‹ Traité de philosophie 1923Chapitre 177 sur 761 · B. — FONDEMENT DES DEVOIRS PERSONNELS. M · texte numérisé non relu

B. — FONDEMENT DES DEVOIRS PERSONNELS. M

On a diversement répondu à cette seconde question : 1.0 A) KanrT considère le prineipe de la dignité personnelle : « Agiss de telle sorte que tu traites toujours l'humanité, en toi et dans les autres, « non conme un moyen, mais comme üne fin,» comme l'unique fondement. de la morale individuelle et même de toute la morale. ; ‘ D’autres lui assignent un double fondement : | | 4

1o La dignité de la personne humaine, que nous devons respecte PT

en nous-mêmes et dans les autres. De là se déduisent les devoirs négatifs" envers soi-même, qui correspondent aux devoirs de justice envers less autres ; vg. ne te tue pas ; ne tue pas. | .

20 La perfectibilité de la nature humaine, que nous devons développer

en nous-mêmes et pour le bien social : de là les devoirs positifs envers. soi-même, qui correspondent aux devoirs de charité envers autrui M vg. soigne ta santé : sois charitable. | Avec KanrT on peut ramener le second principe au premier, en sous tenant que la perfectibilité de la nature humaine n’est qu’un aspect de sa dignité. Par cela même que l’homme possède la raison, il s'élève au-dessus des autres êtres de la création. La personne humaine possède une dignité supérieure à tout, puisqu'il est impossible de trouver uns bien qui lui soit préférable et auquel il faille la subordonner. Qui accepss terait toutes les richesses et tous les plaisirs imaginables à la condition. de perdre la raison ? L'homme ne peut donc rien mettre au-dessus de sa personnalité ; mais il doit lui sacrifier tout le reste. S'il veut rester. dans l’ordre, il lui est interdit de la considérer comme un simple moyen# il faut qu’il la prenne sans cesse pour but et la traite toujours comme une fin. La maxime de KanT : « Agis, etc. » revient à dire à l’homme“ « Être raisonnable, sois toujours raisonnable. » Celui qui met le bien sensible au-dessus du bien rationnel et sacrifie sa personnalité à quelque satisfaction matérielle, abdique sa dignité d'homme, déchoït au rang des êtres inférieurs et se fait simple chose. Le bien n’est donc pas distinct de nous : c’est ce qui est conforme à notre nature raisonnable, c'est le développement de la personnalité ; ou plutôt c’est la personnalité mêmi : Ne rien faire qui compromette en nous la dignité de la personne, nou __ efforcer d’autre part de l’accroître en devenant chaque jour plus raison: nables ; voilà le principe de tous nos devoirs personnels. NT

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