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FONDEMENT DE L'OBLIGATION : SYSTÈMES ERRONÉS LOS

et d'éviter les autres, antécédemment à tout ordre émané de la sagesse et de la volonté de Dieu.

Il ne faut pas confondre cette opinion avec celle de Kant, car une différence radicale les sépare. Vazquez et ses tenants, à l'opposé de Kant et deses partisans, reconnaissent le souverain domaine du Créateur et labsolue dépendance des créatures. Si, à leurs yeux, la loi naturelle n’est pas une participation de la loi éternelle, si par conséquent Dieu - n’est pas l’auteur immédiat de l'obligation, ‘cependant il la veut, il - Papprouve, il la corrobore par des sanctions.

Critique : si l'obligation est constituée sans recours à la loi éter- . nelle, si la nature humaine raisonnable en est le fondement, il suit que " cette nature à par soi le pouvoir de se lier et délier. Par ce côté l’opinion de Vazquez rejoint celle de Kant et est sujette aux mêmes objec- Mtions. (42, $ B, III.)

… : De cette doctrine suivrait aussi cette conséquence inadmissible qu'on pourrait pécher gravement tout en ignorant la Majesté divine. (Cf. infra, Remarque IT).

La convenance ou la disconvenance avec la nature raisonnable est . le fondement prochain de la distinction du bien et du mal (45, $ C). Le tort de Vazquez a été d’aller plus loin et de prétendre qu’elle |: est aussi le fondement de l’obligation. C’était oublier que, pour imposer … une obligation, il faut avoir le droit de commander, et par conséquent, | qu’il faut être supérieur à ceux qui sont obligés. On ne saurait donc | s’obliger soi-même.

… V. — L'idée du bien, abstraction faite de la volonté de Dieu : | 1e est la thèse de la morale indépendante. Le bien est obligatoire parce L qu'il est le bien ; il s'impose à la volonté par le fait même qu'il est | connu et il ne tient son autorité que de lui-même. La question posée est celle-ci : le bien et le devoir sont- ils tellement liés lun à l’autre que

gatoire Ou faut-il un autre principe pour opérer cette liaison ? …. Réponse : le bien n’est pas obligatoire par lui-même, car :

| A) Ce serait confondre le motif de la loi avec la lor one. -même ; autre “chose est le bien, autre chose est le précepte de faire le bien. La preuve en est que le bien est plus étendu que le devoir ; l’héroïsme c’est le bien au degré supérieur, et cependant lhéroïsme n est pas obligatoire. La loi morale, s'adressant à la masse de l'humanité, ne peut imposer que cette mesure moyenne de bien qui est à la portée de tous : autrement, elle "serait impraticable. | HUB) La raison, étant une faculté de connaitre, peut nous imposer une nécessité de penser, 6 est-à-dire l'adhésion à l'évidence, mais non “une nécessité d'agir, c’est-à-dire une obligation. La raison nous montrant de bien est une > lumière qui éclaire notre route; ce n’est pas une force

rité (42, $ B, ITT). Reste la volonté divine. | de

110 FONDEMENT DE L'OBLIGATION : VOLONTÉ DE DIEU (46). qui nous oblige à la suivre. Le bien, la perfection qu’elle nous présente | est un idéal qui, par sa beauté et sa grandeur, peut solliciter, attirer, … émouvoir toutes les puissances de notre être ; ce n’est pas une loi qui 4 s'impose. SAS C) Une idée conçue par la raison ne peut, par elle seule, obliger, car | n’y a pas de loi sans législateur, ni d'ordre sans ‘une volonté qui l'impose. Or cette volonté ne peut être la volonté humaine, comme nous : Pavons établi contre Kant, parce que la loi morale perdrait toute auto- 4 VI.-— Décret libre de Dieu : Puffendorif ne va pas jusqu'à dire. ; avec Occam et Descartes (45,$ C, IT) que la distinction du bien et du mal 1 dépend du bon plaisir divin. Non, le bien est par nature distinct du mal; | mais le bien n’est obligatoire et le mal n’est défendu qu'en vertu d'un | À

Critique : si l'obligation du bien résulte d’un décret arbitraire de Dieu, la relation qui unit l'obligation au bien est purement contingente.

décret libre de la volonté divine. | Alors Dieu aurait pu rendre obligatoire le mensonge, le blasphème, etc. É A

$B. — VÉRITABLE FONDEMENT () ra

Volonté infiniment sage de Dieu : une volonté arbitraire séparée w

de la raison serait en Dieu la suprême imperfection. Le vrai fondement w

du devoir, c’est la volonté divine éclairée par la raison infinie. Mais, 4

en Dieu, toutes les perfections sont unies et par conséquent la volonté 4

ne fait qu’un avec sa Sagesse. L’accomplissement de cette volonté \ constitue le bien moral et son habitude constitue la vertu. C’est la magni-\ fique définition donnée par Pythagore et Platon : La vertu on al

à ressembler à Dieu par l’imitation : Quolwcx 0e& (?). Dans l'intelli-M

oence divine, tous les'êtres et leurs rapports sont représentés avec leur À

degré de perfection, et Dieu aime les êtres dans la mesure de la perfection |

qu’il leur a donnée et qu’il connaît. C’est pourquoi, si l'homme propor- |

tionne son amour. envers les êtres à leur perfection relative, il s'établit ”

entre la volonté humaine et la volonté divine une, conformité qui est s

l’ordre. L'homme aime ce que Dieu aime et il l'aime dans la mesure

où Dieu l'aime. Enfin, s’il aime Dieu par-dessus toutes choses, l'homme *

est pleinement dans l’ordre ; il fait le bien. Le bien moral c’est donc

l’ordre dans L'amour, ordo amoris, selon la belle définition de saint Augustin

adoptée par Malebranche. + >‘

Dieu connaît son essence infinie et voit les essences de tous les pos-”

LLs

(2) Nous supposons démontrée l'existence de Dieu et de,ses attributs. L'obligation, considérée comme fait psychologique, fournit l’une des preuves de l'existence de Dieu” (Théodicée, Ch. mr, Art. I, Sect. I, 74). #

(2) PLATON, Théétèle, Dinor, T. I, p. 135, ligne 33.

6 FONDEMENT DE L'OBLIGATION : VOLONTÉ DE DIEU {T1 'sibles, C* *est-à -dire les diverses façons dont la perfection de son être est ; imitable. Il voit en même temps les relations invariables qui découlent : des différentes essences de ces êtres. L’ensemble de ces relations nécessaires constitue l’ordre essentiel des choses, la hiérarchie des fins qui relient les êtres entre eux et à l’absolu. Cet ordre essentiel connu par Dieu est bon, puisqu'il repose sur son essence même. Étant bon, Dieu

infiniment saint doit l’aimer. Quand Dieu crée, quand il fait passer :

. une partie des possibles à l'existence, Dieu veut nécessairement que l’ordre essentiel, conçu et aimé par Lui, soit respecté par toute créature. IL fait prévaloir cette volonté par la contrainte physique dans les créatures dénuées de liberté ; il l'impose comme une obligation, comme une nécessité morale, à l'être raisonnable et libre, à l’homme. C’est ainsi que la volonté Mine. commandant de respecter et défendant de troubler l’ordre essentiel des choses que lui montre la raison divine, est le principe de la loi morale, le fondement du devoir. Ratio divina vel voluntas Dei ordinem ndturalem conservari jubens, perturbari vetans (?). La raison éternelle conçoit l’ordre essentiel comme devant être observé, le vouloir divin en impose l’observation à tout être créé (18).

Par là même s "expliquent tous les caractères du bien : il est absolu, immuable, souverain, beau, puisqu'il est la perfection infinie. Il est enfin obligatoire, parce que cette perfection infinie est une volonté toute sage | et toute puissante qui ordonne à notre volonté de la prendre comme | idéal et de la reproduire dans ses actes. On comprend dès lors cette prescription sublime de l'Évangile : « Soyez parfaits comme votre … Père céleste est parfait (?).» Et c’est re qu’en dernière analyse l’amour du bien, l'amour de l’ordre, l’amour du devoir ne sont que les noms

‘abstraits de l’amour de Dieu et de sa volonté sainte. Aussi pour le phi-

losophe spiritualiste le motif du devoir n’a pas la froideur d’une abstraction philosophique, puisqu'il se confond avec l’amour de la volonté du | Dieu vivant et personnel, de notre Père qui est aux cieux : Fiat voluntas um |

Conclusion : le bien en soi, c’est ce qui perfectionne la nature

| humaine, c’est ce qui est conforme à la nature raisonnable. L'obligation | à pour fondement la volonté infiniment sage de Dieu. On voit donc que le devoir repose tout ensemble et sur la nature de l’homme et sur la

- volonté de Dieu. La nature raisonnable en fournit la matière qui est . le bien, et la volonté divine en fournit la forme en rendant le bien obli-

|gatoire. |

- Mais il est un autre bien, qui est la conséquence de l’accomplissement di devoir : c’est le bien moral. On peut le définir : l'observation du

(1):S. AUGUSTIN, Contra Faustum, L. XXII, Ci XEVIT î (©) S. MATTHIEU, v, 48. al $

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