‹ Traité de philosophie 1923Chapitre 115 sur 761 · DIX · texte numérisé non relu

DIX

|” (4) Ep. ZeLLer, Die Philosophie der Griechen, IIIe volume, If° P.— F, RAVAISSON, Essai Sur le Stoicisme. — F. OGEREAU, Essai sur le système philosophique des Sloïciens, "Ch'vir, VII. — SCHOPENHAUER, Le monde comme volonté et comme représentation, L. I, | 16: R. THAMIN, Un problème moral dans l'antiquité. — C. MARTHA, Les moralistes sous | L'empire romain.— FonNsEGRivE, Essai sur le libre arbitre, I*° P., L.I,Ch.v.—-J.-A.CHOLLET, . La morale stoïcienne.

… (©) CICÉRON, Paradoxa.

94 | LA! MORALE STOTCIENNE : |. SIMON RSNNER CES II. — Essence de la vertu : la vertu consiste à vivre eonformément à la nature; Z%v éuoloyouuévos 17 ouce. C’est a une formule ! équivoque, car les Stoïciens donnent des sens différents au mot nature. Aussi a-t-elle donné lieu à des interprétations diverses de la part de: Zénon, de Cléanthe et de Chrysippe (1). 4 La nature d’un être dépend essentiellement de ce qui Jui est propre 54 or la caractéristique de l’homme, c'est la raison. C’est pourquoi pour. l’homme, vivre conformément à la nature, ce n’est pas suivre la sensi- | bilité, mais la raison : Zv époloyoup wc rù Àdyw. Comme la raison n existe. pas seulement en nous, mais encore chez les autres hommes et 2 tout l’univers, dont Dieu est l’âme, vivre conformément à la raison :* a) C’est da out mettre l’ordre “ la logique dans sa vie Gnshorta) à 2 c'est être d'accord avec soi-même. Le sage doit « vouloir par raison,. pour l’ordre et la beauté qui Ÿ règnent, ce que la nature poursuit par. instinct ». Le souverain bien c’est donc la force de la volonté tendue à. travers toute la vie pour faire de toutes les pensées, paroles et actions, un tout harmonieux. Summum bonum, vita sibi concors. b) C’est ensuite vivre en harmonie avec nos semblables. La raison étant identique chez tous les hommes, ils sont égaux, ils sont frères :. Homo res sacra homint. Ils doivent donc S entr aimer. AUSSI Pesclavage est-il blâmable.

c) C’est enfin vivre en harmonie avec tout l'univers. Le sage doit! se soumettre aux lois immuables de la nature, se résignér au destin. qui la gouverne ; car l’âme qui anime et régit le monde, c’est Dieu, : c'est la raison divine. Le sage ne connaît pas.les distinetiôns de famille, de cité, de patrie : 1l est citoyen de l'univers. ; IIT. — Obstacle à la vertu : c’est la passion. La passion est pour. eux un mouvement contraire à la raison et à la nature. ‘Ahoyoc xa ; mao œÜoiv duyñc xiVAG Le (2). La première condition de la vertu c’est - d’étouffer la passion pour arriver à l’impassibilité (äréderx). De là cette. maxime d’Épictète : ‘Avéyou xat aréyov. Supporte el bstiens-toi. Supporte, c’est-à-dire sois fort contre le plaisir, sois courageux contre les pas-M sions ; reste calme dans l’adversité comme dans lé bonheur. Abstiens- -tol,. c’est-à-dire ne recherche pas ce qui ne dépend pas de toi. Tout se fait. d’après les lois d’une intelligente nécessité. Laisse donc faire la Pro vidence immanente à la nature, car il est inutile et sacrilège de vouloir résister à la force des choses, comme dit Sénèque le tragique : Ducunt volentem fata, nolenien trahunt. TS #

Et ainsi tu arriveras à la véritable sagesse, à l’insensibilité.

1) STOBÉE, Eclogæ physicæ et ethicæ, L. II, C. vit. L

( (PS DIOGÈNE LAËRCE, Vies des philosophes, L: VII, 110. —Cf. CICÉRON, Quæst. tuscul.s SAUT

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