C. — OBJECTION
A) Exposé : les Sroïcrens et Kanr proscrivent le sentiment. Pour les Stoiciens vivre conformément à la nature c’est vivre coniormément à la raison : la nature et la raison sont identiques, parce que . les lois naturelles sont les manifestations de la raison universelle qui anime le monde. Nous ne devons nous occuper que de ce qui dépend de nous (rù éo'fuiv, comme dit Épictète), c'est-à-dire que nous devons tâcher de réaliser en nous l’ordre et l'unité comme dans l'univers. Le . sage doit donc mépriser tout ce qui ne dépend pas de lui et peut le trou- . bler : le plaisir, le sentiment, la passion ; il doit se rendre indifférent à … toutes les affections même les plus naturelles.
__ Kant a encore exagéré ce caractère rationnel de la morale stoïcienne. . La bonne volonté, l’obéissance par respect pour la loi, l'intention ont seules une valeur morale. Non seulement les mouvements de la sensi-
à la moralité, mais ils la gâtent, car plus le devoir a été fait avec peine, plus grande est la valeur morale de l'acte ; plus il a exigé le sacrifice * de nos inclinations, plus son mérite est considérable. Il faut donc nous
dégager des bons sentiments, parce qu’en rendant la vertu moins pénible,
ils constituent un désavantage moral. Même, au besoin, on développera
(2) J. ANGor nes RorTours, La morale du cœur.
He ut, ROLE DU SENTIMENT EN MORALE 87 :
on l’aime ou quand on aime les personnes envers lesquelles il oblige (..
. bilité, qui nous facilitent l’accomplissement du devoir, n’ajoutent rien