SD. CRITIQUE
Cétte morale a des côtés élevés et elle a exercé dans lPantiquité une ! bienfaisante influence : le Stoïcisme a été, surtout à l’époque des empe- | reurs romains, une école de courage et de caractère. Les Stoïciens combattirent l'omnipotence de l’État, préconisée par Platon et par | Aristote, en revendiquant les droits de l'individu. [ls entrevirent, Piniln quité de l’esclavage et montrèrent que les hommes, ayant même raison, devaient être traités également. Mais après les qualités, voici les défauts : | L— La vertu ne peut être le souverain bien, parce que, à toute n tendance, à la volonté, par conséquent, il faut une fin distincte d’ellemême. La Volonté n’est bonne et vertueuse qu’autant qu’elle se conforme … au bien en soi, au bien absolu. La vertu, qui est le bien moral, n’est que
| la conséquence de la conformité de l’activité volontaire au bien en Soir
-elle ne saurait donc être la fin de cette activité. i II. — Le Stoicisme nie la liberté, puisqu'il la réduit à comprendre. let à accepter la nécessité inévitable des événements réglés par Dieu . qui est l’âme du monde : Parere Deo libertas est no us Or une morale sans liberté n’est pas une morale.
III. — Cette morale aboutit à des conséquences paradoxales que rejette le sens commun, car : a) Le plaisir, la douleur ne sont pas chose indifférente. — b) Il y a des degrés dans le vice et dans la vertu. — c) La vertu n’est pas à elle-même sa récompense, puisque le sage n ’est pas écessairement heureux ici-bas ; limmortalité de l’âme est donc une netion nécessaire de la morale.
— IV. — Cette doctrine est mhumaine et impraticable, car elle demande d'étouffer la sensibilité et les passions au lieu de les diriger et de les aire servir au bien rationnel comme force impulsive.
V. — La maxime d’Épictète est :
a) Incomplète : elle ne comprend pas les devoirs de justice et de harité envers les autres. C’est un idéal de morale personnelle, et, même à ce point de vue, elle pèche par défaut, car elle est muette sur les devoirs LUE de perfectionnement moral.
- D) Dangereuse : le précepte abstine mène au fatalisme, à l’inertie, | à l’abdication de la volonté.
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SA PE XPOSÉ | té
On peut ramener à quatre points principaux ce qu’il y a d’essentiel : dans la morale de Kant : 19 Existence d’une loi morale pour l’homme ! et ses conséquences. 20 Nature du devoir. 3° Condition de la moralité. «
40 Formules de la loi morale. rt I. — Existence d’une loi morale et ses conséquences : Kant. fait reposer la morale sur un «fait de raison », une donnée primitive :: l'existence du devoir. Nous avons conscience du devoir, c’est-à-dire. d’une loi qui commande ce qui doit être, sans égard à ce qui a été, est | ou sera. Aucun fait ne pourrait prévaloir contre cette idée qui nous commande. Son commandement est catégorique. Seule l’idée du devoir. a une valeur objective absolue. Or l’idée du devoir implique trois autres. vérités qui en sont les conditions : la Ziberié, l’immortalité de l'âme," l'existence d'un Dieu rémunérateur (Cf. Métaphysique, Introduction, 6, $S B, C). A |
Il. — Nature du devoir : en quoi consiste le devoir ? Pour le. savoir on peut procéder de deux manières. Ou bien on déterminera le devoir d’après la nature d’un bien antérieurement conçu, qui lui servira! de fondement. Ce bien en soi, ce bien absolu est la fin dernière de l’homme | et le principe de la morale. Alors la valeur morale des actions dépend de leur conformité à ce bien souverain ; elle dépend donc de leur objet, de leur matière. C’est la voie suivie par les moralistes qui ont précédé: Kant. Ou bien on partira de la forme, c’est-à-dire du commandement, considéré en lui-même, indépendamment de tout bien en soi qui en.
serait la matière et le contenu. C’est la méthode: adoptée par Kant. D’après Kant, le devoir est un absolu qui ne suppose rien au-dessus de! lui ; lui donner le bien pour fondement, ce serait en faire un impératif relatif et hypothétique, et dire à l’homme : fais ceci si tu veux obtenir. ce bien et réaliser cet idéal. Le devoir a en lui-même sa raison suffisante a il n'y à donc pas de bien en soi antérieur au devoir. C’est pourquoi lé devoir doit se définir : « la nécessité d’obéir à la loi par respect pour la