‹ Traité de philosophie 1923Chapitre 221 sur 761 · C2) LE SOCIALISME : COLLECTIVISME · texte numérisé non relu

C2) LE SOCIALISME : COLLECTIVISME

raison de leurs propriétés diverses, peuvent aussi bien figurer parmi les instruments de production que parmi les matières de consommation. Tout objet de consommation peut devenir capital, par cela seul qu’on

lui donne un emploi productif : ve. je puis consommer les fruits de mon te

jardin ou les vendre.

II. — Réfutation (1) : l'établissement d’une vaste société col-

lectiviste est impossible, comme institution stable et viable, étant

donnés les penghants impérieux de l'humanité. En effet : A) D’après le Collectivisme, les biens de production seront « socia-

lisés » (2), les biens de consommation laissés à la disposition des citoyens. — Mais comment, en pratique, établir la distinction entre ces deux sortes

de biens ?

B) L'État économique devra déterminer, après enquête, la quantité 5 et la quotité des objets à produire ; c’est le seul moyen de mettre fin. 4 à l'anarchie de la production. — Mais cette détermination est ant Hi

impossible.

C) Supposons ces difficultés surmontées, à faut organiser le travail, À

Pour cela l'Office du travail devra : + 19 Recenser exactement la main-d en effet le travail sans connaître le nombre des ouvriers valides par commune ? Si l’on impose le domicile forcé, c’est un servage ; si l’on accorde la libre circulation, l’organisation du travail est irréalisable.

20 Disiribuer les emplois : si on laisse le choix de la profession, qui se chargera des travaux répugnants ? Si l'État économique procède d’autorité à cette distribution, que deviennent la liberté et l'égalité ?

D) En admettant qu’on puisse vaincre les obstacles précédents, reste à résoudre cette question : comment l’État économique répartira-t-il le produit net du travail collectif ? Ici on se heurte à des diffi-

cs V. CarmræiN, Der Socialismus. Das Privateigenthum. — P. LEROY-BEAULIEU, Le collectivisme. — E. RICHTER, Où mène le socialisme ? — J. RAE, Il socialismo contempo-.

œuvre disponible: commentréparür

raneo. — DAWSON, German Socialism. — R. Meyer et G. ARDANT, La question agraire, Le mouvement agraire. -— S. WeBB, Socialism in En plañd, — G. Weizr, Histoire du mou Rae

vement social en France (1852-1902). — G. RENARD, Sagialisme intégral et. Marxisme. — +.

CH. ANTOINE, Cours d'Economie sociale, Ch. 1x.

(936 Où dit généralement, et même parfois dans les livrés, que « socialiser » c’est tot va remettre entre les mains de l’État et que, par conséquent, sous le régime collectiviste

l'État gérerait toutes les industries et commerces comme il fait actuellement des manu factures ou bureaux de tabac, et exploiterait les terres comme il fait actuellement des

forêts. Mais les collectivistes protestent contre cette façon de présenter leur programme :

ils déclarent que leur but n’est point d'étendre indéfiniment les fonctions de l'État, mais

de les supprimer successivement... L'État, tel qu’il existe aujourd’hui, le Gouvernement, comme on l’appelle, représentant de la classe possédante ou bourgeoise, sera remplacé par un gouvernement purement économique, semblable au conseil d'administration des Fédérations Coopératives de consommation et qui ne sera que l’organe central des travailleurs

organisés. » (CH. G1DE, Cours d'Economie politique, Part. I, L. III, Ch. x, $ III, T. IL,

…. p.181, Paris, 19205). — Cf. VANDERVELDE, Le Socialisme contre l'Etat.

socialiste.

02202 LÉ SOCIALISME : SYNDICALISME frein

cultés inextricables. On a proposé diverses formules de partage (1) : À chacun : a) part égale ; — b) selon ses besoins ;— c) selon sa capacité : — d) selon le temps de travail ; — e) selon la quantité de travail effectué :

— f) selon le soin dépensé. Ces règles sont ou injustes ou impraticables. |

E) Le Collectivisme étoufferait par la réglementation l'initiative individuelle ; les citoyens ne seraient plus que des rouages de la grande machine sociale. Ce serait la négation de l'autonomie et de la liberté (2).

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