‹ Traité de philosophie 1923Chapitre 188 sur 761 · LA CHARITÉ · texte numérisé non relu

LA CHARITÉ

justice sans équité qu'on dit : Summum jus, summa injurid. «Une. À justice extrême est une extrême injustice »; c’est-à-dire que le droit

. poussé à l'excès devient une injustice Go

__ Cette maxime s’applique : a) D’abord et surtout au droit positif. … Les lois sociales, formulées en termes généraux, édictent ce qui est à juste dans la moyenne des cas. Par là même ;l peut arriver que, dans un cas déterminé, la lettre de la loi soit en Opposition avec son esprit : … appliquer alors le droit rigoureusement, c’est tomber dans Pinjustice. . Il faut juger les choses, non d’après le droit strict, mais d’après l’équité, … car « la lettre tue, tandis que l'esprit vivifie ». |

D) Au droit naturel : il faut, dans la revendication de ses droits, Péviter de les porter à l'extrême, parce qu'il est facile d’en dépasser la Miimite. — De plus, la lettre de la justice, c’est de ne rien faire de contraire aux droits d'autrui ; l'esprit, c’est de traiter les autres avec le respect LA leur personnalité ; par conséquent il faut savoir parfois relâcher “quelque chose de ses droits. N ’agirait pas ainsi celui qui, laissant pourrir ses moissons, ferait condamner des malheureux qui en auraient dérobé. piques gerbes.

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[4 Mir SB LA CHARITÉ

.. L' — Sa nature : elle consiste à vouloir et à faire du bien aux autres. Elle a son origine psychologique dans la sympathie et les inclinations “Sociales qui en dérivent (Ps. 42). Elle est fondée sur l’idée de notre Communauté d’origine, de nature et de destinée. Elle consiste à traiter “les autres comme d’autres ‘« soi-même », comme des frères ; aussi la nomme-t-on bienfaisance ou fraternité. Les devoirs de charité sont presque tous positifs et ont pour formule générale : « Fais à autrui ce Que tu voudrais qu'on te fit à toi-même. » La charité chrétienne ajoute un stimulant nouveau : elle fait aimer Dieu dans les hommes en faisant ‘aimer en eux l’image divine (2). ou :

… IT. — Formes : la charité s’appelle : 4) bienveillance, quand elle se borne à vouloir du bien aux autres ; — b) bienfaisance, quand elle se traduit par des actes ; —— c) pitié, quand elle a pour cause les souf-. frances d'autrui ; — d) dévouement, quand elle se manifeste par des Sacrifices généreux et constants ; — e) héroïsme, quand elle s'élève aux plus grands sacrifices (3).

II. — Objection : Srencer et autres philosophes voudraient bannir la charité, comme étant une fausse vertu, inutile et funeste.

"NE | | … 2) Cicéron, De Oficiis, L. I, $ X.

(2) S. PAUL, 1re Epiître aux Corinthiens, Ch. xrt1, v. 1-7. 0) M: pu Camp, La charité à Paris. — HAUSSONVILLE (D'), Misères et remèdes.

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