‹ Traité de philosophie 1923Chapitre 143 sur 761 · LES SANCTIONS MORALES : BUT · texte numérisé non relu

LES SANCTIONS MORALES : BUT

plus parfaite est son action et plus grande sera sa récompense. La mesure * du désintéressement sera la mesure même de la récompense. Cette morale

«L’homme n’est ni ange ni bête ; et le malheur veut que qui veut faire « ange fait la bête (1). » A la orandeur de l’homme répondent les exigences : austères du devoir accompli par amour du devoir : les âmes d’élite sont celles qui s'élèvent souvent à cette hauteur morale. Mais il est impos-

dent les promesses et les menaces, qui l’aident à rester dans le devoir parce qu'elles font équilibre aux entrainements de la sensibihté, À ce # point de vue, la sanction est une excitation à faire le bien et à éviter le \ mal. Ë À B) De compensation, de réparation et d’expiation : l’ordre “ veut que le bonheur soit le prix de la vertu et que le malheur soit le # salaire du vice. Or c’est la sanction qui établit cette harmonie : ‘4

I. — La vertu entraînant le sacrifice au Bien suprême des plaisirs . immédiats qui en arrêtent la poursuite, il est juste que ce sacrifice soit M compensé par une jouissance, qui dédommage l’homme vertueux de sa # peine : c’est une créance sur la justice divine. Celui qui fait le bien res- 4 pecte l’ordre ; ce serait un désordre qu'il ne fût pas récompensé par une sanction compensatrice. "4

IT. — Celui qui fait le mal trouble l’ordre, car il recherche un bien 4 interdit, une jouissance illicite. Il faut done, pour que l’ordre soit rétabli, M que le coupable soit empêché d’obtenir le bien qu’il lui est défendu de 4 rechercher, ou que, $ il a réussi à l’atteindre, il soit privé de ce bien illé- 4 gitimement acquis. Cette contrariété. apportée à ses désirs ou cette . privation d’un bien défendu, c’est une souffrance : or cette souffrance est la conséquence légitime de la faute, parce qu ’elle répare l’ordre #4 troublé. « La peine est dans Poe dit Bossuet, parce qu’elle ramène à l’ordre celui qui s’en est écarté. 4.

IIT. — Lorsque le coupable se mes de son péché et accepte librement la peine, la peine devient une expiation. L’ordre n’est pas seulement rétabli au dehors, il l’est dans l’âme du coupable, qui se réhabilite en M expiant sa faute. Aussi Platon a-t-il dit avec profondeur : « L’injustice « n'est que le second mal pour la grandeur ; mais l'injustice impunie \ est le premier et le plus grand des maux. » Ac Grepov &o° ésri Tv ax BV

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(2) PascaAL, Pensées, Art. VII, 13.

(?) PLATON, Gorgias, Dinor, T. I, p. 350, lignes 44-46.

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