DEVOIRS RELATIFS AU CORPS
marquer le terme; c’est D ru le poste conte: Le suicide est donc une désertion morale, car « l’homme fuit ainsi, sans la permission divine, le poste qui nous a été assigné dans ce monde » (?). … II. — Contre la société : c’est la priver du concours qu’elle a droit d'attendre de chacun de ses membres, en retour des services qu'elle leur rend. C’est ensuite donner un pernicieux exemple. … III. — Contre soi-même : c’est la violation du respect qu'on se doit, car attenter à ses jours c’est disposer de soi comme d’un moyen pour : une fin arbitraire.
= B) Essais de justification : on a fait valoir en faveur du suicide les aisons suivantes :
[. — C’est un acte de courage. — Réponse : il faut une certaine exaltation, une certaine énergie pour se suicider ; mais, au fond, c’est une lâcheté, sous une apparence de courage, car on $ arrache la vie parce | à on n’a pas la force de supporter l'épreuve :
| Rebus in adversis facile est contemnere o1tam ; Fortius ille facit qui miser esse potest (MARTIAL). II. — Quand on est déshonoré, le suicide est un droit et même un devoir. = Réponse : ou ce déshonneur est immérüé, et alors il est immoral de sacrifier sa vie à un préjugé injuste ; ou il est mérité, et alors le devoir commande, au lieu de fuir lexpiation, de l’affronter courageusement pour réparer la faute commise.
En III. — La vie du malheureux qui se tue ne peut qu'être nuisible à ses
ilne s'ensuit pas qu'il ait le droit d’attenter à ses jours, mais qu'il a obligation de se corriger ét de compenser par on d'une vie honnête et utile le mal fait à la société.
IV. — Celui qui se suicide ne fait tort qu à lui-même ; or on n'est obligé à rien envers soi. — Réponse : 1° cette excuse n’est pas recevable, car nous avons vu qu’ on fait tort à la société en ne remplissant pas ses devoirs personnels ; — 20 l’ ‘homme a des devoirs envers soi-même (61,A). Remarques : 1° Sacrifice volontaire de sa vie : il ne faut pas le confondre avec le suicide, car il peut être obligatoire ou être inspiré
par un motif héroïque de charité. Par position on peut être tenu à ce.
sacrifice, comme le soldat, le médecin, le prêtre, dans certaines cir-
constances. Tous doivent préférer la perte de la vie à la perte de la vertu.
Ce serait, dit Juvénal, un crime de sacrifier à l'amour de cette vie péris-
sable les seules raisons de vivre |
Summum crede nefas animam præferre pudorti Et propter vitam vivendi perdere causas (?).
Sie FE \ … () KanT, Principes métaphysiques de la morale, p. 214 de la traduction TissoT.
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20 La pénitence et les macérations ascétiques : elles sont bläme par certains philosophes. Cest à tort, car la mortification de la sèn bilité est nécessaire pour pratiquer la vertu. C’est, en eflet, le moy d’assurer l’empire de la raison et de la volonté sur les facultés inférie toujours prêtes à se mutiner. La pénitence ne se borne pas, comm
tempérance, à retrancher au corps le superflu ; elle le prive de certa
satisfactions permises. Ces privations affaiblissent les exigences dé données des sens et fortifient la puissance des facultés supérieu Comme elles ont pour but d’expier les fautes passées et de mater!
révoltes de la chair contre lesprit, il en résulte que-cette loi de la p tence, qui s'impose à tous, doit être appliquée dans une mesure. varie avec les besoins particuliers et aussi avec les forces physique morales de chaque personne. L’usage en sera réglé de manière à nef compromettre la santé. À première vue, les macérations des sain paraissent excessives. Il faut se rappeler ‘que, les saints étant cond par des voies extraordinaires, elles sont inspirées par Dieu. C’est adm rable, mais ce n’est pas imitable (1). |