plus généralement suivi. L'appareil se compose de deux bassines superposées dont les bords aplatis s'appliquent parfaitement on peut d'ailleurs les maintenir réunis à l'aide d'un collet. La bassine inférieure , qui contient de l'eau , est munie d'une douille pour renouveler ce liquide, et d'une petite ouverture pour donner issue a la vapeur. On chauffe l'eau jusqu'à ébullition. Le liquide à évaporer, placé dans là t bassine supérieure , est remué continuellement jusqu'à ce qu'il soit réduit à moitié de son volume. Retirez alors le vase du feu , laissez reposer , et passez a travers une chausse , afin de séparer les matières devenues insolubles par l'action combinée de l'air et du calorique , ou par la soustraction d'une portion du dissolvant. Procédez ensuite a l'évaporation , en ne cessant de remuer jusqu'à consistance telle, que l'extrait relevé avec la spatule, et frappé avec le dos de la main, n'a-
dhère point a cet organe : il ne doit pas non plus imbiber le papier joseph ou sans colle. De petites quantités de liquide pourraient être évaporées dans des capsules en porcelaine.
2° Évaporation à la vapeur. Deux appareils ont été proposes : i° celui de Henry, qui se compose de plusieurs bassines à double fond, communiquant entre elles a l'aide de tuyaux ; la première reçoit la vapeur d'une chaudière contenant de l'eau en ébullition ; la dernière est munie d'un tube plongeant dans l'eau, pour donner issue à la vapeur et gêner en même temps son dégagement. La bassine inférieure porte à son fond un robinet , p^ur faire écouler la vapeur condensée. Le liquide extractiforme étant placé dans la bassine supérieure , procédez a l'évaporation comme au bainmarie. 2° L'appareil de M. Bernard Derosne se compose d'une caisse métallique allongée , dont le plateau supérieur en cuivre étamé et a rebord , est divisé en plusieurs compartiments incomplets , par des lames transversales de même métal , qui se fixent alternativement et feulement a l'un des rebords. L'intérieur de la caisse reçoit la vapeur d'une chaudière à l'aide d'un tuyau. L'appareil est couvert de bois à son fond et. sur ses côtés, afin d'empêcher la déperdition de la chaleur. Le liquide a évaporer placé dans un réservoir au-dessus de l'appareil , et versé dans le premier compartiment par un robinet , tend a gagner l'extrémité opposée , en raison de l'inclinaison de la caisse ; mais obligé de suivre la route tortueuse que lui présentent les lames métalliques, il parcourt ainsi et lentement une grande surface évaporante. Lorsqu'il est réduit en consistance de sirop épais, on achève l'évaporation au bain-marie. Plusieurs caisses, communiquant entre elles à l'aide de tuyaux, pourraient être disposées a la suite les unes des autres. Par ce procédé, les produits organiques ne subissent que peu d'altération, aussi mérite-t-il la préférence.
3° Evaporation dans le vide et à Cétuvc. L'évaporation dans le vide, soit sous la cloche pneumatique, soit dans
l'appareil de M. Barry, ne s'applique point a la préparation des extraits. Comme Yévaporation à l'étuve est principalement usitée pour les extraits des sucs des végétaux , nous ferons connaître ce procédé en parlant de leur préparation.
Classification des extraits. Plusieurs classifications des extraits, fondées sur leur composition, ont été proposées»* aucune n'a rempli son but ; pareille classification est impossible. La composition des extraits est trop variable; nonseulement elle est en rapport avec la nature des corps qui les ont fournis, mais Encore avec celle des véhicules employés , le degré de concentration de ces véhicules , et le procédé opératoire mis en usage. Ainsi les extraits aqueux peuvent se composer de produits gommeux, sucrés, mucososucrés , extractifs , extraclo-résineux 7 de tannin , de matières colorantes, des sels, etc. La composition des extraits alcooliques variera selon le degré de concentration de ce véhicule. La division le plus généralement adoptée, est celle qui est fondée sur la nature des substances qui ont servi a les préparer, et surtout celle des véhicules employés. Ainsi les extraits sont divisés en ceux qui sont retirés, 4° des végétaux, 2° des substances animales; et sousdivisés ensuite, d'après la nature du véhicule, en
Extraits aqueux obtenus par l'eau;
Extraits alcooliques obtenus par l'alcool;
Extraits éthérés obtenus par l'éther;
Extraits hydro- alcooliques obtenus par l'eau et l'alcool;
Extraits hydro-éthérés obtenus par l'eau et l'éther;
Extr. hydro-alcool, éthér. obtenus par l'eau , l'alcool et
l'éther.
Enfin les extraits peuvent être obtenus par le vin (extraits vineux), ou par le vinaigre (extraits acéteux); mais
ces deux sortes d'extraits sont peu usités. Comme il n'y a que deux extraits retirés des animaux qui soient usités, les généralités que nous allons présenter s'appliqueront aux extraits végétaux.