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, inconvénients et il conclut qu’il faut traiter les esclaves de façon qu'ils Moient utiles sans devenir dangereux. Pour prévenir les troubles et les | révoltes il ne voit que deux expédients : «le premier, de n’avoir point d'esclaves d’une seule et même nation, mais, autant qu’il est possible, hqui parlent entre eux différentes langues, si l’on veut qu’ils portent aisément le poids de la servitude ; le second, de les bien traiter, non seulement pour eux-mêmes, mais encore plus pour ses intérêts » (1). ÂARISTOTE est plus ri Le: il soutient que l’esclavage est néces- # “aire et naturel. Dès le début de sa Politique, il fait cette déclaration 4 de principe : « C’est la nature qui, par des vues de conservation, a créé certains êtres pour commander et d’autres pour obéir. C’est elle | Le a voulu que l’être doué de raison et de prévoyance commandât “en maître ; de même encore que la nature a voulu que l'être, capable par ses Faetuités corporelles d'exécuter les ordres, obéit en esclave ; Le cest par là que l'intérêt du maitre et celui de lesclave se confondent (2). » | … Anisrore sent le besoin de justifier cette déclaration, car, de son nps, il y avait des protestations contre l’esclavage : « D’autres, au bGontraire, prétendent que le pouvoir du maître est contre nature : * e que la es seule fait des hommes libres et des esclaves, mais que h “nature ne met aucune différence entre eux ; et que même par suite l'esclavage est inique, puisque la violence a produit (3). » Mais les preuves qu'il apporte ne sont que de simples affirmations ou de pres sophismes.
La première est tirée des nécessités de l’économie domestique : «Comme les autres arts, chacun dans sa sphère, ont besoin pour accom- plir leur œuvre Déirenents spéciaux, la science domestique doit “avoir également les siens. Or, parmi les instruments, les uns sont inanimés, es autres vivants. L’esclave est une propriété vivante (xraué ALT us) »et c’est le premier des instruments. « Si chaque instrument pouvait, sur un ordre reçu, ou même deviné, travailler de luimême... ; si les navettes tissaient toutes seules : si lrcbel jouait tout … seul de la cithare, les entrepreneurs se passeraient d'ouvriers, et les maîtres, d'esclaves (4. ». Donc l'esclavage est nécessaire et, partant, naturel, parce que,
—(")} PLaTon, Lois, L. VI, Edit. DipoT, T. II, p. 367-368. Traduct. Cousin, T. VII, D. 358. — Cf. H. WALLON, Histoire de l'esclavage dans l’antiquité, L. I, Ch. XI, SLT MCE: D. 363 -372, Paris, 18792.
(2) ARISTOTE, Politique, L. I, Ch. 1, $ 4 (Edit. Dior, ELL-D: De — La traduction est empruntée à J. BARTHÉLEMY- SAINT- HILAIRE, Paris, 18482. | à (*) ARISTOTE, Politique, L. I, Ch. 11, $ 3, oies p. 484. | F (9) ARISTOTE, Politique, L. I, Ch. 11, $ 4-5, Ibidem, p. 484-485. VA
178 L'ESCLAVAGE : PHILOSOPHES ANCIENS Me pour le supprimer, il faudrait bouleverser les lois de la nature physique.
Pour légitimer la relation d’eselave à maître, Arisrore fait aussi appel à un argument analogique emprunté aux rapports du corps et de Pâme. « L’être vivant est composé d’une âme et d’un corps, faits. naturellement lune pour commander, l’autre pour obéir. C'est à aussi la loi générale qui doit nécessairement régner entre les homme Quand on est inférieur à ses semblables autant que le corps Pest à l'âme | la brute à l’homme (et c’est la condition de tous ceux chez qui l'ema ploi des forces corporelles est le seul et le meilleur parti à tirer de leur être), on est esclave par nature. L’utilité des animaux privés et celle des esclaves sont à peu près les mêmes : les uns comme les autre nous aident, par le secours de leurs forces corporelles, à satisfaire les besoins de l'existence. La nature même le veut, puisqu'elle faifl les corps des hommes libres différents de ceux des esclaves, donnant à ceux-ci la vigueur nécessaire dans les gros ouvrages de la société, ren, dant au contraire ceux-là incapables de courber leur droite staturé à ces rudes labeurs, et les destinant seulement aux fonctions de la vie civile, qui se partage pour eux entre les occupations de la guerre À celles de la paix (1). » ee E | 1
Traitant de l’amitié dans sa Morale à Nicomaque, ArisroTE enseigné: qu'elle ne peut exister « entre nous et les choses inanimées, ni mêmê entre nous et le cheval ou le bœuf ou l’esclave en tant qu’esclave, parcë qu'il n'y a rien de commun entre le maître et l’esclave. L’esclave, em effet, n’est qu’un instrument animé, de même que l'instrument n’est qu’un eselave inanimé (‘O yko Joùhos Eubuyoy OpYavOv, ro À 'doyavoy ébuyo® doù)0s). Il n’y a quelque amitié qu’en tant qu'il est homme (2). » # Devant les misères de l'esclavage, « les Écoles d'Épicure et de Zénon s’enfermaient l’une dans son égoisme, Pautre dans son indifs| férence : impitoyables également, la première par amour, la seconde par mépris pour le bien-être et le plaisir » (3). - e.
Les doctrines stoïciennes n’étaient pas faites pour amener la disparition de l’esclavage. Bien au contraire. Car, dans l’homme, il y à un double principe : l’âme, principe de liberté, et le COTPS, prineipe d’asservissement. Aussi la vie, qui résulte de l’union de l’âme et du COTpS, serait une véritable servitude, si chacun n’avait le pouvoir de s’en affranchir, à son gré, par le suicide. C’est pourquoi est vraiment esclave celui qui s’abandonne à l'empire du corps, aux exigences des passions mauvaises ; est vraiment libre celui qui sait les dominer, restant maitre
(*) ARISTOTE, Politique, L. I, Ch. 11, $$ 10, 13 et 14, Ibidem, p. 485-486. — Cf. WALLON:
Hisioire..…., Ibidem, $ III, p. 372-392.
(*) ARISTOTE, Ethique à Nicomaque, L. VIII, Ch. XI, $ 6-7. Édit. Dipor, T. II, p.100. (*) WALLON, Histoire, Ibidem, p. 392. À 10
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nt Par là même les classes sociales disparaissent : l’homme Mdevient esclave, s’il se soumet au joug des désirs corporels ; et lave devient libre si son âme repousse toute sujétion. | enseignements du pur Stoicisme sont familiers à SÉNÈQUE qui t fait l’écho fidèle. Mais il ne s’en est pas tenu là : on trouve , lui des sentences qui vont à mer la légitimité de l'esclavage. Il me, par exemple, l'identité de tous les hommes : « La nature PICTÉÉS parents, puisqu ’elle nous a formés des mêmes éléments
faits sociables… Que ce vers soit et dans le cœur et dans la
suis homme et rien d’humain ne m'est étranger (1). » écrit à Lucilius, dans une lettre où il le félicite de la manière il traite ses esclaves : « J’ai été bien aise d'apprendre, par ceux nnent de ta part, dans quelle familiarité tu vis avec tes esclaves. digne de ta sagesse et de ton instruction. Sont-ce des esclaves ? mais des hommes. Des esclaves ? Non, mais des compagnons >. Des esclaves ? Non, mais d’humbles amis. Des esclaves ? Non, s plutôt des frères de servitude, si tu considères que la fortune éme empire sur eux et sur toi (2). »
lettre est remplie des meilleurs conseils : « Vis avec ton inféme tu voudrais que ton supérieur vécût avec toi... Vis douavec ton esclave, parle, confère et mange avec lui. Fais que laves t’honorent plus qu'ils ne te craignent (°). » Fe Cette lettre, qui se rapporte à la dernière. Hértode de sa vie, irréprochable d'un bout à l’autre pour la doctrine. Mais, quand id Pensemble de ses ouvrages, on y trouve, en plus d’un lieu, de ces opinions stoïiciennes qui relevaient les esclaves en théorie